Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Partie 3 - Le secret de l'île engloutie

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Partie 3 - Le secret de l'île engloutie

Message  evrat le Ven 10 Oct - 16:59


- Yondaëlle Le'Quella -

Je regardais le Mage s'escrimer sur nos nouveaux invités, son interrogatoire, car on ne pouvait pas vraiment le nommer autrement oscillait entre une certaine indifférence, un manque de considération notoire envers eux et une agressivité latente. Ils étaient là pour répondre à ses questions et point autre chose. Tel un jongleur d'assiette pris dans le feu d'une tempête je m'efforçais désespérément de calmer le jeu et de mettre chacun à l'aise. Le Mage avait une confiance toute relative envers Béric, le prêtre de Shandakul secouru, mais il ne faisait aucun effort pour cacher sa méfiance envers Buckaroo le barde amnien.
D’où venait il ? De qui prenait il ses ordres ? Vers quelle organisation allait ses allégeances ? Les questions fusaient de la part du Mage qui ne laissait guère de répit au barde. Si ce dernier ne se méfiait pas déjà de nous, la chose était faite. Je m'efforçais un temps soit peu de calmer les choses et de montrer à Buckaroo que nous n'avions aucune volonté hostile envers lui.
     Il était entendu que je me méfiais tout autant de lui que Chaka le faisait de son côté mais il ne nous fallait pas pour autant nous fermer les portes de nouveaux alliés, ou d'en apprendre plus sur de futurs concurrents. Intérieurement je ne cessais de fustiger le Mage, mais ma présence dans le groupe était encore trop fraîche et je ne pouvais pas me permettre de me le mettre à dos. Enfin, pas de suite.

     Je pouvais d'ors et déjà imaginer ses propos si j'essayais de le freiner dans son ardeur


     - « Mais tu n'y connais rien, l'Elfe, sais tu tout ce que j'ai subi, souffert. Les choses se terminent toujours de la même façon... et puis, nous n'avons pas besoin d'eux, ils sont inutiles ! Que pourraient ils nous apprendre plus que nous ne savons déjà ? Rien ! Ne me fais pas perdre mon temps.»



     Et pourtant... et pourtant ce Buckaroo n'était sûrement pas arrivé sur cette l'île porté par de minuscules ailes d'ange, il devait avoir lui aussi avoir une équipée avec lui. S'ils n'avaient pas vogué jusqu'ici sur un navire leur appartenant, ils devaient en avoir loué un. De son côté il se disait barde et membre d'une organisation dont il désirait taire le nom et je le comprenais assez. Sans même parler d'allégeance politique l'Amn était composé d'une multitude d'organisations marchandes jouant toutes plus ou moins sur le fil de la légalité. Sa présence ici n'était peut être pas poussée par une soif de savoir mais plutôt d'or et de richesses. La frontière entre un lettré avide de découvrir les mystères de notre monde et un vulgaire pilleur de tombe était bien souvent assez mince. Chaka et Etesien étaient en quête d'Artefacts à travers tout Toril mais ils n'étaient pas les seuls à jouer à ce petit jeu. Mais fallait il compter ce Buckaroo comme un allié ou un concurrent. Tout du moins il ne fallait pas le perdre de vue.

     Maintenant que le Mage avait braqué notre invité démêler le vrai du faux serait plus difficile. Malgré tout nous lui avions montré un visage plutôt décousu de notre groupe, nous chamaillant les uns contre les autres, peut être que d'aventure si je me présentais à lui en prétextant les avoir quitté pour de bon je pourrais en apprendre plus sur lui.

     Nous apprîmes malgré tout que le barde avait été envoyé sur la piste de l'île par un certain O'Malley, un mage issu de la citée d'Athkatla. Il ne se montrait pas agressif envers nous mais désirait ardemment nous quitter pour en apprendre plus sur son état et sur le destin de ses autres compagnons. Je ne pouvais l'en blâmer. Une petite semaine de sa vie venait de s'évaporer et des inconnus lui demander de rester gentiment coincé plusieurs heures de plus dans un endroit qui lui était totalement inconnu. Il nous faudrait discuter de son sort plus tard car nous devions rattraper leur geôlier pour en apprendre d’avantage.

------      ------      ------

     Les miracles de Shandakul faisaient toujours effet, nous prîmes la consistance de nuages et volâmes à vive allure au dessus des flots d'un noir d'encre. La nuit était tombée depuis maintenant plusieurs heures et il était presque impossible que les Sarrukhs ne se soient pas rendus compte que leur captifs s'étaient évanouis. Le sixième sens du prêtre du dieu du voyage nous conduit presque directement sur la barge, nous nous montrions à nouveau chanceux car retrouver un navire en mouvement sur l'étendue des eaux de la Mer des Épées était un pari quasi impossible. Mais cela était sans compter sur l'appui d'un Marcheur des Vents de Shandakul.

     Il nous fallait maintenant échafauder un plan de bataille. Mes capacités mentales me permettaient d'établir un lien télépathique entre tous mes compagnons, même sous forme de nuages qui d'ordinaire nous privaient du don de parole nous pouvions aisément discourir de notre tactique. Enfin cela était sans compter sur Chaka qui était protégé jour et comme nuit par un sortilège déviant toute tentative de pénétrer ses pensées. Un puissant charme qu'il nommait lui même« Esprit Impénétrable ». J'aurais pu assaillir ses pensées et me forcer un passage jusque dans les méandres de son esprit torturé pour lui faire parvenir un message, mais cela m'aurait demandé de longues minutes de concentration pour un résultat somme toute assez décevant. Il nous fallait donc compter sur l'intelligence supérieur du Mage pour comprendre instinctivement sa place dans le plan.

     Les choses devaient se dérouler ainsi, Chaka et Brottor le nain qui étaient notre force de frappe, le premier par sa puissance magique et le deuxième par ses muscles devraient jaillir sur pont supérieur pour occuper et mettre hors d'état de nuire les quatre Sarrukhs qui y montaient la garde. Quand à Etesien et moi même devions nous infiltrer à nouveau dans les cales pour faire prisonnier un Sarrukh. J'avais bien sur mis à disposition mes talents quelques minutes auparavant pour me glisser invisible sur le bateau pour épier la position de chacun. Deux Sarrukhs se trouvaient dans les cales, endormis, ils nous suffiraient à Étésien et à moi même de tuer le premier rapidement et faire prisonnier le second. Rentrer et sortir du bateau nous serait assez aisé pendant que nos compagnons s'occupaient faire diversion sur le pont supérieur.  Le plan était au point.

------      ------      ------


     Etesien et moi même nous téléportâmes dans les cales du navire, mais que ne fut pas notre surprise de voir à nos côtés le Mage, Chaka, et qui plus est les deux Sarrukhs endormis que j'avais laissé deux minutes plus tôt ne s'y trouvait plus. Brottor Galkhin devait sur le pont supérieur faire face à l'ensemble de nos ennemis. Mais par tout les dieux que venait faire Chaka dans les cales, j'étais pourtant sûr qu'il avait compris le plan, de plus l'avais je pas vu par le passé qu'utiliser des torrents de flammes et de feu pour combattre nos ennemis. Dans un milieu aussi exigu s'il utilisait sa magie il allait tous nous brûler, ou pire nous couler par le fond. Je le maudissais intérieurement et je hurlais à tous de rejoindre Brottor sur le pont.

     Usant à nouveau de mes capacités de déplacement instantané je me téléportais sur le pont, juste à temps pour apercevoir, horrifié, le Nain se tordant de douleur, ses membres et sa tête prenant des angles étranges et peu à peu son armure se fondre en son corps. Sa peau prit une couleur luisante et fut rapidement parsemée d'écaille sur toute sa surface. En un claquement de doigt il ne restait plus du vaillant guerrier nain qu'une petite vipère inoffensive se lovant sur elle même encore hébétée de son malheur. Quelle magie était-ce là ? Les légendes disaient que les Sarrukhs avaient par leur magie créé de nombreuses races serpentines telles que les Nagas ou les Hommes Lézards mais ils avaient donc aussi le pouvoir de transformer directement la chair en écaille. Le combat allait se montrer plus hardu que prévu.

     Je n'eue à peine le temps de finir ma pensée que je sentis une magie insidieuse parcourir mon corps, une douleur intenable me tordit les boyaux. Je n'avais pas été assez vigilant, surpris par la subite transformation en serpent de mon compagnon d'arme je n'avais pas vu qu'un de nos ennemis me réservait le même sort. Je perdais peu à peu le contrôle sur mon corps, je parcourrais rapidement ma silhouette de pied en cape pour me voir me transformer à mon tour en serpent. Impuissant.
Mais mon mauvais sort ne s’arrêtait pas là, des tréfonds de mon être je sentis également que cette nature animale allait bientôt également me submerger et effacer mon esprit derrière la conscience muette de l'ovidé que je devenais. Je ne pouvais pas finir ainsi, mourir sur le pont d'un bateau transformé en un vulgaire rampant. Je rassemblais l'ensemble de mon énergie pour garder ma conscience active et ne pas sombrer à l'état animal. Instinctivement mes sens se mirent en branlent et ma magie me téléporta dans le refuge de l'obscurité au dessus des flots. Je voletais à quelques mètres des vaguelettes, simple serpent à présent mais fort d'une magie féerique bouillonnant dans mon sang et mue par une rage de vengeance. Je sentais également que ma magie pouvait me libérer aisément de ce mauvais sort mais il me faudrait une à deux minutes pour réaliser ce miracle. Temps dont je ne disposais pas.
     Craignant pour la survie de notre groupe, Etesien et Chaka prirent de leur côté des mesures radicales déversant un flot continue de magie et d'acier sur nos assaillants. Mais il ne nous fallait pas oublier l'objectif de notre plan, faire un prisonnier et l'interroger. Privé de mon corps d'elfe je n'étais pas pour autant sans défense, ma magie pouvait tout aussi bien s'exécuter sans le panache de mes doigts graciles. N'étais-je pas « La Magie » comme aimaient ironiquement à me le rappeler mes compagnons. Expression que j'avais utilisé suite à une discussion houleuse avec le Maget
Je laissais un flot de magie parcourir mon corps serpentin et me concentrais sur les deux derniers Sarrukhs retranchés sur le château arrière. Autour d'eux la nuit prit des allures d'enfer quand émergeant de l'obscurité des tentacules d'ombres ayant pris la dureté de la pierre les saisirent et commencèrent à les broyer. Ceux-ci ne causeraient plus longtemps de problème.

     Mais nous avions un soucis plus important à gérer, le sorcier ou le mage qui avait permis à l'île de refaire surface. Nous n'étions pas encore bien fixé sur les moyens qu'il avait mis en œuvre pour réaliser ce miracle ; avait-il fait appel à sa propre magie ou bien à un artefact en particulier. Quoi qu'il en était, il devait se trouver sur le bateau et il serait un ennemi bien plus redoutable. Le pont étant dégagé il ne nous restait plus qu'une seule pièce à fouiller qui se trouvait dans la cale. A nouveau j'utilisais ma magie pour me déplacer instantanément vers la dites pièce et j'y retrouvais Etesien.

     Je lui indiquais mentalement que j'allais d'abord essayer de les prendre par surprise et qu'il devait me laisser dix petites secondes avant de défoncer la porte. Je passais magiquement à travers le mur et comptais sur ma nouvelle taille pour passer inaperçu, en plus de mes capacités d'invisibilité, dans la pièce où se trouvait deux Sarrukhs. Je n'arrivais pas à discerner qui des deux pouvait être le mage quand l'un deux sembla sentir ma présence. Je n'eue pas le temps de bouger qu'il saisit mon petit corps serpentin et se mit à me tordre en deux. Mais je n'étais pas une créature que l'on tuait si aisément. Malgré toute sa force, la magie qui coulait dans mes veines m’assurait une résistance supérieure à la douleur et je lui faussais compagnie en me téléportant au côté d'Etesien. Unissant nos efforts nous fracassâmes la porte d'un seul mouvement, moi tout d'abord par un rayon d'énergie et lui finissant de dégager les derniers morceaux épars d'un grand coup d'épée. Nous y étions presque, il ne nous restait plus qu'à faire prisonnier l'un des deux. A nouveau je contrains les ombres environnantes à saisir les lézards, ainsi immobilisés, Etesien put en tuer un aisément. Je commençais déjà à me réjouir quand je sentis une puissante énergie magique me frôler pour venir percuter de trois rayons ardents le dernier Sarrukhs vivant qui tomba inanimé sous le choc.

     Je me retournais de tout mon corps longiligne encore surprit de l'attaque et prêt à en découdre avec un nouvel assaillant. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver Chaka, les mains encore crépitantes d’énergies magiques qui venait de tuer notre dernier espoir de prisonnier. J'en restais abasourdis et je fus prit de cours par le prêtre de Shandakul qui laissa déverser un flot de colère envers le Mage, je sentais sa prise sur son épée se faire plus virulente. Il se contenait pour ne pas frapper à son tour le Mage. S'en suivit une dispute acharnée entre les deux hommes, où le Mage plein de morgue ne se démontait pas et restait campé sur ses positions. Rapidement il détourna la discussion pour faire rejaillir la culpabilité sur ma personne. Je me retenais de tout mon être, il me fallait intégrer ce groupe et je ne pouvais pas me permettre d'être le centre de dissensions si tôt. La suffisance du Mage ne s'était pas réduite avec les ans.

     Il nous fallut encore quelques minutes pour nous assurer que le bateau était bel et bien libre de ses occupants. Je me libérais du charme qui me tenait prisonnier dans ce corps serpentin et j'en fis de même pour libérer Brottor de ce maléfice.  Nous n'avions pas réussi à faire de prisonnier, mais nous avions toujours leur corps. Nous devrions faire avec.

     Ma première tentative aidée d'un parchemin pour communiquer avec les morts n'ayant été couronnée de succès il nous faudrait patienter jusqu'au matin que le Prêtre retrouve une partie de ses miracles pour interroger les corps. La nuit serait longue, nous ne savions pas où était passé le sorcier et ni si le dragon rouge allait à nouveau faire une apparition.

     La chance était pour une fois avec nous et nous purent non seulement nous reposer et mais aussi prendre de maigres informations en interrogeant les corps par magie. En regardant de plus prêt ceux-ci que nous avions de prime abord prit pour des Sarrukhs étaient en fait des Yuan-tis, mais leur morphologie ne coïncidait pas avec celle que nous connaissions. La méprise était possible.
     Ces Yuan-tis n'étaient en fait qu'une escorte, ils ne savaient pas grand chose seulement que vers le centre de l'île se trouvait un site scellé par une porte marqué d'un croissant de lune où les fouilles avaient été opéré. Si nous voulions en découvrir d'avantage, il nous faudrait descendre dans les profondeurs par nos propres moyens.

L'idée ne m’enchantait guère.

------      ------      ------

     Pendant notre repos, je prenais le temps de contacter mentalement Théobald, l'autre prêtre de Shandakul, resté dans le manoir extra-dimensionnel de Chaka en compagnie de Beric et Buckaroo. Les choses se présentaient plutôt bien, les deux prêtres avaient réussi à gagner sa confiance même s'il lui tardait de retrouver la terre ferme. Sa confiance était elle vraie ou simplement feinte, l'avenir nous le dirait.
Quelques heures plus tard, nous retrouvâmes nos trois invités au sein du manoir magique et la décision fut prise de leur redonner leur liberté et de les guider jusqu'aux îles Moonshae par l'entremise de monture magique. Je n'en avais pas finis avec Buckaroo, je le mettais en garde et lui faisait comprendre que nous nous reverrons assurément sous peu.

------      ------      ------

     Nous descendions peu à peu vers les abysses, l'obscurité nous embrassait de toute part. Je n'étais pas particulièrement gêné par celle-ci, mon regard aurait pu briser par la même le voile noir de Shar, déesse honnie des ténèbres et des mensonges. J'avais par le passé eut l'occasion de me rendre à plusieurs reprises sur le plan élémentaire de l'eau et dans mon sang coulait la magie ancestrales des Dryades, Nymphes et Pixies qui m'apportait le souffle suffisant pour survivre dans ces profondeurs. Mais tel n'était pas le cas pour mes compagnons qui se devaient rester proche du prêtre de Shandakul qui les protéger derrière un écran magique de la pression extraordinaire qui régnait à plusieurs centaines de mètres sous les flots. L'exploration n'allait pas être des plus faciles.
     Le Mage usant de sa magie prit la forme d'un céphalopode pour explorer de son côté les mystères de l'île. Celle-ci était immense et il nous fallut de longues heures avant de trouver, par chance, un portail gravé du sigil de la lune. Nous trouvions devant deux énormes portes de mithril gravé d'un croissant de lune, hélas le chemin avait été obstrué par les derniers mouvements de l'île qui suite à sa retombée dans les eaux avait été endommagée. Le Nain se mit en quête de dégager les roches à main nue et aidé de sa hache, les choses avançaient plutôt bien lorsque nous sentîmes une présence nager au dessus de nous. Nous pouvions sentir par les masses d'eau déplacées sa taille phénoménale. Nous fûmes tour à tour surpris et frappés par d'immenses tentacules qui nous saisirent violemment. Brottor fut à nouveau le premier à tomber, comme paralysé par quelque venin. Nous n'avions pas à faire un simple poulpe géant mais à un véritable Kraken.
     Les contes et légendes des îles Moonshaes parlent de trois enfants de la Déesse, créatures magiques enfantées par Shauntéa pour protéger ces îles. La Licorne, le Loup et le Léviathan, je fus prit de panique à l'idée que nous allions affronter ce fameux Léviathan. Les mythes parlaient plus d'une baleine qu'un poulpe, mais où était le vrai dans les histoires. Il nous fallait décider vite, combattre ou fuir.
     Etesien et moi même étions protégés contre les saisies de la bête par notre magie mais qu'en était il de nos compagnons. Brottor, paralysé, commençait déjà à dériver lentement en dehors de la bulle protectrice du prêtre. Chaka venait de subir de plein fouet l'attaque de deux tentacules et je le sentais presque sombrer dans l’inconscience. Nous ne pouvions pas tenter le combat sans craindre de perdre l'un ou les deux de nos compagnons.
Mentalement je fis appel à la magie enfermée au sein mon armure et l'instant d'après mon corps cohabitait sur deux plans d’existences, le plan matériel et le plan éthéré. Tel un fantôme je plongeais à travers les bras spongieux de la créature pour me rapprocher du Nain, mes deux autres compagnons sauraient bien se débrouiller seul et j'intimais à tous la retraite. Je nous téléportais plusieurs centaines de mètres vers la surface.
     Notre remontée fut douloureuse mais salvatrice, je remontais Brottor hors des flots et je fus peu de temps après rejoins par le Prêtre et le Mage. Notre excavation avait assurément causé beaucoup de bruit et la décision fut prise d'user de plus de discrétion sur cet entreprise. Le Nain quand à lui resterait au sein d'un manoir magique pour se reposer de ses blessures. Le fait est qu'il était plus gênant qu'autre chose.



     Nous laissâmes une journée passer et aidés de nouveaux sortilèges nous nous perçâmes un chemin silencieux à travers les gravas. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que derrière cette porte de mithril se trouvait le noyau même d'un Mythal. Car nous nous ne trouvions pas au cœur d'une île immergée mais bel et bien sur une des citées volantes de l'ancien empire du Netheril qui chuta assurément sur ces lieux suite à l'incident Karsus. Rares étaient les citées inviolées comme celle-ci et ce que nos ennemis étaient venus déterrer ici ne présageait rien de bon. Nous ne trouvions au cœur même d'un morceau d'histoire de notre monde, tout elfe que j'étais je ne pouvais que reconnaître le génie de ces bâtisseurs de citées volantes. Même si mon peuple au sein de son histoire commune avec les nethéristes avait plus souvent été en conflit avec eux qu'autre chose de nombreux échanges avaient eu lieu et nombreux étaient ceux parmi le Haut et le Bas Néthéril qui avaient trouvé refuge en nos cités après la déchirure de la toile, dont à Ascalhorne au cœur même de la Grande Foret.

     Nous touchions enfin au but de notre quête, pourquoi les Yuan-tis ou les Sarrukhs, la chose était à présent un peu confuse, avait il fait remonter cet île. Chaka œuvrait déjà à son rituel magique afin d'ouvrir une fenêtre sur les méandres du passé et scruter les derniers agissements des Hommes Lézards. Les premiers mots de son récit ne me surprirent guère. Dès la découverte du mythal il était clair que c'était par ce bief que nos ennemis avaient resurgir cette île par dessus les flots. Mais réactiver un mythal n'était pas une mince affaire. Ce qu'il vit ensuite devint beaucoup plus surprenant. Parmi les Yuan-tis se trouvait bel et bien un Sarrukh, et peut être même deux. Les serpents étaient accompagnés par le Sarrukh qui était présent à la salle des ventes quelques jours plus tôt, mais aussi d'un autre individu recouvert de pied en cape d'une armure à tête de serpent qui ne laissait entrevoir son visage. Était il lui même un Sarrukh ? J'en doutais. De leurs brèves échanges nous n'en gardions que leurs noms, Le Sarrukh portait le nom d'Uhlaash et l'individu en armure Sans Age ou Munthrek qui signifie en langage draconic "Humain".
     Nous avions à faire à une magie de haute volée, le Sarrukh aidé de son assistant rechargé peu à peu  le mythal de leur magie. La magie déployée était considérable dépassant largement celle de Chaka et la mienne réunie, nous avions à faire à un véritable maître en Sorcellerie.
     Mais notre surprise n'était pas encore finie, de sa scrutation magique Chaka observa un événement d'une portée encore plus grande. Quelques jours après au sein de cette même pièce, le Sarrukh et l'individu en armure excavèrent d'un coffret enfermé dans le sol renfermant à la stupeur générale trois tablettes gravées d'un or pur. Le doute n'était pas permis, nous nous trouvions en la présence des célèbres rouleaux du Nether. La légende voulait que deux jeux de 50 de ces tablettes avaient créé voici des milliers d'années, par les Sarrukhs eux même, pour regrouper l'ensemble de leur connaissance et savoir magique. Ces parchemins seraient la source de connaissance et de pouvoir la plus puissante de tout Faerun. Et sous nos yeux, trois de ses tablettes venaient d'être emportées.

     Qu'allions nous faire à présent...


evrat

Messages : 5
Date d'inscription : 27/11/2012
Age : 35

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum