Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

30 Kythorn 639 DR, Lhesper, Shaar

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30 Kythorn 639 DR, Lhesper, Shaar

Message  le moine noir le Sam 14 Avr - 20:22

(Récit écrit en netherese)

Trentième jour du mois de Kythorn, 639 DR, Lhesper, le Shaar méridional, Faerun, Deuxième Âge de ce monde.

Chasse à l'homme ! Honni soit le traitre ! A bas l'assassin ! Sus au meurtrier ! Le jeune aristocrate Raigner d'Abencourt était en fuite. Son inexpérience des situations stressantes et son désarroi expliquaient probablement son absence de prudence. Il aurait pu se fondre dans la cité et disparaitre le temps que les choses se tassassent. Mais il préféra enfourcher un cheval et gagner la porte sud en pleine nuit. Compte tenu de son rang, les gardes ne le questionnèrent pas.

Oberyn Martell et Théodore Shieldheart prirent les choses en main. Ils réunirent une dizaine de cavaliers, dont Enguerrand, Aryon, Ténaris et moi-même. Le temps pressait : nous avions au moins quatre ou cinq heures de retard sur le fuyard. Nous empruntâmes la porte sud à notre tour et nous lançames dans les plaines en direction du lac Lhespen. La piste étant fraiche, Ténaris n'avait aucun mal à la suivre, à la lumière de nos torches, sans même mettre le pied à terre. Les choses se corsèrent lorsque nous arrivâmes aux abords du lac. Là, alors que le ciel s'illumait à l'est tel un camaïeu de teintes rosées et rougeâtres, nous croisâmes un petit groupe de pêcheurs. L'un d'entre eux tenait par la bride un cheval sellé, trempé de sueur. Il avait vendu sa barque à un nobliau, sans trop se poser de questions, assuré qu'il était d'avoir conclu une fort belle affaire. Il décrivit un homme empressé et très agité. Les pêcheurs rentraient au village lorsque la transaction fut faite, ils n'avaient donc pas pu voir où l'homme s'était dirigé par la suite. Raigner avait pu naviguer vers le nord, hypothèse la moins probable, mais qu'Aryon jugeait la plus pertinente, ou vers le sud. Le groupe se divisa : Aryon et deux hommes partirent au nord, le reste du groupe au sud. Longeant le lac, nous ne tardâmes pas à retrouver Raigner qui épuisé, ne s'était guère éloigné des berges, et avait fini par accoster et continuer sa fuite éperdue sur la terre ferme. Quelle étrange et sotte décision. Nous galopâmes vers lui. Raigner se retourna. Lorsque nous fûmes à sa hauteur, il tituba, nous offrant le triste spectacle d'un homme désemparé, ne sachant plus à quelle Puissance se vouer. Oberyn et Théodore mirent pied à terre promptement. Oberyn s'avança, la fureur dans ses yeux n'augurait rien de bon. Ténaris s'était raidi, la main posée sur la poigne de son épée. Ayron était visiblement tendu. Enguerrand ne perdait pas une miette de la scène, étudiant les moindres réactions de son frère, de son cousin, et de son beau-frère. Ne pouvant plus contenir sa rage, Oberyn administra à Raigner un terrible coup de poing, qui fit reculer ce dernier de quelques pas. L'homme larmoyait, bredouillant des propos incohérents. Je pressentais le pire et le pire se produisit en effet. Oberyn et Théodore échangèrent quelques mots en aparté, un dernier regard sombre et déterminé et je compris, comme les autres, que Raigner ne devait pas en réchapper, qu'il devait payer. Théodore tourna le dos au fugitif et remonta à cheval, tandis qu'Oberyn tirait son épée. En un instant, Enguerrand mit pied à terre et tenta de le dissuader de tuer son cousin. Peine perdue. Ténaris avait également mis pied à terre, lui aussi avait tiré son épée. Le connaissant, je me doutais qu'il allait chercher à s'interposer... Oberyn leva son arme, Ténaris hurla, se précipitant en avant, Raigner recula effaré, mais ce fut finalement la lame de la rapière d'Enguerrand qui transperça sa poitrine. Un filet de sang sur les lèvres, il s'effondra, avec sur le visage une expression d'étonnement mêlé d'effroi. Enguerrand était si rapide quand il le voulait qu'il avait surpris tout le monde. Vif comme l'éclair, il avait frappé au coeur sans hésiter une seconde. Il retira sa rapière du cadavre de son cousin et essuya la lame. Sur le moment, il ne prit pas la peine de justifier son acte, se contentant de lâcher une phrase du genre : "une vie pour une vie" sur un ton plutôt sinistre. Ainsi, justice avait été rendue parmi les nobles. La version officielle était que Raigner avait refusé de se rendre, cherché à se battre, et finalement été tué. Par qui ? On ne le préciserait point. En réalité, le pauvre bougre avait été exécuté froidement, et avec lui, disparaissait un témoignage majeur sur l'incident survenu dans la nuit. Lequel semblait cacher quelque chose de fort nauséabond...

Les décès d'Agathe et de Raigner m'étaient tout d'abord apparus comme de simples détails de l'histoire, des événements certes regrettables, méritant une enquête, mais somme toute insignifiants dans la trame générale. Monroe, quant à lui, avait bel et bien été assassiné. De cela au moins, nous étions certains. L'homme nous ramènait droit vers l'empereur, Arshadalon et l'épée. Nous menâmes une rapide enquête. Le cadavre avait été enterré au cimetière de la capitale, sous la responsabilité des Frères de Jergal, et donc de leur Grand Prêtre, l'Undertaker, que nous avions eu l'honneur de croiser pendant la cérémonie du mariage. Un personnage austère et plutôt inquiétant avec lequel il ne fut hélas pas possible de composer... Toutefois, en utilisant son réseau, Enguerrand apprit que le corps de Monroe avait été... exhumé par un fou qui avait même... mangé le cadavre !

A la réflexion, ne devrais-je pas analyser avec soin les relations entre les détails ? Ne suis-je pas là pour ça ?
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le moine noir

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