Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Partie 1 - Un long voyage vers l'est

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Partie 1 - Un long voyage vers l'est

Message  Admin le Lun 27 Aoû - 15:36

Recit d'Enguerrand Maupertuis Shieldheart

Aryon Martell, accompagné de Chaka et Aragnel me rejoignentà Kormul.

L’autre prêtre du Soleil n’est plus avec eux, mais je pensele revoir un jour, pour peu qu’il tienne sa promesse de demeurer dans le Shaar,à disposition… C’est une bonne idée qu’a eu Aryon le concernant. Il vaut mieuxfaire de nos rencontres des alliés futurs.

Quand à la curieuse et suspicieuse guerrière, nous lareverrons peut-être également, une fois qu’elle et sa mystérieuse organisationauront compris le sens de l’histoire ou tout simplement leur intérêt...

Les quelques jours passés à Kormul me permettent de conforter ma position de régence.
Je sais bien que « Père », qui ne tardera pas à sortir de son isolement, m’observe derrière les vitraux de sachambre.
Théodore n’a jamais vraiment été intéressé par les fonctions qui vont avec nos positions. Par contre, comme meneur d’hommes d’armes, il est très bon. Qu’il ait vu par lui-même ce qu’il en était des gnolls, suffisamment organisés pour s’encanailler avec une liche, lui fait considérer sous un autre jour l’avertissement que nous avait tenu Ténaris ici même, quelques semaines plustôt. Même s’il n’est pas tout à fait convaincu, il comprend que nos garnisons doivent être bien préparées. Le moment viendra où il faudra défendre notre terre… Ou en annexer d’autres.

Nous allons partir demain vers la tribu de Stilicon. Même si je ne le fais pas de gaité de cœur, je mise sur Ténaris Manteaulion, qui a toutes les qualités pour être un futur chef « éclairé » des tribus. Cette population ne devra pas être négligée de l’échiquier politique quand viendra l’après Angarath. Nous avons une conversation sur son père, et je l’interroge sur sa détermination. Après tout, au sens propre ou au figuré, un garçon doit tôt ou tard « tuer » son père pour s’accomplir.

Je vois du coin de l’œil qu’une ombre passe sur le visage d’Aryon. Etrange…

Après mûres réflexions, j’informe mes compagnons que le chef de l’Ordre d’Ibis m’a appris que Galeotti était à l’origine du réveil d’Agathe en mort-vivant. Aryon irait volontiers lui dire deux mots sur le champ. Mais non. Nous ferons ça en étant préparé car cette ordure n’en demeure pas moins une figure publique de Lhesper. A cet effet, j’envois Klaus à Lhesper dans le but d’espionner et de glaner quelques informations sur les habitudes de Galeotti, le pseudo devin du temple de Savras.

Il y’a aussi le cas de la câtin Calliste. Seul Chaka est au courant de son rôle dans la mort de ma sœur. Pendant que j’étais seul avecTénaris, je l’ai également mis au parfum. J’ai bien vu qu’il avait mal vécu son… meurtre. Aryon aussi, mais son impétuosité et le vacarme de son armure de guerre martelée de ses armoiries, me semblent contre-indiqué pour une actionrapide et discrète.

Nous échangeons parfois avec Chaka sur la méthode que nous emploierons pour l’atteindre. Il m’a dernièrement confié être surpris que je n’en fasses pas une absolue priorité. En vérité, il lui plait davantage que je sois froid et calculateur. Je n’ai pas l’habitude d’être un sanguin, préférant l’afflux phallique à l’obscurcissement du cerveau… Ceci dit, je pense que je ne dédaignerais pas l’idée d’étrangler de mes mains cette femme par trop bien conservée. Mais ce serait gâcher toute créativité.

Une autre priorité est de nous rendre chez les Maerildarraine sans trop tarder. D’autant que d’ici un mois, mon frère ira là-bas pour divers préparatifs pour son union prochaine avec Hamat. Quelle ironie… A croire qu’il est né pour être un bon toutou. D’abord celui de notre père depuis son plus jeune âge et il en sera assurément de même avec elle. Nous verrons cela avec Seerenrea, je suis convaincu qu’elle est une visionnaire.

C’est à dos de destriers fantômes, que nous devons aux pouvoirs toujours grandissants de Chaka, que nous parcourons les routes à une vitesse prodigieuse.

A l’écart des grandes villes, Ténaris mets les choses au clair avec Aryon et relance le sujet de l’épée. Aussi importante soit-elle,fut-elle douée de raison, sa seule existence est une menace pour nous tous. Que l’empire apprenne sa présence et nous serons rayés de la surface du Shaar, c’est certain. Il faudra de longs et laborieux échanges pour que nous obtenions d’Aryon qu’il respecte ses engagements concernant la dissimulation de cette supposée tueuse d’Ashardalon, dans le fourreau doublé de plomb que nous avons fait fabriquer dans une forge de Kormul.

Chaka, fidèle a lui-même, a soufflé le chaud et le froid sur ce sujet, sans doute pour ne pas braquer le paladin, qui ne semble plus le même dès qu’il est question de l’épée. Il me glisse en catimini qu’il est heureux qu’Aryon ait le dessus sur cette chose… en souhaitant que cela dure.

Au lendemain, notre halte suivante est à Rethmar.

Je rends visite au négociant en vins qui est le fournisseur exclusif de la Nef du Ciel dans le but de devenir associé. Il se fait bien sur désirer pour traiter. Mais on ne dit pas non à l’argent que j’apporte à son affaire. Tout comme on ne dit pas non à l’éventualité de se voir attribuer le marché du prochain fastueux mariage de la puissante famille d’Ormpur…

Ensuite, je vais seul, rendre hommage à mon oncle, LouisMaupertuis. Après nous être recueillis sur les sépultures de son frère et de ma mère, il est temps de lui parler, même si ce sera dur à entendre.

Il comprend à mes premiers mots que je ne suis pas tendre avec Barathéon, mon père, et m’invite à plus de clémence. Mhh… la sagesse vient sans doute avec les années, à moins que ce soit son état de santé de plus en plus dégradé qui le pousse à voir favorablement le monde qui l’entoure.

« Mon oncle, restez assis. Buvez votre remède et écoutez moi. Jusqu’au bout.

Notre condition de nobles de grande famille est accompagnée d’obligations. Au nombre de celle-ci, il y’a eu le mariage de ma mère –votresœur-avec Barathéon Shieldheart.
Etait-elle heureuse ? Non et vous lesavez. Qu’a cela ne tienne, ce n’était ni le premier ni le dernier mariaged’intérêt du royaume.
Qu’a fait Barathéon du patrimoine De Maupertuis ? Ila commencé à le siphonner. La splendeur de notre famille a financé quelques obscures campagnes militaires pour perpétrer l’héritage martial de son auguste aïeul. Et quand il n’y avait personne avec qui guerroyer, sur qui pensez-vous qu’il s’adonnait à assouvir ses penchants violents ?

* Silence *

Votre sœur a toléré beaucoup mais je crois que cela était de trop. Déjà, elle devait confier ses enfants à une nourrice qui était la maitresse de Barathéon. Oui, vous savez de qui je parle. Elle lui a même donné un enfant illégitime qui fut élevé parmi nous, profitant des largesses de son père. Faites appel à votre mémoire… N’aviez vous pas remarqué son comportement par trop affectueux avec Aragnel ? Malgré cela, Helène fut toujours bonne avec ce garçon. Si ce n’était sa compassion, il ne se serait surement jamais tourné vers l’église.

* Enguerrand dégrafe sa chemise pour découvrir un pendentif qu’il met dans les mains de son oncle et une chemise de mailles d’une finesse exceptionnelle. Louis serre de ses mains tremblotantes le médaillon qu’il reconnaît, la larme à l’oeil *

…Quand Helène a compris que son infinie tristesse aurait raison de son souffle de vie, elle nous a donné ceci : à Agathe, l’amulette de santé et à moi, l’armure invisible. Elle les avait soustrait à Barathéon pour… pour qu’il ne les vendent pas.

L’armure ne m’a toujours protégé, mais son amour si. Maisnous… nous étions trop jeunes pour protéger notre mère…

* longue pause, durant laquelle Enguerrand tiens les mains de son oncle *

Ce n’est pas tout. Hélène n’a pas été la seule à souffrir de la famille Shieldheart…
Non, je ne parle pas de moi. A force d’insistance, j’ai fini par découvrir un lourd secret. Ce qu’on vous a dit sur la mort de votre frère n’est pas… la vérité.
Il n’a pas été attaqué dans les rues de Lhesper par des malandrins en sortant d’une fête mondaine.
Théodore, le seul fils que reconnaisse Barathéon, le fils qui est à son image, à abusé d’alcools dans ce qui était en réalité une soirée privée de beuveries. Il a eu un différent avec votre frère. Le ton est monté et… il l’a tué. Oberyn Martell était présent. Il s’est occupé du « silence » des filles de joie, on ne l’appelle pas La Vipère pour rien…

* Enguerrand nelaisse pas le temps à Louis de réaliser et reprends *

Pour protéger son fils, quand Agathe fut en âge, Barathéon l’a donné en mariage à cet homme. Et pour quel résultat ?

* Enguerrand pose sur la table des actes notariaux *

Ceci est la dote qu’a malgré tout donné Barathéon à La Vipère. Voyez. Là, là. Et ceci ! Ma sœur, votre nièce, à été tuée quelques heures après un mariage qu’elle n’a jamais voulu et les Martell prennent possession de biens qui ne leur appartiennent pas.

* Enguerrand relève la tête, les yeux rougis *

Voilà qui estvraiment Barathéon et son engeance. Ils ont tué ma mère, ils ont tué mon oncle, ils ont tué ma sœur.

* Louis Maupertuis a les yeux embués, pose une main tremblante sur sa poitrine, peine à réaliser puis se demande que faire. Enguerrand reprend l’amulette posée sur la table et la remet à son cou *

Mon oncle, moi vivant, je ne laisserais jamais le nom des De Maupertuis disparaître.
Mais… il n’y a plus que nous deux désormais. Et votre état… Malgré toutes nos prières,je ne me berce pas d’illusion. A votre décès, vos terres, nos gens, tout ira àBarathéon. Il les donnera surement aux Maerildarraine en cadeau de mariage.
Mais il y’a une solution, je crois…

* Louis Maupertuis relève la tête, interrogateur *

…Confiez moi ce qui est notre. A l’appui d’un testament indiscutable, vous pourriez me nommer comme votre successeur.
Je connais bien Rethmar. Je connais bien vos comptes. J’apporte mon aide à votre régisseur chaque fois que je viens vous voir. Je viens d’acquérir les vignobles d’unproducteur local, avec mes appuis, je veux développer notre agriculture. J’ai des idées pour cela. Je connais personnellement le prêtre de Chauntea, je vaisle prier de venir plus souvent officier sur nos terres.

* Enguerrands’interrompt *

Mais je m’emporte. Vous devez vous reposez. Vous devez y réfléchir.

* Puis calmement *

On ne pourra pas ramener ceux qui nous ont été pris. Pas plus que je ne fais aucun vœu de vengeance.
Mais je veux faire tout ce qui est en mon pouvoir pour faire vivre notre nom et tout ce que cela implique. »

Louis est encore secoué. Il faudra un peu de temps pour me donner sa réponse. J’espère qu’il prendra la bonne décision.
Mais ce n’est pas comme si il avait d’autres choix.

Plus tard, Aryon mefait part d’une idée qui fait un bonhomme de chemin dans sa tête : Et si ce que nous vivions aujourd’hui était l’opportunité pour lui de prendre dehautes responsabilités ? De l’ambition : à la bonne heure !

J’accueille ses confidences et sa confiance d’une grande accolade, geste peu usité parmi la haute noblesse, et le regarde sous un jour nouveau.

« Oui, lui confirmes-je, du chaos qui s’annonce devra s’annoncer un renouveau. Nous avons tous la possibilité de rendre cela possible. Je t’aiderais, mon frère. »

Plus tard dans lasoirée, je reviens sur mes derniers mots avec lui.

« Tu sais, Aryon. Quand je te dis « mon frère », ce mot doit être précisé. Précisé dans le sens que je veux lui donner. Il ne s’agit pas des répétitions litaniques d’Aragnel qui dans son obédience voit tout le monde comme un « frère ». Il ne s’agit pas non plus de frère dans le sens familial, comme descendant de mêmes parents. Je te parle de choix. De choix libre et conscient, de choisir à qui je peux me fier…

…Je dois te parler de nos frères. Je dois te parler d’Obéryn et de Théodore ».

Alors, je lui parles de tout ce que je sais sur eux deux. Et je lui confie mes craintes concernant Obéryn. Contrairement à Théodore, il n’est pas idiot et il a surement pour lui-même des désirs d’ascension, mais contrairement au souhait d’Aryon, ce ne sera pas pour le bien du peuple mais pour son seul désir de puissance.
De ce que j’entrevois, il est probable qu’un jour viendra… ou il devra l’affronter.

Nous reprenons lelendemain notre chevauchée après une énième nuit dans une poche dimensionnelle.

En fin d’après-midi, nous atteignons Channathgate. Nous retrouvons le grand-prêtre de Chauntéa qui nous apprend l’existence de quatres obélisques : une détruite à Blaskaltar, une au pied des Rathgaunt Hills, une entre Riftwood et Delzimmer et une à coté du Lac Salé, au nord est. Il nous confirme notre rendez-vous, au début du mois prochain, avec l’Enclave d’Emeraude.

Je pense que Chaka aimerait faire un bon dans le temps dans l’autre sens pour arriver à ce jour qu’il appelle de tous ses vœux depuis que nous le connaissons. Attendre, attendre… Et alors ?

Note à moi-même vis à vis des solliciteurs de tout poil : les faire attendre. Meme si ce n’est pas nécessaire. Je souris à cette idée, mais les faits sont là : j’attends une réponse de Gurpegui pour Blaskaltar, j’attends une réponse de mon oncle Maupertuis, on attends que la dragonnère nous réponde, on attends que les nains se décident à nous prêter main-forte, on attends le bon vouloir de l’Enclave d’Emeraude... Patience, patience, le royaume cuit à l’étouffée mais bientôt, la surface va bouillir...

Je sais que nous sommes partis pour plusieurs jours néanmoins mon esprit vagabond se projette sur des retrouvailles avec Calliste. C’est vrai, on ne fait pas attendre une dame…
Elle a refusé desdélices. Elle aura les sévices.

A Channathgate, je vais rendre visite aux d’Abancourt. Jean ne m’accorde pas l’accès à Mathieu, le patriarche. Mince. Il est tendu, je dois jouer serré.

« Jean. Je sais pertinemment que tu ne m’aimes pas. Tout comme je sais bien que tu brules d’envie de me faire tuer par tes gens, inutile de me menacer. Mais tu dois entendre ceci. Ton frère est tombé dans un piège. Ce piège lui a couté la vie ainsi qu’à ma propre sœur. »
Il est atterré de ce que je lui dit car pour lui, je SUIS le tueur de son frère.

Il lui faudra du temps, à moins qu’il ne l’admette jamais, mais je lui dis que j’ai donné la mort à son frère pour défendre leur honneur. Je lui explique comment il a été rossé par Obéryn, trainé plus bas que terre, comment il était effrayé. Je lui ai évité la décapitation.

Qu’il se renseigne, qu’il fasse parler les témoins, et il saurait que ce que je dis est vrai. Rainier était terrifié, implorait la pitié mais personne présent ne pouvait arrêter Obéryn et Théodore dans leur volonté de lui couper la tête sur le champ.
Alors je lui ai donné lamort sans qu’il ait eu le temps de comprendre.

Evidement, il ne me saute pas au cou pour m’embrasser. Tout au plus, il ne me défenestre pas. Mieux, il cherche ces mots pour me servir le sobriquet qu’ils me donnent dans cette maisonnée : « Le chat noir ». Ah. C’est toujours mieux que« langue de serpent ».

Je dis à Jean qu’il est libre de croire que peu me chaut de Rainier, mais qu’en substance, je suis aussi intervenu parce que ma sœur, son amante, n’aurait pas voulu qu’il meure ainsi. Libre à Jean de croire que je n’ai cure des d’Abancourt, mais sans mon intervention, ils auraient enterré un corps bafoué, ce qui est intolérable. »

Je vois les veines de ses tempes prises de soubresauts et un regard mauvais. Je dois conclure et vite.

« Il faut être réaliste. Tu as vu Obéryn remporter la joute que ce soit à cheval ou une arme à la main, même face à Théodore. Jamais Rainier n’aurait pu le terrasser. Nous le savons tout les deux. Je finirais par avoir les preuves de ce que je dis. Aurevoir. »

Sortir. Sans montrer de signe de peur, d’hésitation. Loué soit Lathander, aucun héros local n’entreprends de m’embrocher à l’épée. Cela a du bon d’être d’une haute famille. Si les gens du commun savaient combien nous leur sommes semblables, ils nous pendraient haut et court et construiraient des guillotines. Voilà, rien de tel que de bonnes idées lugubres pour ne pas sourire en traversant la cour. Qu’il garde l’image d’Enguerrand, ou le Chat Noir si ils préfèrent, inflexible, austère et sérieux. Il me reste a souhaiter que Jean fasse ses propres recherches pour corréler ce que je lui ai dis de ce qui s’est passé au bord du lac.
Rien de tel que la vérité pour faire accepter des mensonges.
Le mieux, bien sur, sera de confondre la manigance qui est derrière ça.

Récit d'Enguerrand Maupertuis Shieldheart

Le surlendemain,nous arrivons au grand village nommé Three Swords.

Ce patelin respire un air de fête. A la croisée des chemins, la rencontre de différentes cultures. Des motifs de nous réjouir, nous n’en avons pas souvent.
Seul Aryon se jette vraiment dans la liesse environnante.
Ténaris ne saurait se détendre alors que nous avançons chaque jour en direction de son géniteur en proie à une possession maléfique.
Aragnel est ravi de l’allégresse ambiante.
Et Chaka… Chaka exècre les filles de joie malgré l’insistance d’Aryon et son avis est sans appel : « Ha, laissez-moi, ces choses ne m’intéressent pas. Elles ne savent que glousser ! Mais ? Arrière, jeune sotte ou je vous transforme en dindon, votre animal totem ! ».

Aryon est bien parti pour se repaître de stupre et de luxure. Je le prends discrètement à parti et lui rappelle que si il prétend occuper des hautes fonctions, il serait bon de ne pas se coller une image néfaste ni de disséminer des bâtards à travers le Shaar. Contrairement à la maison du Lac ou ce genre d’accident n’arrive jamais car c’est « inclus » au tarif, ici au milieu des gens du voyage, on ne voit en lui qu’une manne providentielle, quelqu’un dont on pourra soutirer de l’argent sur la durée.

Alors je le chaperonne. Je trie nos « partenaires » de soirée, j’écarte les vide-goussets, je dissuade les fortes têtes, je congédies une fille de joie trop entreprenante. Aryon me fait un peu grise mine mais rit de bon cœur quand je lui dit que sa noble semence ne doit pas être distribué sans parcimonie. Je connais que trop le classique chausse-trappe de la saillie avec les gens du voyage: on lui fait croire qu’il a défloré une vierge avec un peu de sang de cochon, puis les grands frères, que dis-je, la famille entière réclame réparation. Et tu finis nu comme un ver, le plaisir en moins.

Aryon n’a pas eu sa ration de sensation, aussi va t’il se faire prédire son destin dans une tente aux velours mordorés. Je ne le lâche pas, je tend l’oreille, je préfère être sur qu’il ne parle pas de l’épée plutôt que de devoir faire le ménage derrière lui. Quitte à occire un pseudo oracle, j’en gardes un au chaud à Lhesper…

Dans la poche dimensionnelle, nous faisons le point sur les jours prochains.

Three Swords nous a permis d’apprendre l’existence de Tyler, un chasseur de trésor. Ce type est à Delzimmer, avec une certaine réputation donc facile à trouver. Ce grand chauve traîne avec un vieil halfling. Il aurait récemment visiter des ruines dans le pays de Lluiren, territoire d’hobbits particulièrement combatifs, et auraient vu sa première expédition mis à mal, son équipe d’alors tué par des serpents… Ceci plus cela intéresse au plus haut point notre mage. Ce ne sera pas un grand écart que de passer par là retrouver ce type. Et d’ailleurs, si nous retrouvons l’obélisque, qui sait ce que cela nous apportera. Je suis plus qu’intrigué par les déplacements dimensionnels…

Nous passons d’abord par la Grande Faille. Cet endroit… C’est plus impressionnant que tout ce que j’avais imaginé. Des nains juchés sur des griffons sillonnent le ciel, et ici bas, des dizaines de milliers de nains. « Pour peu qu’ils ne sachent pas nager, seul le lac de Lhesper pourrait en avoir raison ». Non, rassurez-vous, compagnons, je ne sers pas deux fois les mêmes remarques. Aragnel me fait remarquer que ce n'est pas grave, que c’est chez moi une réaction naturelle, comme un mécanisme de défense dans une situation où je me sens impuissant. Aah... On dirait bien que je me suis fait mouché.

Un nain armuré vient vers nous. Lever de rideau. Sourire.

« Force et Robustesse. Longue vie à la Grande Faille » dans un nain impeccable, si ce n’est que je ne saurais faire rouler les « r » sans m’arracher la gorge.

Ma culture fait bon effet, j’ai bien fait d’apprendre cette langue avec un des leurs qui était venu prêter main forte quelques années à Duncan, notre maître d’armes de Kormul. Cela nous permet d’abréger quelques peu les différents barrages de procédure et être rejoins par Bendtner, accompagné par Vorn Steeleye, commandant de la garde aérienne. Quelques politesses protocolaires plus tard « Commandant, je suis certain que vu du ciel, la grande faille semble avoir été conçu d’un coup de hache de Clangeddin lui-même ! », nous restons seul avec Bendtner. Les mots déplaisants versés à notre précédente rencontre sont de l’histoire oubliée. L’entente est réelle et la visite édifiante. Le dirigeant est le Seigneur du Sceptre, Mariochar Barbelame, grand prêtre de Clangeddin. Bendtner lui-même est Marteau de Mithril, haut grade de forgeron sacré.

Nous abordons le sujet du faux message qu’il ne nous a pas envoyé par l’acolyte d’Aragnel et de notre succès contre la liche qui avait corrompu les siens. J’en appelle à la fierté de son peuple, qui comme nous, fait l’objet de manipulations. Quand est-il de l’aide souhaité des nains pour l’assaut de la forêt d’Amtar ? Et peuvent-ils nous fournir des plans des anciens souterrains de Lhesper ? Cela demande du temps, soit. Nous convenons qu’il nous contactera magiquement grâce aux prêtres nains et de façon à ne plus faire l’objet de faux messages, que le sien commencera par « Sans Visage ». Ce choix n’est pas anodin de ma part, je sais que Sans Visage était le surnom du seul humain qui avait atteint un degré de forgeron tel que sa légende demeure vivace dans le cœur de ce peuple.

En confidence, Bendtnerr nous apprends qu’ils ont attrapés des espions des tribus du Loup et du Lion. Il nous dit qu’ils les ont repoussés… alors qu’ils les ont tués. Ne pas s’y tromper, ces nains ne sont pas des enfants de cœur.

Près à mourir, les prisonniers disaient :

« Nous reviendrons nombreux. Après l’hiver, le printemps de sang viendra. »
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