Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Partie 2 - Le temple caché de Myrkul

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Partie 2 - Le temple caché de Myrkul

Message  le moine noir le Sam 8 Déc - 11:02

Le 10 Eleint 639 DR, Chaka, Enguerrand et Aryon revinrent à Lhesper par le portail de téléportation de la guilde de magie. Ils y retrouvèrent Marty qui, de son côté, n'avait pas perdu son temps (voir chapitre 6, partie 1). Enguerrand retourna à Kormul assez rapidement, non sans avoir, au préalable, organisé une rencontre avec Mogilny, de l'ordre de l'Ibis, qui disposait de nouvelles informations concernant le "réveil" d'Agathe d'entre les morts : pour l'elfe, le responsable était Galeotti, le prêtre de Savras. Il en profita pour leur présenter un autre membre de l'ordre, un elfe d'une noble famille de Cormanthor,Yondaëlle Le'Quella.

Nuit du 11 au 12 Eleint 639 DR

Dans la nuit, Marty, Yondaëlle (une nouvelle et précieuse recrue) et Chaka visitèrent le temple de Savras selon la suggestion de Mogilny. Les étages supérieurs étaient étrangement déserts. Au rez-de-chaussée, ils ne tardèrent pas à découvrir un escalier qui s'enfonçait dans les profondeurs de la terre. Ambiance lugubre, étouffante. Les couloirs s'enchainèrent qui bientôt devinrent catacombes. Ils débouchèrent finalement dans une crypte au fond de laquelle se trouvait un mur de crânes qui cachait un mécanisme secret...



Une fois activé, le mécanisme révéla un sombre couloir menant à un temple caché de Myrkul, le Seigneur des Ossements ! Un lieu sinistre aux décorations macabres, dans lequel l'odeur de la mort planait... Bien préparé, sûr de sa victoire, le maitre des lieu les attendait : le Deathbringer Mordicus, un squelette en armure qui maniait une faux impressionnante ! Et Galeotti était sa créature...



Mais Mordicus et Galeotti ne faisaient pas le poids en face des trois autres. Et les quelques dizaines de squelettes qu'anima le prêtre ne modifièrent en rien l'issue du combat, pulvérisés en l'espace d'un instant par un déluge de flammes provoqué par Chaka.

Testament d'Andres Galeotti, celui qui savait…

Aussi loin que ma mémoire remonte, j’avais rêvé de cela. Que les gens parlent de moi. Etre reconnu. Etre quelqu’un qui compte comme les gens disent ici. Que n’ai-je sacrifié pour cela !!! Je vous ai tout donné. Mon temps, mon énergie, mon argent, mon… humanité ?

Agrid m’avait mis en garde dans mes jeunes années. Quand mon talent me faisait déjà tutoyer les hautes marches de l’académie de magie; « bien plus dure encore que l’échec est la chute ». J’entends encore cet homme qui n’avait rien réussi de sa vie me mettre en garde. Que pouvait-il connaitre de l’échec ou de la réussite, lui qui peinait à nous donner à manger mère et moi.

« Ses capacités m’auront bientôt dépassé » s’aimait à répéter Bilar mon vieux maître. Je voyais la fierté dans les yeux de ma mère. Ceux d’Agrid ne renvoyaient que de la jalousie pensais-je alors. Je comprends maintenant que ces yeux n’étaient pas faits de jalousie, mais de pitié. Le même regard que lorsque nous partîmes avec mère pour le sud. Il aurait voulu me mettre en garde, me protéger. Il en fut incapable, il était trop tard. Quand nous arrivâmes à Lhesper, mère avait déjà tout planifié. Mon entrée à l’académie, mes études couronnées de succès et une foule de soupirants qui voudraient s’attacher les services de son fils surdoué.

C’est alors qu’arriva Mathilda. Mathilda était une femme du Shaar. En elle le caractère féroce et sauvage soigneusement voilé par une coquille de légèreté et de sensualité. Tous cherchaient à s’attirer ses faveurs. Seul celui qui dépasserait les autres les obtiendrait. Ce fut mon moteur durant tout mon service. Devancer les autres, être au dessus du panier. Faire qu’elle n’ait personne d’autre à regarder. Avec tout ce que cela pouvait comporter. S’isoler notamment. Nous fumes heureux comme cela. Ensemble, c’était tout. Les autres étaient là pour contempler notre bonheur et nous jalouser. Rien d’autre. Comme cette mère qui me crut perdu aux bras d’une quelconque fille de rue. Comment lui faire comprendre ? C’était elle ou toi Mathilda. Mais qui pouvait me demander un tel choix ? De quel droit ?

Mère, moi qui pensais que tu m’aimais…

Chaque jour depuis, j’ai maudit ce jour de pluie. Celui de l’accident. Quels dieux avait on irrité ? Pourquoi nous ? Pourquoi moi ?

Comment vivre sans toi Mathilda ?

Je voyais bien leurs regards. La jalousie avait laissé la place à la haine et le rejet. Ils étaient contents de me faire payer notre bonheur passé. Celui où l’on avait pas besoin d’eux. Je comprends maintenant que ce fut ce jour là de la pitié. Si seulement je l’avais compris avant… Anéanti, je ne trouvai point de porte de sortie.

C’est alors que j’avais décidé de te rejoindre qu’il apparut. Sans lui pas de salut. Je dus me résoudre à faire comme il l’entendait. Point par point. Tel en était le prix.

Pour te revoir, mon amour…

Les choses furent telles qu’il l’avait dit. Je repris goût à la vie, les autres me respectaient de nouveau et j’étais parmi ceux qui comptaient. Seul toi me manquais. Les rares moments partagés étaient toujours trop courts. Il me disait que cela changerait avec le temps. Qu’il fallait être patient. Mais plus le temps passait et plus je m’enfoncais dans cette prison où la sortie semblait impossible. Du moins pas celle à laquelle on pense en premier. Aussi, quand le processus échoua, je savais que mon destin était scellé. Plus jamais je ne sentirai mon cœur se serrer, plus jamais je ne sentirai ton étreinte. Plus jamais ton doux regard ne se poserait sur moi. Je ne serai plus rien. Je serai moi aussi, mort.

Je me suis longtemps demandé comment j’avais pu tenir toutes ces années. Ce n’est que maintenant que j’ai trouvé la réponse. Le courage... Celui dont je débordais quand je t’ai rencontré et qui s’est étiolé au fur et à mesure que je t’ai aimé. Jusqu’à tellement avoir peur de te perdre que je t’aurai à jamais gardé près de moi.

J’ai une pensée pour toi Agrid. Je ne t’ai jamais aimé pas même apprécié. Je ne t’ai en fait jamais connu. Je le regrette… terriblement.

Une pensée pour toi aussi Mère. Toi qui fut toute ma vie pendant que je devenais un homme. J’aurais aimé être ce que tu attendais de moi. Etre à la hauteur. J’aurais si souvent voulu t’avoir près de moi, à mes cotés…

Je n’en veux à personne sinon à moi. Mais je n’aurai pas de seconde chance cette fois. Je rends un dernier service à ce monde en confiant mon âme à Jergal, puisse-t-il la guider la où elle pourra aider. Ma dernière volonté sera de te retrouver dans cette mort ou une autre puisque comme ils disent, l’âme ne saurait connaitre le repos…

Andres Galeotti, celui qui croyait savoir…
avatar
le moine noir

Messages : 478
Date d'inscription : 02/12/2007
Age : 43
Localisation : France

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum