Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Partie 4 - Lhesper : rencontre Chaka/Azgad

Aller en bas

Partie 4 - Lhesper : rencontre Chaka/Azgad

Message  le moine noir le Jeu 20 Mar - 15:25

Kythorn 643 DR

5- Chaka reçut un sending de... Marty ! Ce dernier souhaitait le rencontrer d'urgence. Il avait en sa possession un objet qu'il se disait prêt à lui céder. Pressé par Chaka d'en révéler un peu plus, il évoqua dans un second sending une "clé"  capable d'ouvrir une "prison". Chaka comprit immédiatement les enjeux et proposa une entrevue à Lhesper, l'ancienne capitale de l'empire.

La taverne « Les trois mages » était située dans une petite rue tranquille, à proximité immédiate de la guide de magie de Lhesper. C'était un endroit fréquenté à toute heure de la journée. Une ambiance chaude, une clientèle d'habitués, même si on y pouvait aussi rencontrer quelques nouvelles têtes, des intellectuels étrangers, visiteurs de la guilde, porteurs de nouvelles du monde. Le propriétaire des lieux, Cairn, un homme corpulent, toujours en forme, jovial et jouisseur, était un ancien aventurier, barde de formation. Il connaissait personnellement tous les mages de la guilde, ou presque, et savait les soigner.

Le décor était de bois massif et de pierre. La salle, plus longue que large, comprenait une vingtaine de tables rondes et rectangulaires, certaines au centre, d'autres dans de petites alcôves pour plus d'intimité. Le comptoir était situé en face à l'entrée. Le long du mur gauche, deux portes battantes offraient la vue d'une cuisine simple et plutôt étroite, d'où émanaient de bonnes odeurs, chargées d'épices. La bière, servie très fraîche, coulait à flot, tandis que le vin, grenat, capiteux et tenace, faisait la fierté du tavernier. Une estrade s'élevait, face à la cuisine. Là, il n'était point rare que des groupes de musiciens divers s'exécutassent en soirée, des amis de Cairn le plus souvent, de passage à Lhesper. Une large cheminée était placée à la gauche du comptoir, utilisée pour chauffer ou pour cuire les viandes. Le feu y était accueillant et toujours crépitant.

7- Lhesper. Une chaude journée de printemps dans l'ancienne capitale de l'empire. Le soleil était à son zénith lorsqu'une fine et haute silhouette sombre, emburée et encapuchonnée, sortit de la guilde de magie, descendit les marches du parvis, traversa la grand place, tourna à l'angle et emprunta une petite rue. Quelques pas, la silhouette marqua un temps d'arrêt et entra dans la taverne "les trois mages". Les quatre collègues, à qui, en fin de matinée, lors de son arrivée à la guilde, le Moine Noir avait demandé d'être présents, par mesure de sécurité, étaient déjà attablés aux quatre coins de la grande salle et discutaient tranquillement avec d'autres confrères.

De sous son capuchon non rabattu, Chaka glissa quelques mots à Cairn. Alarmé mais suffisamment fin et prudent pour n'en rien laisser paraître et ne pas poser de questions, ce dernier hocha la tête et indiqua une table dans une petite alcôve près de la cheminée. Le mage traversa la pièce, passa par les latrines pour se soulager, en revint quelques minutes plus tard, et s'installa tranquillement. Cairn apporta un pichet et un verre. Chaka commença à siroter le délicieux breuvage, savourant son goût unique. Il sortit sa pipe, la bourra, et l'alluma. Il était aux aguets, attentif à la moindre manifestation suspecte. La porte de la taverne s'ouvrit à nouveau...

Et c'est Azgad qui rentra et s'approcha de Chaka qu'il avait aisément reconnu.

Chaka (interloqué, le souffle coupé, il en lâcha sa pipe) : Toi ? Mais comment ?

Azgad s'assit à la table du mage. A en juger par le large sourire qu'il arborait, le sorcier était content de son petit effet. Il se posa devant Chaka, les coudes sur la table et les mains jointes, paume contre paume, le bout de ses doigts frottant son menton. Quelques instants passèrent... les deux hommes s'observèrent en silence... Azgad ne semblait pas perturber de ne discerner, sous le capuchon de son interlocuteur, que les pâles reflets d'un visage allongé qu'on imaginait sévère et une paire d'yeux qui brillaient d'un éclat rougeoyant (effet de sort). De son côté, le Moine Noir se rendit compte qu'il n'était pas aisé de soutenir le regard lourd et perçant d'Azgad. Nombreux devaient être ceux qui avaient dû baisser pavillon devant la détermination du jeune sorcier. Jusque là, Chaka avait considéré le frère de Ténaris comme quantité négligeable. Il réalisa à cet instant son erreur. Une chance, il n'était pas trop tard. Mais il s'en voulait un peu : il y avait eu des signes, de nombreux signes... Chaka appliqua les techniques de maîtrise apprises lors de sa formation et redoubla de concentration. Aidé par la magie, le Moine Noir savait comment "fermer" son esprit.

Azgad se recula sur son fauteuil et l'ambiance devint moins pesante. Il attrapa le pichet et se servit un verre de vin. Toujours aucune parole n'était sortie de sa bouche. Il vida son verre d'une traite et le posa sur la table bruyamment.

Azgad (en regardant l'assemblée) : Il n'y a pas à dire, les mages savent bien vivre ici.

Il ne manqua pas de voir quelques personnes bien attentives à ce qui se passait à la table et qui avaient bien du mal à donner le change. Il leur fit un clin d'œil et un grand sourire. Puis il se tourna vers Chaka, s'approcha de lui et d'une voix proche du murmure.

Azgad : Marty s'excuse pour ne pas être là en personne. Il aurait beaucoup aimé te revoir mais actuellement, avec tout ce temps passé, il préfère rester prudent tant qu'il n'est pas sur de tes intentions. Nous nous connaissons peu il est vrai toi et moi. Disons que pour le moment, j'aimerais que notre rencontre reste discrète, notamment vis à vis de nos autres compagnons. Et vis à vis de ton compagnon Marty, considère moi comme son intermédiaire.

Chaka ramassa sa pipe sans quitter Azgad des yeux. Le tabac s'était répandu sur le seul. Il écrasa de son pied les cendres fumantes.

Chaka (voix basse, ton posé) : Cela ira pour cette fois. Efface ce sourire satisfait, je te prie. Tu n'as vraiment aucune idée de la dangerosité de l'individu avec qui tu t'entretiens présentement, ni de l'endroit où tu te trouves.

Le sourire d'Azgad s'évanouit suite aux paroles de Chaka.

Azgad : En effet, tu es sur ton terrain. Jouons selon tes règles alors.

Chaka : Marty a peut-être eu raison de ne pas se montrer. Mais si tu es son intermédiaire, tu lui diras qu'il n'a rien à craindre de moi. J'étais et je reste son frère. A la vie, à la mort. Chacun a choisi sa voie. Et chaque voie est périlleuse. Et maintenant, je crois que tu dois me remettre un objet.

Azgad : Les informations en ma possession sont bien trop sensibles pour en discuter ici. Disposes-tu d'un abri dimensionnel où nous pourrions échanger en toute tranquilité ?

Chaka (toujours à voix basse, mais avec une légère pointe d'agacement) : Nous sommes parfaitement tranquilles ici. Personne ne sait ce dont on discute. Ces gens autour de nous sont des collègues. Je les connais, ils me connaissent. Ils n'ont cure de mes affaires. Et moi des leurs. Allez, sois raisonnable, montre-moi cette fameuse clé afin que je l'expertise. Ou dois-je contacter mentalement Marty pour qu'il t'en donne lui-même l'instruction ?

Azgad : Je ne peux pas mentionner ce que j'ai à dire devant cette assemblée, l'affaire est trop sensible.

Il regarda autour de lui suspicieux.

Azgad : Je me dois d'insister sur l'urgence de la situation. Si tu n'as pas d'abri magique, je peux en créer un ; ou nous pouvons nous isoler en louant une chambre.

Chaka : Je n'ai pas l'intention d'échanger longuement avec toi, sorcier. C'est la clé que je veux, uniquement la clé. Comme convenu dans le message. J'espère pour toi que Marty ne m'a pas menti et fait déplacer pour rien.

Chaka fit un signe à Cairn, qui ne tarda pas à arriver.

Chaka : Cairn, cet homme et moi devons nous isoler un moment. La salle que tu réserves d'ordinaire à la clientèle pour les affaires.. privées dirons-nous... est-elle disponible ? Si oui, je l'emprunterais volontiers quelques minutes...

Plus tard, dans ladite pièce. Azgad demanda l'autorisation de procéder à une détection de la magie. Chala donna son accord. Rassuré, le sorcier commença à parler.

Azgad : Marty souhaite que vous vous rendiez tous les deux à la cité pour l'activer grâce à l'orbe de Nezram que tu possèdes et l'étudier. Marty veut que tu saches que Damian est effectivement l'élu, qu'il est très fort, trop fort, et qu'il ne voit pas les choses comme lui. Damian veut l'orbe lui aussi. Tôt ou tard, il mettra la main dessus, ce n'est qu'une question de temps. Marty veut profiter du moment présent où le regard de l'autre est tourné vers les plaines pour agir et lui damer le pion.

Chaka digéra ces révélations et réfléchit. Comment Marty pouvait-il être si bien informé sur ses dernières actions, sur certains aspects de ses plans ? Cela ne pouvait venir que de cet Azgad qui avait côtoyé le groupe pendant une courte période mais pouvait avoir compris bien des choses compte tenu de sa sagacité. Il se promit de tirer cela au clair dès que possible. Les jours d'Azgad étaient comptés.

Chaka : Je n'ai pas l'intention de réactiver la cité imaskari avec tous les vautours présents dans son voisinage immédiat : Damian et les Fils du Ver Pourpre, les Drows, Marty. L'objet est en ma possession. Tant que je le garde, la cité, inerte, n'est d'aucune utilité pour personne. Je ralentis tout le monde : j'ai la maîtrise du temps. Sois enfin assuré que je préfèrerais détruire cet objet plutôt que de le voir en possession de Damian.

S'en suivit quelques commentaires d'Azgad sur les diverses options du Moine Noir et de Marty. En retour, Chaka posa de nombreuses questions pour sonder, à travers Azgad, le niveau de connaissances de Marty sur l'orbe, la cité, et la clé. Il s'avéra que Marty, et donc Azgad, étaient bien informés. Finalement, lassé par le verbiage du sorcier, le mage abrégea la discussion.

Chaka : Ecoute-moi bien, sorcier. Marty sait qu'il ne peut négocier avec moi. Je renverse les termes de l'accord. Que Marty me remette la clé et je consentirai à détruire l'orbe afin que Damian ne puisse jamais en disposer. Quant à toi, je pense que tu as une mission dans les plaines, Ténaris te fait confiance.

Azgad : Ce qu'il adviendra dans les plaines n'est que de faible importance en comparaison de ce qui se décide ici.

Chaka : C'est ton point de vue, je ne le partage pas. Si toi ou Marty voulez être utiles, faites votre possible pour anéantir les Fils du Ver Pourpre et Damian s'il les accompagne.

Azgad : Alors tu refuses l'accord de Marty, tu es bien sûr ?

Chaka : Je t'ai répondu. Que Marty intègre dans sa réflexion qu'il est très seul. Je lui propose de me rejoindre. Je pourrai assurer sa protection ainsi que celle de la clé.

Azgad : Je lui rapporterai tes propos.

Les deux hommes sortirent de la pièce. Azgad disparut. Remontant l'escalier, Chaka déboucha dans la salle principale. Il glissa une petite bourse dans la main de Cairn, puis sortit de l'établissement et regagna la guilde de magie. Quelques instants plus tard, chacun des collègues qu'il avait sollicités se voyaient apporter par le tavernier une bonne bouteille de vin.
avatar
le moine noir

Messages : 478
Date d'inscription : 02/12/2007
Age : 43
Localisation : France

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum