Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

7 Flamerule 639 DR, environs de Rethmar, Shaar

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7 Flamerule 639 DR, environs de Rethmar, Shaar

Message  le moine noir le Sam 14 Avr - 20:25

(Récit écrit en netherese)

Septième jour du mois de Flamerule, 639 DR, environs de Rethmar, le Shaar méridional, Faerun, Deuxième Âge de ce monde.

Les premier et second jours du mois de Flamerule furent consacrés à l'enquête sur la mort accidentelle d'Agathe : examen de la chambre et du corps (confié aux bons soins des prêtres de Jergal), collecte de témoignages, rituel nécromantique de communication avec les morts mené par le frère Aragnel. La tentative de communication avec le cadavre d'Agathe se révéla infructueuse. Deux raisons possibles selon le prélat : soit l'essence résiduelle d'Agathe dans le corps réanimé pour l'occasion refusait de coopérer, ce qui eût été pour le moins étonnant compte tenu de la complicité entre la jeune femme et le prêtre ; soit le cadavre avait été récemment soumis à ce rituel mortuaire, mais quand, où, et accompli par qui ? Autant de questions laissées sans réponses...

Pendant ce temps, Ténaris préparait l'expédition vers la ville de Rethmar, dans les environs de laquelle nous étions censés retrouver le vénérable Tralduiir. Avant le départ, je décidai de partager le travail de décryptage des fameuses runes gravées sur la garde de l'épée avec Sénoj et les prêtres d'Oghma. Je demandai à un jeune prêtre d'Oghma de mener pour moi quelques recherches sur la légende du château d'Al-Ahnar. Enfin, je portai personnellement une missive d'Enguerrand à destination de la matriarche Maerildarraine et confirmai à cette dernière, lors d'une courte entrevue, que nous nous rendrions à la cité de Safran vers la fin du mois.

Le 3 Flamerule, lors de la traversée du lac Lhespen qui nous ramenait vers Kormul, Enguerrand vint vers nous avec une étrange nouvelle : il avait appris qu'une dette ancienne liait son père avec Oberyn Martell et me demanda de faire des recherches à ce sujet dans les récits, gestes et chroniques, à quoi je répondis, sur un ton un peu sec, que c'était en pure perte : quel secret consigné par écrit eût-il pu ignorer, lui, qui se targuait d'être doté d'un talent inné pour la "collecte" d'informations sensibles, en particulier sur un aspect touchant à la famille ? Mais en mon for intérieur, je ne doutais pas que son père, se méfiant de lui, ne perdît jamais une occasion de le mettre à l'écart des affaires privées un peu délicates. J'avançai, un peu perfidement, qu'il eût été préférable pour Agathe qu'il fût mis au courant de ce détail avant l'accident plutôt qu'après. C'en fut trop pour Aryon et Ténaris. En privé, ces deux-là me firent de dures remontrances : exaspérés par mon intellectualisme, ils me reprochèrent ouvertement ma froideur, ma neutralité assumée, mes remarques méprisantes ou déplacées, et plaidèrent pour plus d'empathie, plus de respect et de diplomatie, plus de sentiments et d'attention, en particulier dans ces moments d'épreuves que traversait le jeune Enguerrand. Leurs propos me touchèrent plus que je ne voulus bien l'admettre. Ces reproches faisaient écho à ceux d'autres compagnons, au premier plan desquels venait Hector. J'avais pourtant l'impression d'avoir évolué dans le bon sens, mais d'évidence, ma nature profonde se rappelait à moi en toute occasion et mes efforts n'étaient pas suffisants. A l'avenir, je me promis de moins parler et d'écouter davantage.

Matinée du 5 Flamerule : rencontre avec le vénérable Tralduiir, qui tourna au désastre. Après nos révélations et sa prise de conscience de la gravité de la situation, soudaine attaque de la bête de Malar qui, pulvérisant les murs en bois de la chaumière, arracha la tête du druide d'un coup de gueule, avant de se retourner vers nous, toutes griffes dehors, les yeux dilatés, la queue balayant furieusement la pièce et la mâchoire béante dégoulinant de sang. Nous en vînmes finalement à bout grâce aux exploits guerriers d'Aryon qui lui infligea de terribles blessures avec son arme à deux mains. Qui avait envoyé ce monstre ? Pourquoi ? Et contre qui ? Chassait-il le druide ou nous ? Fouille de la cabane où nous découvrîmes le cadavre du vrai Tralduiir dans la chambre à coucher, sous le lit. Au même moment, l'autre cadavre commença à se transformer en un humanoïde à la peau grisâtre : un doppelganger ! Que faisait-il à cet endroit ? Pourquoi avait-il assassiné le druide ? Nous attendait-il ? Autant de questions laissées sans réponses...

Retour à Rethmar le 7 Flamerule vers midi où nous retrouvâmes Tatbuyug dans une taverne près de la porte ouest. Tatbuyug, la quarantaine, était un grand gaillard musculeux, haut de sept pieds, plus large d'épaules qu'Aryon, avec des bras gros comme mes cuisses. Il portait une armure de cuir, complétée par des pièces de métal, et par-dessus, entourant son cou et tombant dans son dos la fourrure couleur fauve d'un immense félin. Il ne se séparait jamais de son arc long et son carquois était bien garni. La peau de son visage était burinée par le soleil des steppes. Mais quelle était cette étrange lueur dans ses yeux ? Il avait le regard fixe, ce qui intrigua immédiatement Enguerrand. Il parla d'une voix monocorde à Ténaris, en nous ignorant totalement. Ténaris et lui devaient se rendre auprès de Silicon, le chef de la tribu du lion, sans attendre, et seuls. Ténaris résista un peu, voulait prendre le temps de se reposer une nuit à Rethmar après les derniers événements, mais le guerrier ne voulut rien savoir. Son entêtement finit par devenir suspect. Alors que les deux hommes gagnaient les écuries, je remontai dans ma chambre en toute hâte, accomplis un rituel de détection de la magie, et revins juste à temps pour scruter Tatbuyug quelques secondes, au moment où il enfourchait sa monture. Et ce que je craignais fut hélas confirmé : Tatbuyg était sous l'influence d'un charme maléfique, un sortilège des cercles intermédiaires. Son esprit était dominé, l'homme était comme possédé, au point qu'il chercha par tous les moyens à mettre la plus grande distance possible entre Ténaris, lui et nous, avant de se retourner finalement contre nous, nous décochant des flèches meurtrières. Nous le neutralisâmes au terme d'un sanglant combat dans les steppes. Mais qui le manipulait à distance ? Pourquoi ? Autant de questions qui appelaient des réponses...

[Psaumes, XXV, 16-19]
Regarde-moi, Ô Puissance, et aie pitié de moi,
Car les angoisses de mon coeur augmentent ;
Vois combien mes ennemis sont nombreux
Et de quelle haine violente ils me poursuivent.
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le moine noir

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