Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

23 Mirtul 639 DR, steppes du sud-est, Shaar

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23 Mirtul 639 DR, steppes du sud-est, Shaar

Message  le moine noir le Dim 11 Déc - 17:18

(Récit écrit en netherese)

Vingt-troisième jour du mois de Mirtul, 639 DR, steppes du sud-est, le Shaar méridional, Faerun, Deuxième Âge de ce monde.

Lorsque je quitte les cités, j'éprouve toujours un étrange sentiment de vacuité. Il est ici renforcé par la monotonie des paysages : des plaines herbeuses, quelques affleurements rocheux, quelques bosquets, mais surtout des plaines ! à en perdre la tête... et le sens de l'orientation. Presque un mois que je suis dans le Shaar. Je suis vivant ; je suis plutôt bien entouré ; mes nouveaux compagnons sont contrastés et intéressants ; je ne manque de rien. Mais j'agis peu et le temps passe. Vite.

Le butin récupéré à la suite de la destruction de l'ogre mage et de son petit groupe de gnolls et d'ogres se montait à 1800 GP (en pièces d'argent, d'or, de platine et en gemmes). Nous le partageâmes également entre tous.

Le 21 Mirtul, nous rentrâmes à Rethmar, sans incident. Nous fîmes un rapport concis, précis et structuré à Barathéon Shieldheart. Son scepticisme quant à la menace que représentaient les gnolls ne diminua guère même lorsque j'évoquai la potentielle présence d'un démon parmi eux. Rien d'anormal à cela : Shieldheart était bien trop borné et ignorant pour savoir ce qu'était réellement un démon... A supposer même qu'il fût au courant de leur existence, il devait croire qu'il pourrait aisément les vaincre avec son épée ouvragée, le pauvre fou !

L'après-midi fut consacré aux cérémonies mortuaires en hommage à Hélène Shieldheart. Au milieu des témoignages fades et ennuyeux, le frère Aragnel se distingua par une homélie particulièrement inspirée. Un prêche bien tourné, émouvant, qui révélait sa grande sensibilité d'homme d'église. D'évidence, il avait aimé cette femme comme une mère et elle avait eu sur lui une influence.

En soirée, j'eus une discussion avec Ténaris. Il avait passé la journée à interroger les trappeurs et autres mercenaires du coin au sujet des gnolls. Les routes étaient devenues peu sûres, les convois marchands subissaient régulièrement des attaques. Les marchands ne lésinaient plus sur le recrutement de guerriers pour protéger le transit de leurs précieuses denrées. Ténaris émit l'hypothèse que les informations arrivaient de manière atténuée aux oreilles de l'Empereur : en d'autres termes, certains citoyens de l'Empire, de bien mauvais sujets, avaient intérêt à ce que les gnolls se multipliassent et progressassent sans qu'aucune opposition sérieuse ne s'organisât contre eux. La compagnie des frères d'armes, par exemple, avait "pignon sur rue" en ces temps troublés. Et que dire de ceux pour qui la guerre était l'occasion idéale d'en finir avec un système de gouvernement qui leur déplaisait et qui les cantonnait à une position subalterne ?

Le 22 Mirtul, nous décidâmes de poursuivre notre route vers Channathgate, la dernière cité d'importance à l'est. Y régnait l'oncle d'Enguerrand, un certain Matthieu d'Abencourt. Agathe préféra rester à Rethmar, tandis que les Shieldheart repartaient vers Kormul. Nous voyageâmes toute la journée. Tard dans la nuit, alors que je me reposais au chaud et au calme dans une poche extradimensionnelle, mes compagnons, qui avaient si stupidement préféré dormir dans un refuge exigu, sordide et puant, furent attaqués par une meute de gnolls qu'ils massacrèrent sans trop de difficultés. Il y eut un survivant que je parvins à interroger au petit matin. Il confirma la présence d'une armée gnoll dans la forêt d'Amtar, une armée dirigée entre autres par le gnoll albinos et le démon, qu'il craignait manifestement...

Le 23 Mirtul, sur l'insistance obtue de Tatbuyug, nous dûmes bifurquer perpendiculairement à la route marchande, en direction du sud. Tatbuyug s'était mis en tête de retrouver ses dix compagnons, et rien ne pouvait le faire changer d'avis. Cela étant dit, il fallait reconnaitre qu'il traquait leur piste avec une remarquable efficacité. Et puis... Ténaris m'avait sauvé la vie sans trop hésiter et sans rien demander alors qu'il me connaissait à peine. Cette dette n'exigeait-elle pas que je les aidasse à mon tour ? En soirée, le même scénario se reproduisit : je proposai à mes compagnons de dormir à l'abri de la poche extradimensionnelle que j'avais créée mais les deux barbares s'entêtèrent à préférer le vent, le froid et les bruits de la nuit. Vers minuit, ils furent attaqués par une vouivre affamée - une créature ailée, serpentine, secrétant un poison d'une très grande toxicité - et Ténaris, piqué par le dard à l'extrêmité de sa queue, puis agrippé et emporté dans les airs, eût perdu la vie si nous ne nous étions pas réveillés à temps pour le secourir.
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