Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

30 Tarsakh 639 DR, Shaarwood, Shaar

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30 Tarsakh 639 DR, Shaarwood, Shaar

Message  le moine noir le Sam 5 Nov - 11:16

(Récit de Childebert Argenvrai, écrit en netherese)

Trentième jour du mois de Tarsakh, 639 DR, quelque part dans une forêt, le Shaar méridional, Faerun, Deuxième Âge de ce monde

Moi, Chaka, j'entreprends ici le récit fidèle des événements extraordinaires qui survinrent après que l'avatar de Mask (ou de Cyric, le très sinistre Prince des Mensonges) nous eut pulvérisés.

Battements de coeur, douleurs musuculaires, convulsions. J'ouvris soudain les yeux, étendu sur le sol, face contre terre. Je relevai péniblement la tête et observai. J'étais au milieu d'une forêt plutôt dense, composée pour l'essentiel de feuillus. Mes autres sens s'activèrent peu à peu : j'entendis les chants des oiseaux, les battements d'ailes, j'humai avec délice l'odeur de l'humus et des essences de plantes, je palpai, incrédule, les fougères et la mousse sous mes doigts. Je fis des efforts pour me mettre debout. Autour de moi, mes compagnons avaient réagi de la même manière : Voyvodin, Wyrven, Caius et Marty, tous étaient présents, la même expression d'égarement total sur leurs visages meurtris. Nous échangeâmes nos expériences. Nos facultés mentales et nos souvenirs étaient intacts. Nous constatâmes notre triste état physique : nous étions fatigués, éprouvés dans nos coeurs, las, mais pas gravement blessés, tout au plus quelques égratignures sur le visage, les bras et le torse. Nos possessions, en particulier nos objets magiques, étaient perdus. Je fus grandement soulagé de constater que j'avais toujours mon sac sans fond, mes précieux grimoires et un certain nombre de composantes. Mais mes notes innombrables avaient mystérieusement disparu. Mes vêtements étaient en lambeaux ainsi que ceux de Caius et de Marty, les armures de Voyvodin et de Wyrven étaient déchiquetées.

Nous décidâmes de nous mettre en route. Il importait que nous sussions où nous nous trouvions exactement. Cette forêt ressemblait à n'importe quelle forêt d'une région tempérée des Terres du Milieu. La température était clémente. Le soleil brillait au dessus de nos têtes. Ce devait être l'après-midi d'une journée de printemps ou d'automne.

Après plusieurs heures de marche, nous débouchâmes sur une petite clairière. Au pied d'un chêne gigantesque, situé en son centre, se dressait au sol une construction de fortune en bois et branchages. Dans les branches du chêne, plusieurs modestes cabanes avaient également été construites, de manière fort habile. L'ensemble était harmonieux : ce lieu dégageait la quiétude des sites naturels consacrés qu'affectionnaient les druides et les ermites fuyant le monde civilisé. Quelques animaux de la forêt (cerfs, biches, sangliers, écureuils, etc.), qui d'évidence l'appréciaient également, prirent peur et s'enfuirent à notre arrivée.

Elle s'appelait Illana, prêtresse de Mielikki. Elle était en charge de surveiller, de protéger cette partie de la forêt et d'entrenir ce sanctuaire sacré. Elle nous reçut avec amabilité et simplicité, s'adressant à nous en Shaaran ou dans une forme particulière d'elven que Wyrven et moi-même pouvions comprendre. Elle nous proposa l'hospitalité pour la nuit, ce que nous acceptâmes évidemment avec gratitude, à la suite de quoi elle nous prépara un repas essentiellement à base de produits frais de la forêt.

Nous hésitâmes longuement avant de lui poser les deux questions qui taraudaient nos esprits : où nous trouvions-nous exactement ? et quelle était la date ? Etonnée, elle répondit en souriant que nous nous trouvions dans la partie méridionale du Shaar et que nous étions le premier jour du mois de Mirtul, le mois du renouveau, qui avait sa préférence. Son système de datation n'était pas le nôtre. Mais il me fut possible de reconstituer l'année. Nous nous regardâmes abasourdis. Il fallut un certain temps avant que nous ne rompîmes le silence. Ce fut pour apprendre de la bouche même d'Illana au moins deux faits surprenants. Premièrement, elle avait rêvé notre venue. Deuxièmement, des tribus de gnolls s'amassaient partout dans la région et infestaient même la forêt, eux qui d'habitude avaient toujours vécus retranchés dans les montagnes. Nous discutâmes entre nous jusque tard dans la nuit.
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