Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Episode 5.1 - Le médaillon (et un peu de Guilain)

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Episode 5.1 - Le médaillon (et un peu de Guilain)

Message  Gueule d'Amour le Jeu 27 Oct - 18:47

Un soir que James et Guilain sont ensemble à l'auberge et profitant du fait que Liz soit occupée chez le tailleur, James demande à son ami de le suivre hors de la ville.
"Ce n'est pas loin et ça ne sera pas long."

"Bien sûr mon ami. Je ne doute pas que ce soit important : vouloir quitter cette confortable auberge à une heure si avancée...".
Guilain saisit sa cape et s'en emmitoufle, avant de franchir le seuil de l'établissement, emboîtant les pas de James.

James les conduit un peu à l'écart du village, dans une petite clairière dégagée qu'il a trouvé au préalable.
Non loin de là, un mince filet d'eau filtre à travers l'interstice de quelques rochers, créant une marre qui permet sans doute aux animaux du coin de se désaltérer.
Au centre de cette clairière, une grosse pierre avec une de ces faces relativement plate a été roulée.
Guilain remarque que James s'est muni pour l'occasion d'une solide pair de gants.
"Ici ça ira très bien... J'ai quelque chose à te montrer."
James porte la main à sa ceinture et en retire avec précaution une bourse. Puis, s'avançant vers le rocher, il semble y déposer son contenu hors de ton champ de vision.
Enfin, il s'écarte du rocher, te laissant apparaître un Symbole reconnaissable entre tous. Tu ne mets qu'un léger instant pour reconnaître le médaillon de Shar qui appartenait à Loyd.

Guilain eut un mouvement de recul en fronçant les sourcils d'un air à la fois soucieux et dégoûté.
" Mais... qu'est ce que tu fait avec ce foutu machin ? Tu... tu l'as récupéré sur Lloyd ! Tout comme tu avais pris ma pièce de Timora ! Tu ne pouvais pas le laisser brûler avec, non ? "

James semble se renfrogner...
"Tout d'abord, c'est Loyd qui avait pris ta pièce et je n'en savais rien...
Enfin bon, quand je suis allé me recueillir sur ce charnier, il n'y avait rien a récupérer... Tout avait entièrement brûlé sauf ça.
Ce médaillon a survécu aux flammes et est tombé à mes pieds. Je ne pouvais tout simplement pas le laisser à terre à la porté du premier venu."

Guilain répondit immédiatement, sans animosité : "Ben, pourquoi pas ? Et puis les autres barbares, là, ils s'en seraient sûrement débarrassé, non ? Mais bon, ce qui est fait est fait. Comment vois-tu les choses à présent ?"

"J'aimerais voir si on peut le détruire..."

" Le détruire ? C'est un coup à s'attirer des problème avec sa déesse, ça.
Et puis, c'est peut-être pas très respectueux pour sa mémoire non plus. Non ? "

"Ça me semble la meilleure chose à faire malgré tout... Nous avons trop souffert à cause de ce lien avec Shar. J'aimerais y mettre un point final. Si néanmoins tu trouves trop dangereux de tenter de le détruire, nous pouvons tenter de l'enterrer profondément. Quelques autres options avons nous ? Je ne me vois pas l'abandonner au premier venu."

" Le vendre ? Noooonnnn, je plaisante !
L'enterrer, oui, c'est pas mal. Il refera surface un jour ou l'autre, mais comment veux-tu lutter contre les dieux, de toutes façons... Ou alors le jeter dans l'eau. Ou dans un marais, comme celui qu'on a croisé, tiens ! Mais on va pas retourner là-bas pour ça. Bon on l'enterre, alors ? "

"Si tu trouves ça plus sûr... nous pourrions l'enterrer."
Tu vois que James est prêt à te concéder cette solution à contrecœur.
"Si tu peux rester ici pour le garder, je vais nous chercher une pèle... Tiens"
James donne à Guilain sa paire de gants.
"Évite de le toucher malgré tout... Je sens une sombre magie qui en émane..."
Il laisse également la bourse vide sur la pierre roulée, à côté du médaillon.

Guilain hèle son compagnon.
" Attends, pas la peine qu'on te voit traverser le village avec une pèle sur l'épaule...
On va bien se débrouiller avec des pierres pour faire un trou, ça ne manque pas par ici. C'est pas non plus comme si on avait à enterrer un corps... "
Joignant le geste à la parole, il se met à la recherche d'un ustensile faisant l'affaire, puis d'une zone s'y prêtant.

"On voit que tu n'es pas familier de ce genre d’exercice mon ami ^^. J'ai l'intention d'enterrer cette chose le plus profondément possible. Même avec une terre meuble, ça nous prendrait des heures sans les outils adaptés. Je vais emprunter une pelle à l'écurie de l'auberge. Ça ne se verra sans doute pas. Nous pouvons attendre cette nuit si tu trouves cela plus sûr."

" Soit. Dans ce cas je t'attends ici. Mais prépare une explication plausible si d'aventure tu croisais un curieux. Des gens comme nous qui creusent, ça fait jaser... "
Ce faisant, Guilain sorti son éternel cure-dent et posa son postérieur sur une pierre sèche, à distance raisonnable du médaillon

James revient donc rapidement vers Guilain avec sa pelle, à priori il n'a pas été aperçu.
"Pas de soucis de ton côté ?"
Il jette un regard mauvais au médaillon comme pour vérifier que celui ci n'avait pas bougé de lui même.

" Nan, nan. Mais j'me les gèle. Passe-moi la pèle ça me réchauffera."
Guilain avise un endroit de terre, à l'écart.
" Ici, tu penses que ça f'ra l'affaire ? "

"Ouais c'est pas mal."
James te laisse t'exécuter.
Au bout d'un moment, il brise le silence.
"Pour autant que je me souvienne, à chaque fois que j'ai du creuser la terre, c'était toujours pour enterrer un compagnon... Tu as failli être le dernier en date..."

Pelletant à grands gestes, Guilain ne tarda pas à transpirer abondamment.
" Et ouai. On est tous mortels, hein. il s'agit de ne pas l'oublier. Si la mort m'a été clémente c'est pas une raison pour la prendre à la légère. C'est même l'inverse, m'est avis. Bon, voilà, ça devrait suffire pour cette babiole. Je te laisse le jeter et reboucher ? "

"Je vais continuer encore un peu... Juste au cas où..."
James prend ta place dans la fosse et continue à creuser. Quand il s'estime satisfait de la profondeur atteinte, supérieure même à celle qu'il aurait utilisé pour un corps, il ressort non sans effort du trou.
"On y est... Je te laisse le jeter... Je m'occupe de reboucher le trou."

Enfilant un des gants apportés par James, Guilain saisit en silence le médaillon et le laisse tomber au fond du trou.
" Voilà, c'est fait. Finissons-en. "

James rebouche le trou aussi rapidement que possible. Il commence à faire froid.
Après avoir terminé, il se tourne vers Guilain.
"C'est fait. J'espère qu'on en a fini avec ça."

Guilain répondit, songeur : " J'en doute, malheureusement. Mais espérons que tu sois dans le vrai. "
Puis, il rassembla leurs affaires et conclut d'un air plus gai : " Allez, mon ami, rentrons avant que notre absence ne soulève des questions. Et j'aurai bien besoin d'une bonne bière ! "

James te suis pensif.
Un peu plus tard, installé autour d'une chope.
"Au fait ça fait un moment que je voulais te poser la question... tu as fait quoi tout ce temps où nous étions séparés ? On dirait bien que tu as continué dans la voie dans laquelle nous nous sommes quitté pendant ton absence mais tu as parlé d'une autre ville. Et ce coffre que tu avais récupéré, qu'est ce qu'il devait contenir ?"

Une ombre passa sur le visage de Guilain. Il saisit sa chope dans un soupir.
" Quand nous nous sommes quittés, c'est à peine si j'avais conscience de la vie qui devenait la mienne. Je sais bien que tu me voyais déjà comme un vrai fils de la rue, introduit dans son milieu et rompu à ses codes. Mais ce n'était pas le cas, loin de là ! Il m'en a fallu du temps pour gagner ma place : mériter en allant de l'avant, apprendre en épiant autour de moi et survivre en regardant derrière... Je t'épargnerai les emplois qui furent les miens : je ne suis pas sûr que notre amitié gagnerait à davantage de précision. Toujours est-il qu'après quelques années de ce petit jeu, j'étais plutôt reconnu dans ce qui était devenu ma famille.
Enfin, une famille ! Elle n'en a que le nom, hein ! Ne crois surtout pas que le moindre bon sentiment y ait sa place. Tout n'y est qu'intérêt, crainte, menace... Cela fonctionne bien, très bien même, et l'on ne manque pas d'ambitieux prêts à tout. Alors laisser paraître la moindre faiblesse, commettre la moindre erreur se paye au centuple et les destins basculent en un instant. Ce fut mon cas. Enfin presque...
On m'avait confié la direction d'un gros coup. Mais les informations n'étaient pas fiables et... le truc bête. Tu connais mon aversion pour les cabots, hein ? Il s'est produit ce qui pouvait arriver de pire : le coup a réussi. Mais pas grâce à moi.
Notre chef aurait pu se contenter de juger au résultat et me laisser régler ça avec mes gars. Mais il n'avait jamais pu m'encadrer. Depuis que j'avais ma petite réputation il me poussait à la faute. Je ne le comprenais pas à l'époque, mais j'ai saisi ensuite : l'enfoiré avait juste la frousse que je pose mon cul à sa place.
Alors il m'a humilié devant toute l'équipe, confisqué ma part et menacé de me donner à la milice. Le con. T'as bien compris que les faibles ne font pas de vieux os, donc évidemment qu'il s'attendait à une réaction de ma part. Mais une petite, juste pour montrer les dents. Sûrement pas celle-là...
Il faut dire te dire aussi que cette vie me pesait. Je crois finalement que l'orphelinat fut la période la plus heureuse de ma vie. J'en avais gardé une nostalgie de l'amitié véritable, tu sais : la confiance, le soutien mutuel... Bref, Ça faisait un moment que je pensais à laisser tomber tout ça, à mettre les bouts et à bosser à mon compte. J'avais beaucoup appris, mais je voyais aussi que j'en savais plus qu'eux dans certains domaines, que je possédais des aptitudes plus... sociales, disons, qui ne demandaient qu'à être mises en pratiques. Alors j'ai pris mon temps. Deux mois. Facile.
L'autre ne s'attendait pas à ce que je mette les voiles. Et encore moins avec la cassette qu'il planquait dans son pieux. Mais ce qui lui a vraiment fait mal, c'est d'apprendre que je me tapais sa greluche sous son nez.
C'est comme ça que j'ai quitté Eauprofonde. "

Tout au long de ton récit, James semble écouter attentivement.
Tes dires semblent correspondre à l'image de ce qu'il avait imaginé.
En revanche la dernière mention réveille un souvenir un peu trop frais dans son esprit.
Il ne peut s'empêcher de déclarer "J'espère au moins que tu avais plus d'égards envers Lizz lorsque tu t'es intéressé à elle..."
Le ton montre qu'il n'a pas encore totalement oublié ce fameux soir où il vous a surpris et malgré la discussion que vous avez eu, ton passé de Don Juan le place sur la défensive.

Guilain ne cacha pas une moue de déception.
" Tu n'as manifestement pas compris, alors. Et puis... j'ai cru que tu t'intéressais vraiment à mon passé. Tant pis. Il est temps d'aller dormir, de toutes façons. "
Repoussant sa chope vide, il se leva.
" Bonne nuit, Jamy ", lui lança-t-il dans un sourire triste avant de se diriger vers sa chambre.

James semble énervé par ta réaction, "la fuite".
Néanmoins il avait l'air vraiment intéressé par ton passé avant que tu évoques la manière dont tu t'es vengé de l'homme.
Il reste à table en t'observant partir, partagé entre la colère et la frustration. Après quelques instants, il commande à nouveau à boire à la serveuse...
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