Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Episode 3-1 : Querelle d'amoureux ?

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Episode 3-1 : Querelle d'amoureux ?

Message  Gueule d'Amour le Ven 23 Sep - 15:11

Une fois remise des émotions qui l'avaient assaillie après avoir perdue sa virginité, Lizzy alla voir Guilain au coin du feu, dans l'auberge où il avait élu temporairement domicile. Elle avançait tout de même avec précaution, s'attendant à voir débarquer James rejouer la scène à laquelle ils assistèrent quelques jours avant. Lorsque Guilain la remarqua, elle lui fit un petit signe de la main et s'installa à sa table.
"Hé Mill... Je me suis dit qu'il serait quand même bien que nous en parlions... Tu sais, de... dit-elle en mimant avec ses doigts l'acte sexuel et en souriant mais rougissant quelque peu. On n'a pas vraiment eu l'occasion de... d'échanger... Sur cette nuit-là..."

« Bonsoir Lizz », fit-il d’un air contrarié en repoussant sa bière.
Il buvait seul – ce qui ne lui ressemblait pas – le cul posé sur un tabouret derrière une table bancale, dans un coin. Sortant un de ses éternels cure-dents, il entreprit de le mâchonner tout en la dévisageant. Les clients comme les serveurs entretenaient un fond sonore élevé, peu propice à une discussion intimiste et Guilain ne rendit pas les choses plus aisées en s’adossant au mur. Il observait la jeune femme tout en mâchouillant avec application.
Après quelques secondes, les coins de ses lèvres s’étirèrent lentement : « Avec plaisir. Je t’écoute, ma chère. »

Lizzy soupira.
"Ne fais pas cette tête, Mill. Je te préfère quand tu souris..."
Vu l'attitude de son interlocuteur, Lizzy savait que cela allait être une conversation plus que difficile. Néanmoins, elle continuait de sourire.
"Est-ce que... Ça va mieux, en bas ?"

« Ça va mieux, oui. Notre ami Lloyd a fait des merveilles.
Je te remercie de ta sollicitude », répondit-il en appuyant sur les derniers mots.
Puis, après un instant, qui pouvait passer pour de l’hésitation : « Et pour toi ? »

Elle soupira à nouveau.
"Et bien non, moi, ça ne va pas."
Elle se leva de son siège, attrapa la chope de Guilain et but tout son contenu d'une traite. Elle étouffa un petit rôt et son visage se referma à cause, entre autre, de l'amertume de la bière. Elle se laissa retomber.
"Malgré le fait que ce se soit mal... Fini... Je pensais que cela nous aurait quand même rapprochés... Ou en tout cas que cela ne nous aurait pas éloignés..."

Avec un air las, Guilain leva un sourcil, puis saisit la chope vide et fit un signe vers le comptoir. Toujours appuyé au mur, il répondit avec une lenteur dont il était difficile de percevoir si elle était chargée d’ironie : « Les choses se sont mal passées, on peut le dire, et je ne doute pas que tu en soies déçue, ma pauvre Lizz, toi qui y attachait tant d’importance... Sache que je le regrette autant que toi. »
Puis, s’écartant du mur il se pencha vers la jeune femme :
« Mais pour ce qui est de se rapprocher… ou de s’éloigner… tu es bien la seule à avoir jamais fixé la distance entre nous. »
Une des serveuses s’avançait pour remplacer la chope que Guilain avait agitée. Pendant qu’elle procédait à l’échange, il ajouta :
« Et tu es aussi la seule à qui j’ai laissé ce choix, Lizz. »
D’un ton insensiblement pincé, la serveuse demanda :
« Et pour mademoiselle, ce sera ? »

Elle jeta un regard noir vers la serveuse et s'apprêta à lui répondre violemment. Elle se retint, cependant et prit une longue inspiration. Son visage se radoucit.
"J'ai une faim de loup, une assiette bien garnie, s'il vous plaît, demanda-t-elle gentiment en forçant un sourire."
Une fois la serveuse éloignée, le sourire s'effaça.
"C'est vrai que tu en as vu, touché et pénétré bien d'autres. Pourquoi cela serait-ce important pour toi ?"
Les phrases du jeune homme avaient clairement blessé Lizz dans son ego.
"Est-ce que tu as essayé de te mettre à ma place un instant ? Ceci n'a rien à voir avec toi... Que ferais-tu si, après avoir baisé avec ta toute première "conquête", tu te rendais compte que tu n'y as pris aucun plaisir, bien au contraire, et que tu avais engendré une créature semi-réelle ? Que cela pourrait peut-être même te tuer et/ou tuer ta partenaire ? Et, pour finir, que cela pourrait durer toute ta vie ?!"
Le ton montait, à l'image d'une rage intérieure.
"Imagine que cela peut tuer ! Imagine que cela aurait pu TE tuer ! James est mon grand-frère, Lloyd est mon protecteur et toi, tu es quoi pour moi d'après toi ? Pourquoi est-ce que je veux que tu sois avec nous malgré les circonstances ? Tu n'es vraiment qu'un abruti, Mill !"
Elle croisa les bras et fixa son regard à l'opposé de Guilain. Elle grommela un "Espèce d'imbécile..." à peine audible.

A ces derniers mots, Guilain bascula à nouveau en arrière et soupira, les paupières closes. Il s'apprêtait à lui répondre, mais se ravisa. Plusieurs secondes passèrent en silence. Guilain rouvrit les yeux pour découvrir l'attitude boudeuse de Lizz, digne d'une gamine…
« Manifestement Lizz, tu es venue pour parler et non pour m'écouter. Mais puisque tu es assise ici et que tu sembles avoir terminé, je vais tenter de te faire entendre mon point de vue. »
Posant les coudes sur la table, Guilain but une gorgée et reposa sa bière, hors de portée.
« Je n'ai objectivement aucune raison valable de m'attacher à toi, jeune fille. Te côtoyer m'a définitivement exclu de ma ville d'origine, ta présence attire les pervers et a failli me brouiller avec mon ami d'enfance et, pour finir, quand une intimité grandissante semble possible, tes… facultés engendre cette abomination dont tu caches mal la fierté qu'elle t'inspire. Alors je te retourne la question : peux-tu me dire, Lizz, pourquoi je continuerais à m'attacher à une gamine immature qui semble ignorer l'existence même du mot " merci " ? »
Sentant une réponse prête à cingler, Guilain leva la chope et lança : « je n'ai pas fini... ».
Il prit une profonde respiration et reposa sa bière. Combien déjà en avait-il bues ? Il poursuivit.
« Il semble donc, chère enfant, que le Guilain que tu connais – quel que soit le nom dont tu l'affubles – se comporte à ton égard bien différemment de ses habitudes et pour tout dire de manière fort peu judicieuse. C'est ce que tu aurais déjà perçu si la préoccupation de ta jeune personne ne t'en empêchait. Pour mettre les points sur les « i », je t'ai porté secours plus que de raison, soutenu malgré l'apparition de tes… capacités inquiétantes et respecté plus que je n'ai jamais respecté une femme. Tout cela pour quoi ? Avoir manqué quitter cette vie, failli perdre ma virilité et devoir me cacher dans ce trou perdu où je bois tes insultes au lieu d'une bonne bière.
Donc, très chère Lizz, je te pose aussi cette seconde question : as-tu le moindre grief à formuler à mon encontre, le moindre reproche susceptible de me faire rougir ? »
Guilain s'affala à nouveau contre le mur, les yeux clos.

Un silence pesant s'installa. Au bout de quelques minutes, Lizzy se leva et, faisant tinter brièvement le son métallique si reconnaissable des pièces de monnaie, brisa ce dernier et déposa délicatement sa bourse (94Po) sur la table, devant le jeune homme. Elle finit par prendre la parole d'un ton très, ou plutôt trop, neutre.
"Vous avez raison, Messire Blondargent. Veuillez pardonner mes impolitesses. Je vous remercie mille fois de m'avoir escortée et protégée si loin, dit-elle en se courbant. Voici vos gages pour vos humbles mais efficaces services. Il me serait impardonnable de vous autoriser à risquer à nouveau votre vie ou votre intégrité pour ma simple sécurité. À présent, ne vous inquiétez plus de mon sort et concentrez-vous, je vous en prie, sur le votre."
Elle fit quelques pas en arrière.
"Je vous remercie encore, Messire, de m'avoir accompagnée aussi longtemps, aussi loin, bravant de nombreux dangers, sans même une pensée pour vous-même. Ce fut un plaisir, conclua-t-elle par une longue révérence."
Elle se dirigea lentement non pas vers l'escalier menant aux chambres mais vers la porte menant à l'extérieur.

Ouvrant un œil lorsque Lizz reprit la parole, Guilain écouta sa diatribe, sans un sourire. Lorsque celle-ci toucha à sa fin, le brouhaha de la salle s’était tu. Et quand la belle amorça son départ, s’adressant à son verre avec une moue triste il énonça d'une voix lasse mais suffisante pour être entendue :
« Hé bien, voilà qui répond effectivement à l'une et l'autre de mes deux questions. »
Puis il souleva péniblement sa bière et, sans un regard pour la jeune femme, pour la bourse sur laquelle louchaient déjà quelques-uns, ni pour les autres spectateurs goguenards, vida sa coupe d’un trait et l’agita à nouveau en direction du comptoir.
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Re: Episode 3-1 : Querelle d'amoureux ?

Message  Gueule d'Amour le Ven 23 Sep - 15:16

Le lendemain soir, Lizzy descendit des chambres situées à l'étage et jeta un œil dans la salle commune. Guilain était à la même table qu'à la veille. Depuis combien de temps était-il ici ? Il n'était tout de même pas resté là depuis la veille ?! Elle commença à se diriger vers la sortie mais s'arrêta brutalement. Elle resta figée, le regard dans le vide, perdue dans ses pensées.
*Lizz, tu vas vraiment partir comme ça et laisser cette situation de merde continuer ?! Tu t'es accrochée avec lui et vous vous faites la gueule, mais c'est vraiment ce que tu veux ? Bordel, sois courageuse et dis-lui tout ce que tu ressens, sinon tu vas le perdre ! Fonce, ma grande !*
Elle inspira, expira et se frappa légèrement les joues pour se donner du courage puis elle se dirigea droit vers le jeune homme.
Elle s'assit en face de lui, comme la veille. Elle toussota pour attirer son attention et prit la parole :
"À propos d'hier, je... Je suis désolé. J'ai réagi au quart de tour et je... Je suis désolé, je sais que je ne suis pas facile à vivre..."
Elle garda les yeux rivés sur la table, n'osant pas le regarder.

A la réflexion, il était peu probable qu'il n'ait pas bougé de ce coin depuis la veille, pour autant qu'elle puisse le deviner en fixant la table : il se tenait droit, ses mains étaient propres et la bière avait été troquée pour une infusion. Aussi, c'est d'une voix claire et dépouillée de ses accents persifleurs qu'il lui répondit immédiatement :
« Moi aussi… Je veux dire, merci d'être venu me le dire, je comptais en faire autant. Moi aussi, Lizz, je suis désolé. »

À ces mots, elle releva la tête et ne put cacher son soulagement par un grand sourire. Mais il ne dura pas longtemps. Elle jouait nerveusement avec ses doigts et avait beaucoup de mal à garder le contact visuel.
"Je…"
Elle signala à la serveuse d'un geste de la main son désir de commander quelque chose. Celle-ci vint assez rapidement, l'auberge étant encore peu peuplée.
"Ce que vous avez de plus fort, s'il vous plaît…"
La serveuse repartit et Lizz resta silencieuse.
*Tu peux le faire, Lizzy, tu peux le faire !*

Guilain fronça les sourcils, inquiet.
« Lizz ? »
Ne parvenant pas à attirer son regard, il mit une main sur les siennes et demanda d’un ton soucieux :
« Qu’y a-t-il ? »

"Je... Je vais tout t'expliquer..."
Elle s'arrêta sur ces mots et jeta sans cesse des coups d’œil vers la serveuse, qui finit par lui apporter un petit godet remplie d'un liquide transparent comme de l'eau. Elle le saisit, huma le parfum s'en dégageant et le vida d'une traite. Elle se mit à tousser, n'ayant pas pour habitude d'ingurgiter de l'alcool fort.
"Je... Je..."
Elle prit le temps d'inspirer et d'expirer. Son sang commença à affluer vers ses joues. Était-ce les effets dus à la boisson ou à ce qu'elle s’apprêtait à révéler ?
"Mill, tu es celui que je connais depuis le moins longtemps et pourtant... Pourtant... Je suis très attachée à toi et... Bon sang, c'est plus difficile à dire que ce que je croyais..."
Elle le fixa droit dans les yeux.
"Je crois que dès que je t'ai vu, j'ai eu le... le coup de foudre. Je t'ai aimé dès que mes yeux se sont posés sur toi... Tu étais le premier pour qui je ressentais ça. Mais quelques jours après t'avoir rencontré, mes pouvoirs se sont... réveillés. Les sentiments naissants que j'avais pour toi ont tout simplement..."
Elle fit une courte pause.
"Ils ont comme tout bonnement disparu... C'est pour ça que je t'avais repoussé, peu avant l'incident au Rossignol..."

A chacun de ces derniers mots, le visage de Guilain se décomposa davantage. Il retira brutalement des doigts de Lizz sa main crispée, se rendant compte qu’il les serrait trop fortement.
Un silence s’abattit entre eux.
« Ah… je vois », murmura-t-il, enfin. Mais il n’était que trop évident qu’il ne « voyait » rien du tout.
Il bredouilla : « Je suppose… Je suppose que… ». Il inspira et poursuivit : « qu’on ne peut pas tout expliquer. », puis il retomba dans le silence.
Relevant finalement la tête, il la regarda : « Mais alors, dans ce cas, pourquoi… la suite, Lizz ? »

"Je..."
Lizzy tendit les bras pour prendre la main qu'il avait retirée juste avant dans les siennes. Elle voulait et avait besoin de ce contact physique entre eux deux.
"Parce que je veux essayer de retrouver ces sentiments... Je veux t'aimer, Mill... Parce que cela ne change pas le fait que tu m'attires toujours autant, si ce n'est plus..."
Elle baissa les yeux.
"Émotionnellement, je suis assez... bloquée, pourrais-je dire... Mais physiquement, je suis en plein éveil. Gemma a raison là-dessus, dit-elle en souriant. Si on en parle pas, aucun moyen d'apprendre... J'ai envie qu'on soit proche, physiquement. Peut-être que ça pourra me réouvrir émotionnellement, peut-être pas. Mais si je n'essaye pas, je ne saurais jamais..."
Elle le fixa tout en caressant doucement sa main.
"Mais je ne peux pas te le demander, ce serait égoïste de ma part... Par respect pour toi et mes sentiments passés, je te laisse faire ce choix... Et quoi que tu décides, ça ne changera pas la façon dont je te vois, dit-elle en souriant."

Guilain la regardait toujours. Les paroles de Lizz résonnaient dans sa tête.
« Je ne sais pas », finit-il par lâcher. « Ce que je ressens est nouveau pour moi aussi. »
Puis, avec un sourire amer: « Peut-être aurais-tu dû m’en parler… avant ? »
Passé un temps d’hésitation, il reprit : « En fait… en fait – j’ai du mal à croire que c’est moi qui prononce ces mots – mais, je… non, je ne le veux pas vraiment. »
Il paraissait désolé de la peine qu’il provoquait et, les yeux dans les yeux, tentait de s’expliquer. « Pendant des années, j’ai cherché le plaisir en fuyant les sentiments. Et puis je t’ai rencontré… ». Il semblait débordé par la portée de ses propres paroles. « Je ne veux pas reproduire ça, Lizz. Pas avec toi. Pas avec nous. »
« Je prends conscience que mes sentiments sont nés plus lentement que les tiens, mais ils sont bien là, eux ! Savoir que tu ne ressens rien, toi, que tu ne peux plus rien ressentir pour moi… »
Il soupira. « Mais je peux te comprendre… Gemma a raison, le sexe peut devenir très… agréable. Seulement, est-ce un moyen de tomber amoureux ? » Il eut un rire nerveux : « Serait-ce une vengeance de Sunie pour mes années de batifolage ? Ce que tu me proposes… Peut-être, progressivement, avec du temps… Je ne sais pas », finit-il par se contredire.
Puis, en la regardant tristement : « Ce que j’ai appris, c’est que je ne veux pas te perdre. »

Lizzy arborait un sourire triste à l'écoute des paroles de Guilain. À un moment, elle porta l'une de ses mains à ses joues et écarquilla les yeux.
Quelque chose clochait.
Auparavant, dans une situation telle que celle-ci où la personne qu'elle eut un jour aimée aurait déclaré son amour pour elle, elle aurait fondu en larmes. Mais là, rien. Après avoir perdu sa faculté à développer un amour profond, son corps avait perdu la faculté de montrer sa tristesse. Elle continua d'écouter, jusqu'au bout, ses joues encore rosies.
Puis elle se leva et alla s'installer à côté de Guilain plutôt qu'en face. Elle se plaqua contre lui, dans ses bras. Elle savait qu'ils avaient tous les deux besoin d'être plus proches. Qu'ils avaient besoin de réconfort. Leur conversation prit alors en intimité.
"Tu ne me perdras jamais, mon beau Mill. Jamais, dit-elle en le regardant dans les yeux. Je suis vraiment désolé... Je ne pourrais jamais te donner les mêmes sentiments que tu éprouves... Enfin pas de la même manière..."
L'autre effet de la déclaration de Guilain fut une certaine excitation sexuelle, qu'elle arrivait, pour le moment, à dissimuler.
"Je ne sais pas si le sexe est un moyen de tomber amoureuse. Mais c'est peut-être le seul moyen que j'ai pour ressentir ce qui se rapprocherait le plus de l'amour... Et le seul moyen de te remercier de m'aimer..."
Elle lui caressa la joue.
"Prends ton temps pour décider. De toute façon, tant que je ne sais pas si je peux coucher avec toi sans que nous souffrions, je préfère... Je préfère ne rien faire...
...Même si je sais qu'il y a d'autres moyens que la pénétration pour nous satisfaire mutuellement... lui murmura-t-elle lentement à l'oreille."
Elle reposa sa tête contre le torse de Guilain. Son souffle s'accélérait : plus elle parlait de sexe, plus son contrôle sur ses désirs s'affaiblissait.

Guilain restait immobile. Soit qu'il ne l'eut pas perçu, soit qu'il ne voulut pas le montrer, il ne réagissait pas aux avances. Délicatement, il souleva la tête de Lizz et se dégagea.
« Je ne puis rien te promettre », fit-il en se levant du tabouret. Et avec une douce tristesse, il ajouta : « Il est normal, je suppose, que tu aies du mal à me comprendre. En fait, je me demande si je ne t'ai pas déjà perdu... ». Il caressa les cheveux de la jeune femme. « Bonne nuit, Lizz et à demain. » Il s'éloigna, le pas lourd.

Alors qu'il s'éloignait, elle le rattrapa en courant et le ceintura.
"Ne pars pas comme ça ! Si je ne comprends pas, explique-moi ! Ne pars pas comme ça... J'ai fait la même erreur hier alors reste... Reste encore un peu..."

Desserrant les bras qui enlaçaient sa taille, Guilain tourna lentement sur lui-même, puis fit glisser ses doigts sur les joues de la jeune femme.
« J’ai eu la faiblesse d’hésiter un instant, mais ce que tu proposes est impossible, Lizz. Tu voudrais mon corps et je ne puis te le donner. Je voudrais ton cœur et tu ne le peux pas plus.
Je suis sincèrement désolé. Désolé du… déplaisir que je t’impose ce soir, mais désolé surtout du vide sentimental qui te menace. Je voudrais t’aider, Lizz, mais il ne faut pas m’en demander trop.
Belle comme tu l’es, tu ne manqueras pas d’en trouver un autre, qui t’initiera aux plaisirs de la chair sans chercher davantage ; quant à moi, je retournerai à mon errance, sans chercher non plus davantage… »
Puis il termina, d’une voix grave : « Je devine la détresse qui est la tienne. Ce qu’il me reste à espérer, c’est tu comprennes mon choix et que ton cœur soit resté… qu’il nous permette encore l’espoir d’une amitié sincère ».
Ils se tenaient toujours face à face.

On pouvait lire une certaine déception dans les yeux de la jeune femme. Elle attrapa la main de Guilain.
"Je... C'est d'accord, Mill. Je respecte ton choix, dit-elle en souriant. Nous serons amis, alors."
Elle lui murmura à nouveau à l'oreille.
"Mais si jamais tu sens que tu as besoin d'affection, sache que je serai toujours là pour toi..."
Elle se mit sur la pointe des pieds et lui embrassa la joue.
"Bonne nuit, mon beau Mill."
Elle s'écarta d'un pas de lui et le regarda partir.
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