Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Partie 2 - De Myth Drannor aux îles Moonshae

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Partie 2 - De Myth Drannor aux îles Moonshae

Message  evrat le Jeu 9 Oct - 13:27


-Yondaëlle Le'Quella-

Le soleil commençait sa lente descente automnale apportant aux murs blancs des bâtiments du quartier ses couleurs chaudes et ocres. Lierres et vignes grimpantes tendaient feuilles et bourgeons pour goûter aux dernières chaleurs de l'été, l'hiver était néanmoins des plus clément grâce à la protection du Mythal érigé par la Haute Magie Elfique voici quelques quatre siècles plus tôt.

Sous les couleurs de l'automne Myth Drannor offrait à ses visiteurs un de ses plus beaux visages et le quartier des étrangers, celui des N'Tel'Quess, ne dérogeait pas à cette règle.


Mes informations étaient exactes et je distinguais finalement du coin de l'oeil sa haute silhouette se détacher sous les frondaisons et les ombres des pavillons supérieurs. Mes quelques heures de présence au sein la citée ne m'avait pas permis de recueillir beaucoup d'informations, il était arrivé voilà à peine une petite semaine et s'était montré plutôt discret. Depuis son départ inopiné de Derlusk je n'avais pas eu beaucoup de nouvelles de ses activités mais je sentais que sa présence ici relevait de quelques événements d'importance.

Il était accompagné du même gaillard qui l'avait accompagné au sein de la Guildes des Mages, événement qui avait conduit à son emprisonnement et son éviction de l'Empire du Soleil, je le savais membre d'une des tribus de l'est du Shaar et suivant de Shandakul le dieu voyageur, contrairement à son compagnon émacié ce dernier arborait un air plutôt débonnaire voir amicale. Les deux pénétrèrent bientôt au sein d'une auberge les bras chargés de rouleaux de parchemin. J'avançais à leur suite camouflé sous les traits d'un autre de mes congénères.

Mon intuition était la bonne. Après quelques minutes seulement ceux-ci déplièrent cartes et parchemins sur une des lourdes tables de chêne et commencèrent leur conciliabule. L'aubaine n'était que trop belle.

Me débarrassant entre deux allées-et-venues de mon déguisement je me mêlais innocemment à la clientèle de l'estaminet et m'installant au comptoir dos à eux je laissais peu à peu l'assistance se familiariser à ma présence. Après quelques minutes je sentais finalement que le mage m'avait remarqué, je pouvais sentir d'ici son exaspération, lui laissant croire qu'il avait l'initiative de nos retrouvailles je feins la surprise lorsque nos yeux se croisèrent pour la première fois. Les siens ne tardèrent pas à se rabaisser rapidement sur ses cartes et je le vis marmonner rapidement. Peut être bien une invitation à son ami de se méfier de ma personne ou bien quelque imprécation au dieu responsable de sa mauvaise fortune.

" Je me disais bien aussi que cela sentait le vieux parchemin moisi ! Chaka ! mon viel ami qu'est ce qui vous amène ici !"

L'hiver était encore bien loin mais je sentis un froid mordant s'abattre entre nous. Feignant de ne pas ressentir la gêne occasionnée par ma présence je poussais la discussion sur les préparatifs que je voyais étalés sous mes yeux. Le prêtre n'apprécia guère mon intrusion et me le fit vite comprendre rapidement, il me paraissait déjà beaucoup moins sympathique.

Je n'avais aucune idée de ce qui se tramait ici mais la seule présence du mage était suffisante pour exciter ma curiosité.

Nous nous étions quittés en bon terme quelques années auparavant après la mort du Grand Dragon Ashardalon. Nous avions, son équipée et moi même intriguaient quelques temps contre l'ancien pouvoir en place, tout d'abord pour des raisons bien distinctes nos buts s'étaient peu à peu rapprochés pour devenir commun, bien qu'aucune alliance solide n'ai jamais été forgé entre nous.

Sentant une mort imminente, et douloureuse, Chaka s'était épanché un temps sur sa vraie nature et ses origines. Voyageur temporel il avait été ramené en notre époque par Mystra la Déesse de la Magie dans l'espoir de sauvegarder la Toile, source de toute magie, et par delà cela l'existence même de notre monde tel que nous le connaissions. Il m'avait entretenu de ses liens avec les mages Halruéens et mes compétences particulières nous avons aidé à garder contact même éloigné de plusieurs milliers de lieux. De part nos aventures commune je fis la rencontre d'autres de ses anciens compagnons de route, infortunés pèlerins perdu à travers les méandres du temps, qu'étaient Wyvern et Voyvodin. Nous les avions tout deux sauvés lors d'un raid sur le plan de la Féérie où était, et est toujours, retenue également ma mère.

Tout comme Chaka ses deux compagnons étaient nés quelques sept cent ans dans le futur puis renvoyés dans le passé afin d'accomplir leur grand projet, les choses auraient pu semblaient des plus dures à croire si le Mage n'était pas au courant d’événements à venir et connaissant parfaitement la chronologie des années. Historien accompli son envoie en ce temps par la Déesse de la Magie était loin d'être innocent. Les voyageuses à travers le temps était un mythe mais qu'est qui était encore impossible sur des terres où les dragons fendaient le ciel et la magie toute maîtresse.  

Je savais le personnage versatile, couard, imbu de sa connaissance du Grand Art et doué d'un fort penchant survivaliste. Mais je ne pouvais pas l'en blâmer. Le peu de temps passé en sa compagnie m'avait fait prendre conscience des puissances à l’œuvre et de la dangerosité de le côtoyer. Et pourtant j'en redemandais, mon cœur palpitait déjà à l'écoute de leur récit.

J'avais eu peu de contact avec le fameux Voyvodin, nous l'avions sauvé tout comme son compagnon des griffes d'une sorcière avide de ses souvenirs. Amnésique il avait subi des tortures innommables pour, je le pense, lui soutirer des informations sur son savoir sur le futur. Et le fait est que nos ennemis y étaient arrivés.
Excellent guerrier, il était le descendant de la tribu du Lion, tribu qui s'était illustrée voilà peu au sein du Shaar en regroupant les forces vives des barbares autour d'elle. Il avait hélas un caractère des plus pénible et doublé d'une ingratitude choquante quand à son sauvetage. Je crains hélas que le jour où nos chemins se croiseront à nouveau nous ne le retrouverons pas du côté de nos alliés

J'avais eu plus de lien avec le second, Wyvern. Nous étions elfe tout les deux et issus de la même cité, mais séparés par plusieurs siècles de vie. J'aurais pu être son père, voir son grand-père. Que les dieux de la Seldarine me garde bien d'avoir un jour une descendance, quel gaspillage de temps et de ressources.
J'avais néanmoins prit soin de lui et nous avions commencé à tisser quelques liens d'amitié, il va s'en dire que l'utilisation répété de ma magie de coercition n'y était pas étrangère mais je n'avais ni le temps ni le loisir de laisser en toute liberté parmi nous une personne dont l'esprit avait été touché par nos ennemis. Il me fallait nous préserver avant de penser à son libre arbitre. Je n'avais pas mis au courant de cela mes anciens compagnons à l'époque mais tout comme moi il me fallait les protéger.
Quand il nous le fut possible je le ramenais chez lui à Myth Drannor je le confiais aux bons soins de nos prêtres dans l'espoir qu'il retrouve un jour la mémoire. Je le visitais de temps à autre mais hélas aucune amélioration n'était survenue. Il me faudrait prendre un peu de temps pour le voir dès aujourd'hui. Peut être que Chaka l'avait lui même rencontré voilà peu. .  

Je compris rapidement que mes interlocuteurs étaient plus que désireux de garder le secret sur leur prochaine entreprise, mais ils semblaient en manque d'alliés potentiels et il ne fallut pas longtemps pour que le Mage voit en ma personne un élément assez appréciable, ou disons-le sacrifiable, pour rentrer dans le vif du sujet.

Chaka et son nouveau compagnon, Etesien, étaient à la recherche d'artefacts mythiques, bien qu'obscures aux yeux des non-initiés. L'héritage de l'empire déchu Imaskar, les puissants Imaskarcanas. Je n'avais de mon côté comme connaissances que celles que m'avait fourni Chaka quelques années auparavant lorsque nous nous étions intéressés pour la première fois à ces artefacts et de mes maigres recherches par la suite.
Une forêt entière avait été rasée par une déflagration monumentale et Lhesper, l'ancienne capitale de l'Empire, n'avait échappé que de peu à ce sombre destin lors de nos premières investigations sur ce sujet. Là était la puissance de l'ancien empire Imaskar disparu voici plusieurs millénaires mais détenteur de pouvoir terrifiant.

Il était donc question d'une chasse au trésor bien qu'à l’énoncé de notre but cela ne devrait pas être une partie de plaisir. Engeances de l'Ombre, dragons, pièges mortels et sorciers en pagaille allaient seraient bientôt notre lot quotidien.


Après une brève discussion et des retrouvailles douteuses, nous avions malgré tout trouvé un sujet de discussion commun. Il se programmait dans les prochains jours une vente aux enchères exceptionnelle à Suzail, capitale du royaume voisin du Cormyr, et le fait est que cette information nous était parvenue à tout trois. Des objets rarissimes y seraient mis en vente. Ce salon ne se tenait qu'une fois l'an et peu y était convié, les enchères débutées rarement en dessous de plusieurs dizaine de milliers de pièce d'or et quelques objets partait parfois pour la coquette de somme du million. Cet événement n'était pas ouvert à toutes les bourses.

Nous décidions donc de faire chemin commun mais de nous séparer à quelques lieux de la cité et de nous présenter en temps qu'acheteurs indépendants. Depuis maintenant quelques années j'agissais en tant qu'agent pour le compte de clients à la recherche d'objets extraordinaires. Parfois simple exécutant et parfois recrutant pour mes propres besoins une personne ou une équipe en particulier j'avais arpenter une bonne partie de Toril et de ses plans adjacents pour assouvir ma curiosité et accroître mon savoir. Je n'avais pas la prétention de rivaliser avec un archimage accompli mais la palette de mes pouvoirs me préservait de ne jamais être prit au dépourvu. Temps qu'à accomplir une mission en équipe autant s'assurer être le dernier debout en cas de gros pépins.

La chose était donc entendue et nous faisions vol vers Suzail.


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Le jour dit nous retrouvions donc une petite assemblée d’acheteurs, à peine une cinquantaine, pour les fameuses enchères. Il nous fut vite annoncé que le clou du spectacle serait un œuf de dragon mais pas n'importe lequel, un œuf d'Asgorath. Je fis rapidement le tour de la salle du regard et je vis que je n'étais pas le seul à nager dans une légère incompréhension Je n'avais jamais entendu ce nom. Qui était-il ? Un célèbre Dracosire ? La réponse me vint tout naturellement du Mage qui me confia qu'Asgorath était selon la légende le Dragon primordial qui donna naissance à toute sa race aux premières heures de notre monde, œufs qui tombèrent telle une pluie d'étoiles filantes sur terre. Il évoqua également la création de la « Mer des Étoiles Déchus » qui porterait ce nom désormais à cause de cet événement et tout autant la création d'un nouveau monde par un mystérieux dieu, Ao. Ces choses s'étant passées voici plus de trente mille ans et la véracité de tout cela restait encore du mythe.

La vente allait suivre son cours et il nous faudrait attendre encore quelques heures avant de voir ce fameux œuf. Je m'étonnais tout de même de l'organisation de cette vente, peu de publicité, aucune réelle information décisive sur les objets présentés. Cela tournait à l'amateurisme. Ou bien il y avait eu des informations complémentaires données à une poignée de personnes triées sur le volet. Dont je ne faisais pas partie visiblement.

Les premiers objets présentés ne m'intéressaient guère je m'attelais donc à étudier les autres invités. Des mages, des prêtres assurément et des négociants. Mais les choses n'étaient pas toujours ce qu'il semblait être, j'avais donc décidé de lever le voile sur toute illusion présente quand Chaka commença à s’exciter tout seul. Nous avions donc pris nos précautions et je m'étais présenté séparément d'eux à la vente et je communiquais avec le prêtre de Shandakul via télépathie, l'un de mes nombreux talents qui me laissait le loisir de discuter en toute discrétion avec qui se retrouvait assez proche. Chaka quand à lui ne pouvait être contacté de la sorte protégé par une puissante magie d'abjuration de sa connaissance.

Le Mage se montrait suant et débridé à la présentation d'une pierre Ioun. Les mots du commissaire priseur ne suscitèrent guère mon intérêt quand aux propriétés de l'objet mais Chaka continuait à gesticuler en tout sens telle une carpe prise hors de l'eau. L'on pouvait trouver beaucoup de qualité chez ce mage mais les subtilités des échanges sociaux n'étaient pas son fort. Heureusement pour lui, il avait tout de même prit la précaution de camoufler magiquement ses traits sous celui d'un vieillard. Combien ici en serait abusé, peu je le pense.

Les enchères montèrent vite et le Mage fut vite dépassait par les sommes en jeu, un autre participant se montrait fort intéressé par cet objet, aux propriétés toutefois négligeable selon moi. D'après les informations relayées par Etesien, cette fameuse pierre Ioun pourrait être une des pièces d'un artefact Ismakar nommé le bâton d'Omanond, le plus célèbre Roi Sorcier d'Ismakar, celui-là même qui avait ordonné la création des terribles Ismakaracanas. Après un début d'enchère acharnés notre mage arriva rapidement à sa limite financière et se retourna prestement vers son compagnon pour faire leur compte . Hélas le temps courrait et il lui fallait surenchérir. L'espace d'un instant l'idée me traversa de lui apportait mon concours mais comme disait l'adage « Charité bien organisée commence par soit-même », j'attendrais donc que ces deux là m'aient rapporté un peu avant d'engager mes fonds propres.
Chaka trouva son secours auprès d'un des marchands locaux qui se trouvait être l'un de ses contacts, j'avoue n'avoir pas tout bien compris sur l'instant mais il se serait engagé sur la parole de l'Empereur Aryon lui même pour encaisser sa dette. Il me faudrait tout de même mettre au courant le ministre des finances de cela, trois cent mille pièces d'or ne se trouvait guère sous le sabot d'un cheval.

Chaka remporta malgré tout inextrémiste cette enchère par l'entremise de son ami mais non sans avoir bataillé sou après sou, la joie emporta son visage. Je retournais sur l'instant mon attention vers le deuxième acheteur qui diantre pouvait-il bien être, cette vente aux enchères ne cessait de m'étonner. Rien au catalogue n'aurait du susciter autant d'émotion pour un tel objet, cet homme avait il remarqué la véritable nature de l'objet sur l'instant comme l'avait fait le Mage ou savait il qu'il la trouverait ici. Je m'approchais donc de lui pour entamer la conversation.

L'homme se disait prêtre du dieu scribe Oghma et originaire de la cité d'Arabel, il me confia qu'il s'intéressait à cette fameuse pierre Ioun du fait du nom illustre de son ancien propriétaire. Quand à l'identité de celui-ci il ne m'en dit rien. Il ne me semblait pas un mauvais bougre et ses prétentions me paraissaient sincères. Mais je ne pus me résoudre à en rester là, comment quand aucune liste des ventes n'avait été établie, quand tous découvraient au fur et à mesure les objets présentaient lui était venu spécialement venu pour faire cette acquisition. Une intervention de son dieu ? Quelque acte de magie ? Un autre vecteur d'information ?

Je me doutais bien que l'identité secrète de cet ancien propriétaire n'était autre qu'Omanond et qu'un tel savoir devrait faire de ce prêtre une cible prioritaire pour nos ennemis. Comme il s'éclipsait un instant suite à sa déroute sur la vente, j'en profitais pour sortir à mon tour un de mes objets magique. Un casque cornu rappelant celui d'un démon.

Le froid glacé du métal me rappela la noirceur qui l'habitait. Très jeune avant même de contrôler ne serait-ce ma première faculté je percevais déjà les champs et auras magiques qui constituaient sortilèges et objets magiques. Là où il fallait au mage le plus accompli l'usage d'un sort, certes mineur, il ne me fallait qu'un simple effort de concentration pour reconnaître les couleurs chamarrées du spectre de la magie, elles s'offraient à moi tel un arc-en-ciel. De cette facilité à voir et ressentir la magie j'avais non seulement commençait son étude, certes à ma façon, mais de plus j'avais appris à utiliser tout un ensemble d'objet magique unique en leur genre. La magie ayant cela de complexe qu'un mage ne pouvait hélas comprendre les objets saints créés par les prières des prêtres, tout comme ces derniers ne pouvaient activer ceux créés par le Grand Art. Il fallait une formation spécifique et passer de l'un à l'autre n'était pas si aisé. Et cela était ma spécialité. Le casque que je tenais entre mes mains avait cette faculté de dévoiler à son porteur la vérité derrière le voile de toute illusion, aussi puissante ou complexe soit elle. Hélas celui qui avait créé cet objet c'était aussi assuré que seul un être au coeur plus noir que l'ébène pourrait bénéficier de ses pouvoirs sans quoi une partie de sa vie serait instantanément aspirée dans celui-ci.
Je ne sortais cet objet qu'en de rare occasion, sa seule présence pouvant m'apporter des ennuis.

Je cachais mes propres traits derrière une magie d'illusion pour faire disparaître devant l'assemblée le casque etj'utilisais mes talents pour duper l'objet et lui montrer une âme pleine de fiel. Je n'étais certes pas un enfant de Lathander mais toutes choses gardées je n'étais point encore un démon non plus.

Je restais un peu en retrait et je m'attelais à observer attentivement la scène. C'est à ce moment que « l'oeuf d'Asgorath » fit son entrée, je n'étais pas un spécialiste concernant les Grands Ailés et encore moins sur leur progéniture mais l'oeuf ne dépareillait pas vraiment de l'idée que je me faisais de celui d'un gros lézard. Cherchez t'on a abuser les vendeurs ? Quoi qu'il en soit l'oeuf d'un dragon était une pièce déjà assez exceptionnelle en soit, je priais juste les dieux que sa génitrice ne fasse pas irruption ici pour en réclamer la propriété.

Dès l'annonce des premières mises les prix s'envolèrent, les clients intéressés étaient rares mais ils semblaient bien nés et fortunés et nous arrivions rapidement au million de pièces d'or. Je n'avais jamais vu autant d'or gaspillé en si peu de temps. Nous parlions là du trésor d'un royaume entier. Et c'est à ce moment là que je les vis.

Ils étaient deux, un humain richement vêtu et l'autre. Car il n'était pas humain, la magie lui assurait certes l'apparence d'un être humain mais sous ces oripeaux d'illusion se cachait des traits serpentins. Etait-ce l'un de ceux que l'on nommait Yuan-ti ou pire encore ceux que l'on disait leurs anciens maître, les Sarrukhs. Il m'était d'idée que la deuxième solution était la plus plausible, quitte à avoir un ennemi présent autant que cela soit le plus mortel de tous. Je n'avais jamais vu ni l'un ni l'autre de ces espèces et je transmis de suite l'information à Etesien et Chaka.
Hélas comme pour le prêtre d'Oghma je ne reçu pas la réponse escomptée. Ils ne semblaient pas faire grand cas d'une de ces créatures aussi proche de nous. Chaka, l'homme qui ne vit que pour la magie et l'histoire feignait d'ignorer la présence d'une créature qui est la quintessence de ces deux aspects et le traitait comme un vulgaire badaud. Quoi qu'il en était l'homme allait remporté la vente quand une voix s'éleva du fond de la salle dont les simples mots firent déglutir toute l'assemblée.

« J'en offre trois millions de pièces d'or »

 
Tous les regards convergèrent vers l'entrée du bâtiment où une escorte elfe venait de prendre pied, ils s'écartèrent d'un seul mouvement pour voir apparaître une elfe richement, et légèrement, vêtue.Je la reconnu de suite, Yrthraethra Eaoleth une des plus puissantes et influences famille noble de Myth Drannor. Il fallut un instant au commissaire priseur pour reprendre ses esprits avant d'adjuger la vente à la belle demoiselle. Tous étaient sous le choc. L'on disait effectivement cette famille riche mais je ne la savais pas à ce point. Mon regard se porta à nouveau vers l'oeuf. Quel mystère refermait il ? Quel cœur battait sous les méandres écailleux de cette coquille ? Un frison me parcourut.

La stupeur retombait, je rangeais discrètement mon casque et m'avançais pour présenter mes hommages à la dame. Notre statut n'avait rien de comparable et je ne me serais pas permis de la déranger si je ne l'avais pas déjà rencontré auparavant. Car dame Yrthraethra et moi même avions une connaissance en commun et il m'était arrivé d'être en sa présence une à deux fois dans les dernières années. Lors de mon retour en Cormanthyr accompagné de l'infortuné et amnésique Wyvern il y a presque quatre ans, je l'avais d'abord confié à nos prêtres qui l'avait peu de temps après mis au bons soins d'un certain Alayne Llundar. Cet homme s'était occupé quelques mois de Wyvern avant qu'il ne soit mit sous la tutelle de la famille Yrthraethra. Il va s'en dire qu'un puissant jeu politique était derrière tout cela. J'avais eu l'autorisation de visiter quelques fois Wyvern en la présence de Dame Yrthraethra.


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Pourquoi une famille aussi puissante s’intéressait donc t'elle à un simple elfe amnésique, il va s'en dire que la nature même de Wyvern devait les intéressés fortement. Les soins magiques qui lui avait été prodigués avaient ils révélaient qu'il n'était pas de notre temps ?
Mais surtout que ferait une famille aussi influente et proche du pouvoir en place avec la connaissance des années futures. Certes Wyvern n'était pas un lettré mais comme tout elfe il avait du recevoir une bonne éducation et devait au moins avoir un aperçu des grands événements des quelques sept siècles qui nous séparait.

J'avoue n'avoir pas mis assez de soin dans le fait de protéger cet elfe mais je le connaissais à peine et je gardais l'intime espoir que les sages qui guidaient Myth Drannor seraient à même d'user ces connaissances avec parcimonie si un jour Wyverne retrouvait la mémoire. Je continuais donc à visiter Wyvern comme si de rien n'était, comme un simple compagnon d'arme, pour ne pas attirer l'attention. Je me savais dans ces moments là espionné. J'arborais donc ostensiblement pendant mes jours de visites le visage débonnaire de l'efle dandy et insouciant que beaucoup connaissaient ici. Je faisais grand cas de mes tenues, des lieux que je visitais et de mes contacts. Si du moins je ne pouvais protéger Wyvern je pouvais tout du moins protéger ma personne et s'il m'était donné l'occasion de tirer quelques profits et partis de ces rencontres avec la famille Eaoleth je ne m'en abstiendrais pas.
De prime abord je n'avais pas de raison notoire de me méfier d'eux, bien que je le faisais, et je préférais qu'ils aient l'image d'un homme acquis à leur cause plutôt qu'un homme méfiant et scrutant leur agissement. Je ne désirais pas me fermer des portes qui pourraient mettre utiles plus tard.

Je m'avançais donc vers la dame pour présenter mes hommages. Sa garde rapprochée faisait mur pour repousser les indigents. Lorsqu'elle me vit elle fit un léger signe pour leur indiquer de me laisser passer. Ma présence ici ne devait pas la surprendre outre mesure car elle me savait versé dans les objets magiques et artefacts. Quoi de mieux pour un elfe dilatent qu'une vente aux enchères. On  pouvait dire qu'elle savait faire son entrée en matière et d'ici peu toute la ville de Suzail serait au courant de la présence de ces elfes et de leur achat colossale. Bien sur la rumeur empliffirait la chose et l'on parlerait bientôt d'une reine elfe et non d'une simple noble, de magie et de dragons. Il serait peu concevable que la somme déboursée fusse encore exagérée vu les sommets atteints mais l'on parlerait peut être de montagnes d'or et de diamants.  

Je commençais bien sur par féliciter, empreint d'une certaine légèreté, la dame sur sa dernière « emplette » puis m'enquérais des nouvelles sur sa famille. Les nouvelles qu'elle m’apportait sonnées comme un avertissement au creux de mon oreille. Wyverne avait été emporté voici quelques semaines par un démon de Lolth aux portes même de Myth Drannor. La nouvelle de sa mort m'attristait réellement mais je ne pouvais m'ôter l'idée que la présence d'un démon drow si proche de nos frontières ne pouvait être fortuit. Je plaignais la malchance qui eut frappé mon compagnon et je m'étonnais que personne n'eusse eu l'idée de me contacter pour ses funérailles. Yrthraethra  acquiesça à ma remarque et feignit de ne pas comprendre l'absurdité de ce manque de communication. Tous mes sens en éveil je sentais le piège se refermer sur moi. Je retenais l'ensemble de mes émotions et le haut le cœur qui me prenait pour ne pas montrer l'effervescence de mes sentiments. Elle me mentait éhontément et n'en prenait pas plus ombrage que cela. Elle était une habile diplomate mais j'étais encore plus retors qu'elle ne le pensait. Je rentrais dans son jeu tout en soupesant chacun de ses mots. Je ne pouvais rentrer en conflit direct avec elle, sa voix et sa position sociale m'écraserait à coup sur si j'osais émettre le moindre doute sur ses dires. Elle me mentait assurément mais dans quel but, était-elle liée à la mort de Wyverne ou cachait elle simplement une affaire d'état qui me dépassait. Je ne pouvais pas la déclarer tout de go instigatrice de cet assassinat, les choses n'étaient toujours pas aussi simple, mais je me devais de garder cette idée dans un coin de ma tête.

Si Wyvern était effectivement au courant d’éléments cruciaux concernant le futur de Myth Drannor, les sages avaient peut être décidé son élimination pure et simple pour ne pas compromettre la ligne temporel de notre monde. Chaka nous avait à plusieurs reprises mis en garde que trop en savoir sur le futur pouvait avoir des conséquences bien plus grave que le futur en lui même, aussi désastreux soit il.

Qu'en était-il d'Alayne, l'homme a qui Wyvern avait été confié en premier chef. Il me faudrait le contacter, mais par des moyens détournés il ne faudrait absolument pas que j'attire l'attention de quiconque. Si complot il y a, tout à chacun devrait continuer à penser que tout ce sujet est mort et enterré.


La séance touchait à son terme, Yrthraethra s'était retiré et le Sarrukh tout autant, ce dernier en resterait il là je n'étais pas très confiant sur ce fait je prenais donc la décision de surveiller la résidence de la noble elfe. Pour la première fois, Etesien prit mon parti. Le prêtre de Shandakul semblait s'être détendu quand au sujet de ma présence parmi eux et il se montrait sous un nouveau jour. Camarade plutôt jovial il avait semble t'il une place particulière dans le clergé du dieu des voyageurs et pour une fois Chaka semblait faire cas des conseils d'un homme. Ce simple fait méritait à lui tout seul d'être inscrit dans le marbre.

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Nous montions la garde toute la nuit en suspectant un mauvais coup visant à récupérer l’œuf à trois millions de pièces d'or. En vain, rien de bien particulier ne se passa. Pendant ce temps la le Mage s'entretenait avec le prêtre d'Oghma concernant ses sources sur le bâton et la pierre Ioun. Son attention avait été attiré sur cette vente en retrouvant le carnet de voyage où il était fait mention du vol de cette pierre et sa revente par une organisation criminelle du nom de Scabarre, un accord fut trouvé entre les deux concernant un échange futur d'information sur la pierre.

Les choses auraient pu en rester là et notre nouvelle compagnie reprendre la route des mines naines de Tethyamar quand Etestien reçu un message mental d'un de ses congénères pour le mettre en garde contre la disparition d'un autre fidèle de Shandakul. J'appris que voilà quelques huitaines une île avait fait son apparition à quelques embrassées au sud des îles Moonshae. Je connaissais effectivement assez bien ce territoire pour y avoir vécut pour savoir qu'aucune île d'importance ne se trouvait au sud de celles-ci. Le Mage nous entretint d'une possible ruine Batrachie qui devait se trouver dans les environs, les choses coïncidaient elles, nous ne pouvions le dire pour le moment.

J'entretins mes compagnons sur l'importance que nos liens paraissent les plus fugaces possible, moins nos ennemis ne pourraient faire le lien entre nous plus ils leur seraient difficile de faire le lien entre nous. Combien de temps cet subterfuge fonctionnerait il je n'en avais pas la moindre idée mais il nous fallait tout du moins tenter l'affaire. La chose fut entendue et nous décidâmes de prendre des routes différentes pour nous rendre vers notre destination, Athkatla.
De là il nous serait beaucoup plus facile de voguer vers l'ouest et de retrouver le compagnon d'Etesien.

Mes compagnons partirent de leur côté et je décidais pour brouiller les pistes d'utiliser d'abord un portail vers la Porte de Baldur. Mon acte n'était pas innocent, j'avais eu par l'entremise de certains de mes contacts l’information qu'un recrutement de grande ampleur se dérouler sur place opéré par un certain monsieur Lorentz. Je connaissais assez peu sur ce personnage mais suffisamment pour savoir que son offre et son réseau était assez crédible pour mériter un détour.

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Ma présence à la Porte de Baldur fut assez brève, mon entretien avec Monsieur Lorentz assez décevante, ce personnage en attendait trop de moi, me questionnant sur mes facultés, mon réseau, mes objets magiques. Chose assez compréhensible pour un recruteur mais je n'aimais guère dévoiler mes capacités à la première des personne venue, je passais peut être à côté d'un événement important. Mais s'il était aussi important que cela je suis sur que le destin ferait en sorte de le présenter à nouveau sur mon chemin. Mais je pris malgré tout un peu de temps pour prendre des renseignements sur l'identité prétendue de notre ami Sarrukh. Me seraient elles utilises par là suite, nous le verrons bien.


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Le vent soufflait et grondait, et de leur côté les vagues roulaient et se brisaient les unes sur les autres, peu de personnes à part des marins aguerris auraient pu expérimenter un tel paysage, mais nous n'en avions cure. Transformer en nuages même grâce au Miracle prodigué par la magie d'Etesien nous traversions la mer à vive allure pour rejoindre les îles Moonshae. Peu de gens du continent avait un jour posé le pied sur ces terres de légende, ici le mythe rejoignait la réalité. Pendant de nombreux siècles, et encore aujourd'hui, ces îles avait jouit d'une paisible tranquillité loin des affres du continent. Bien sur le Mal n'y était pas étranger mais les âmes de bonne volonté étaient plus présentes ici qu'ailleurs, même si beaucoup vous diraient que ces îlots n'étaient habités que par de sanguinaires barbares au mœurs étranges. Mais ne redoutions nous pas ce qui nous était étranger. La plus part des grandes guerres avaient débuté ainsi, à part peut être celles fomentées par un frère ou un cousin jaloux ou quelques douteuses coucheries. Part l'ignorance.


J'avais vécut un temps ici, poussé par mon envie d'en découvrir d'avantage sur moi même et sur mon héritage féerique. J'avais beaucoup appris au contact des miens vivant ici que les autochtones nommés « LLewyr ». Tout à chacun ici vénérait la Déesse, une force créatrice à l'origine du monde, de ce monde, de leur monde. Car bien souvent les hommes et les femmes vivant ici faisaient une différence entre la vie sur ces îles et celle sur le continent. Et je ne pouvais qu'aller en leur sens, la vie ici ne ressemblait à nulle autre. Au delà des mers, elle était communément appelée Chauntéa mais ici ils l'appelaient la Déesse ou la Mère de Toutes Choses.  Son emprise sur ces terres ne trouvait ailleurs nul comparaison et la vie y était foisonnante.

Ces îles vivaient au rythme de deux mondes, celui de Toril et celui de la Féerie. Passer d'un à l'autre y était très aisé et beaucoup de créatures y vivant ne faisaient pas la différence entre l'une ou l'autre terre.

Nous retrouvâmes à la pointe de Gwyneth un des compagnons d'Etesien, celui là même qui l'avait alerté quand à la disparition de leur frère parti explorer l'île émergée. La rencontre fut assez brève, il nous confia que plusieurs bateaux était partis vers l'île mais d'aucun n'y était revenu. La décision de nous y rendre fut tout aussi rapide.

A nouveau aidés des miracles de Shandakul nous voguions à travers les nuages vers notre destination. Elle se trouvait là, émergée d'à peine quelques pouces au dessus du niveau de la mer, une île entière recouverte de quelques bâtiments moussus et parsemés d'algues et de lichens. Mais elle n'était pas pour le moins inhabitée. Tout comme nous volait au dessus de l'île un dragon d'un rouge rubis sombre, son immense silhouette se distinguait tant dans les airs que par l'ombre qu'elle projetait sur les ruines. La prudence était de mise.

Nous n'étions arrivés que depuis quelques minutes à peine que l'île commençait déjà à s'enfoncer dans les eaux bouillonnantes. Quelle magie grandiose avait pu faire resurgir cet amas de pierre du fond des océans, qu'importe qui était notre présent ennemi sa maîtrise du Grand Art était colossale. Nous étions encore en train de parlementer sur nos décisions futures quand la ligne d'un bateau s'éloignant de l'île se dessiner à l'horizon, suivi de peu par le dragon celui-ci l'escortait visiblement. Nous n'avions que peu de choix devant nous, il nous fallait rattraper cet barge et espérer y retrouvait le compagnon d'Etesien sans trop de heurt.

Bien qu'escortant le navire, le dragon restait à bonne distance de celui-ci ce qui nous permis de nous approcher et d'inspecter en volant ses abords. Notre surprise fut totale. A son bord se trouvait toute une garde Sarrukh armée et vigilante. Que venaient faire ces créatures ancestrales dans cette affaire, qu'avaient ils extrait des méandres de cette île. Un puissant utilisateur de la magie se trouvait parmi eux, la chose était claire.

Nous parlementions encore de longues minutes sur notre marche à suivre, comme à son habitude le Mage se montrait plus que que réservé sur un potentiel accostage de nos ennemis. Il faisait nuit, ils se croyaient loin de tout et protégés par un dragon, pourquoi se sentiraient ils en danger. La surprise étaient notre plus grande alliée. Après encore quelques jérémiades, Chaka conclus qu'il ne bougerait pas le petit doigt dans cette affaire et resterait à l'abri au sein d'un espace extra dimensionnel. Une partie de mon être ne pouvait que louer sa prudence mais l'autre se révolter devant tant de lâcheté.

Ils n'étaient pas plus que de gros lézards bipèdes. Tout du moins j'essayais de me rassurer de la sorte et j'implorais les dieux de nous éviter un conflit direct avec ces créatures venus des temps oubliés de notre monde.

A nouveau le Marcheur des Vents se porta à mon secours et décida de me suivre dans cette aventure, nous userions nos facultés de déplacement instantané pour nous infiltrer sur le navire et en ressortir avant d'y avoir été vu. En y repensant maintenant et avec la facilité avec la quelle nous avons libéré les deux captifs se trouvant sur le navire j'ose à penser qu'une escarmouche aurait pu pimenter un peu le jeu.

Quoi qu'il en soit nous étions vivants mais de nouveaux mystères se présentaient à nous. Le fidèle de Shandalul secouru et son compagnon était amnésique, tout souvenirs de leur aventures sur l'île leur avaient été enlevé.

evrat

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