Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

c) Le Roi ne sera pas celui attendu, 24 Hammer 1386

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c) Le Roi ne sera pas celui attendu, 24 Hammer 1386

Message  Admin le Lun 4 Oct - 16:18

Etre un roi…
(Récit des événements par Marty…)

Où l’on oublie que diriger, c’est savoir s’entourer.
Mais qu’avant de diriger, il faut se faire accepter…
Comment négliger la voix du peuple ?
On peut y reconnaitre la prétention des puissants de ce monde qui ont une vision qu’ils croient partagés par tous. Et sinon, qu’ils pensent pouvoir imposer…
A être trop absente, la Simbule a négligé les règles de base d’un bon dirigeant. Toucher son peuple.
Comment se sentir aimé sans être touché ?
Une situation qui a dégénéré au point que seule la crainte légitimait encore son statut de reine.
Pas étonnant qu’à la première occasion, les loups aient sauté sur l’occasion.
Brimés, émasculés et rabaissés par cette femme venue d’ailleurs, les « héritiers » de la terre d’Aglarond ont les dents longues et au premier plan le Duc Varran Gloskil, aglarondien depuis de nombreuses générations…
Le jour du Conseil, alors que le champagne était déjà au frais, le bon Duc a porté l’estocade.
En effet, ourdi depuis sans doute des années et finalisé dans cette dernière semaine, son lobbying a fonctionné. Les volontés de la Simbule ont été invalidés !!!
Oh bien sur nous aurions pu passer en force… mais certains d’entre nous, pour qui la vie semble déjà fugace, n’y auraient pas tenu…
On a donc procédé à un vote avec deux candidats… « Temudjin » Voyvodin d’un coté et le Duc de l’autre. Le vote fut serré puisqu’à égalité 15 voix partout. Un second tout à main levée nous fut fatal… (ou salutaire ?) lorsque le prêtre de Chauntéa retourna sa veste et appuya Gloskil qui devint roi pour deux malheureuses voix…
Entre peurs pour l’avenir du pays et instinct de survie, l’avenir des mes frères semble incertain.
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Re: c) Le Roi ne sera pas celui attendu, 24 Hammer 1386

Message  Admin le Lun 4 Oct - 16:18

(Récit des événements par Hector)

Après avoir quitté la princesse Blindelsyn Olossyne et son frère le prince Branelwyr, je remonte jusqu’à l’auberge me changer. Il faut impérativement que je vois mes compagnons, afin de leur parler de Wyrven et de ce que j’ai ressentis. Dans une heure j’ai rendez-vous avec Dervila. Nous devons nous rendre ensemble au Hall des forestiers. Je dois donc faire vite.
Bien que je ne sache que la situation n’est plus aussi critique que la veille, je reste préoccupé. Il faudrait qu’on trouve le temps d’en parler. Mais dans quel guêpier s’est-il fourré ?
En marchand sur les rues dallées, je me remémore mon second séjour dans la forêt de Yuir jusqu’à la ville forestière de Relkath. Je ne peux m’empêcher par la même occasion, de penser à ce voyage d’aller, loin des tracas quotidiens du groupe et de moi-même. Ce fût une journée très agréable, à nouveau je voyageais seul… (pensif). Sentir la caresse du soleil, le passage des animaux curieux, la solitude d’une marche en forêt, le bruit solitaire de mes pas… mélancolie d’une vie simple, qui n’est désormais plus la mienne.

A mon arrivé, le peuple elfe m’avait une nouvelle fois bien accueillit. Malgré tout, je ressentais encore de l’appréhension de la part des habitants, une certaine distance, des regards observateurs envers les étrangers comme moi. Les quelques humains que je rencontrai, la plupart ranger et homme de la forêt, étaient logés dans l’une des auberges de la ville. Je ressentais clairement mon statut d’immigrant, mais n’en était pas pour autant accommodé, cette attitude envers moi, semblai être la même qu’envers tous les autres... Je ne connaissais pas la raison de ce comportement, ce qui avait put le faire naitre, avaient-ils été déçus par les hommes ?

Vraisemblablement c’était le cas. Mais cela plutôt que de me brusquer, m’amenait à me demander ce que je pouvais faire pour dissiper quelque peu cette incompréhension et cette méfiance. J’avais l’impression que partout l’histoire se répétait.

Malgré cela, je me sentais bien chez eux. Je restai à mon niveau d’étranger c’est à dire au pied des immenses arbres.

En observant la ville, je ne pouvais qu’admirer cette vie en harmonie avec la nature, les arbres et les animaux. Tout conservait un équilibre pensé et naturel. Les demeures suspendues à des dizaines de mètres, voir bien plus, avaient une architecture en parfaite osmose avec leur environnement. La cohabitation se faisait dans le respect et l’écoute mutuelle… je n’avais pas de mot… magnifique.

Et que penser de ces présences dans les lointaines frondaisons des arbres, gardant un œil attentif sur la forêt et son peuple. Si cela s’avérait être vrai… Impressionnant.
Il m’arriva à plusieurs reprises de parler aux habitants de Relkath. A chaque fois, je ressentais une profonde rancœur, pesanteur dans leur voie. Ils ne parlaient pas de la capitale ou des autres habitants de l’Alglrond sinon avec une grimace et au mieux une moue de dédain ou de déception. Je m’étais rendu assez vite compte qu’il y a eut des histoires entre eux et qu’elles ne dataient pas d’hier. J’en vins, alors, à maudire ces humains pour leur cupidité, leur avidité et leur quête de la possession.

Mais après tout, je connaissais cette population de pêcheurs, de cultivateurs et d’éleveurs vivant avec très peu de moyens. Il n’était pas étonnant que ces pauvres bougres en soient venus à chercher des responsables ou des gens à blâmer, enfin…
Pour moi, il paraissait évident que les elfes pouvaient accepter cette situation encore longtemps si, et c’était là que la situation devenait critique, personne ne venait à toucher à leur forêt.
Avec Voyvodin et j’espérais mes conseils, les choses seraient entre de bonnes mains. Le roi ne pourrait que se rendre compte de l’importance de ce territoire pour son royaume.

Perdu dans mes pensées, je venais d’arriver aux marches du palais. A nouveau sur le point de revoir mes compagnons, il me revint aussitôt à l’esprit le choc de la nuit d’hier. Alors que je m’apprêtais à passer ma seconde nuit dans l’enclave elfe, je fus saisit durant mon sommeil par une violente douleur viscérale. Le choc me glaça et me fit suffoquer. Réveillé en sursaut, le cœur battant la chamade, le souffle haletant, je parvins, après quelques minutes à enfin retrouver mon calme.
Dès le début du malaise, j’avais ressenti la chute de l’un d’entre nous. La vie de l’elfe s’éteignait. Je savais avec une certitude inébranlable que cela concernait Wyrven, je le vivais. Il allait mourir.
Après m’être redressé, je commençai à piétiner d’angoisse dans ma chambre d’auberge, plongé dans le noir à l’exception de la faible lueur de la mansarde. Je m’interrogeais : « Quoi faire ? Partir sur le champ ? » Je n’en avais aucune idée.
Il me semblait tout de même, après quelques minutes, et cela apaisait ma crainte, que Wyrven n’était pas pour autant pas mort ; Une once de vie subsistait encore en lui. Ce maudit Wyrven était donc vraiment intuable.
J’esquissai un sourire et repartis me coucher, la tête pleine d’interrogations… où pouvait-il être ? En compagnie de Caius ? Et que devenait le prêtre ? Aussitôt après, je me souvins avoir été prit d’une autre inquiétude : et si dans quelques minutes, quelques secondes, j’allais ressentir la même chose pour le prêtre… Je me rassis sur mon lit et attendis le matin, songeur, soucieux et sur le qui vive.

Reprenant mes esprits, je franchis le seuil de ma chambre et commença à retirer ma tenue de voyage. Je me lavai avec hâte et repartis chercher mes compagnons. En y pensant j’en vins à me dire qu’il fallait mieux que j’arrête de me remémorer tout ca, mes compagnons sauraient surement mieux que moi répondre à ces questions. A vrai dire je ne m’étais pas occupé des affaires de Caius et Wyrven, peut être en savaient-ils plus.
Après avoir arpenté les couloirs de l’édifice de jade, je constatai qu’ils ne semblaient pas être dans les murs du palais. Pressé par le temps, je choisis de repartir pour la ville en direction du troisième cercle, décidé à m’en tenir à mon programme. Je verrais ca plus tard avec les autres.

Arrivé au lieu de rendez-vous, je vis enfin Dervila. J’étais content de la revoir. Depuis que nous avions voyagé ensemble, j’avais pu lui poser certaines questions. Suite à nos échanges, je croyais désormais la connaitre un peu mieux (du moins je l’espérais). Malgré tout pour moi, elle restait, comme ses congénères, très mystérieuse pour moi.
Nous nous rendîmes dans la demeure des Forestiers. Je me présentai à eux, prenant bien soin de ne pas évoquer le couronnement. Le courant semblait passer. Je remarquai vite les habiles guerriers au service de la nature ici présent. Ils n’avaient clairement pas à rougir de leurs compétences. A vrai dire ils me semblaient même être les meilleurs rangers que j’avais vus depuis… longtemps, très longtemps.
Ces hommes seraient un jour une précieuse aide pour le roi et sa cour.
Après avoir échangé quelques mots et parlé de nos expériences, je notai dans un coin de ma tête le nom de certains d’entre eux. Cette visite était destinée avant tout à ca : prendre des contacts auprès de ces hommes.

Après la visite, je saluai Dervila, la remerciant pudiquement, mais sincèrement de sa confiance. J’osais espérer que c’était réciproque. M’avait-elle cerné ? Je n’en doutais pas.

Les jours suivants étaient consacrés à mon instruction et à profiter de mon maigre temps libre. Je partis voir l’abbé Dalmar. Les choses se passèrent très bien. Dalmar était un homme jovial, mais sa proportion à boire à toute heure de la journée et en quantité, me laissait perplexe. Enfin ce qui comptait, je me disais, c’est que j’avais pu profiter de son enseignement. J’avais l’impression de comprendre un peu mieux les récents bouleversements qui avaient accompagné la mort de la déesse de la magie. Par ces temps, il ne faisait pas bon d’être une divinité…
Le lendemain, je partis profiter du calme de la mâtiné (calme avant la tempête ?) pour me recueillir dans le jardin de l’abbaye. Je retrouvai là, une harmonie bien différente de celle de l’enclave elfe, mais toute aussi apaisante. Ce petit bosquet était très agréable et je pouvais enfin me vider la tête de tous ces soucis et autres pensées parasites. Ma méditation m’éloigna du temps. Je sortis de mon recueillement de longues minutes, peut être des heures après. La journée était déjà bien entamée.

En fin d’après midi, je me rendis auprès du frère Lasercan, nous bûmes un verre sur une terrasse discrète et passâmes quelques heures ensemble. J’avais envisagé de rester quelques temps pour lui demander de ses nouvelles. Il m’indiqua qu’il se portait bien. Quand je lui demandai où en était ses recherches, il n’avait pas l’air convaincu de sa réussite et haussa les épaules.
Néanmoins, il semblait avoir cœur de se rendre utile au roi. C’était le plus important, les résultats ne comptaient pas tant que ca, il pourrait progresser dans son rôle observateur du peuple.
D’ailleurs, je ne m’étais jamais étonné qu’il se fût proposé à ce poste. Je le redis, on voyait la sincérité de sa démarche, c’était un homme de cœur, et c’est ce que j’appréciai avant tout chez lui. A la fin de l’après midi, je profitai de la discussion pour lui demander un conseil. Quoi faire ? Il savait très bien de quoi je parlais. Quelle attitude devais-je adopter ? Ces suggestions me semblaient être de bons conseils. Vraisemblablement il avait assez de recul pour analyser les choses. Moi pas, je m’enlisai dedans comme jeune hère dans un bourbier.

Le couronnement approchait !

Nous étions le dernier jour avant le couronnement de Voyvodin. Marty vint nous voir dans la journée, il souhaitait parler au groupe des résultats de l’enquête qu’il avait mené au cœur de la ville. Les choses n’étaient pas très encourageantes. Tout d’abord, il nous annonça avoir repérer certains de ses anciens ennemis en ville. D’après lui, il s’agissait des membres d’une guilde de Thesk avec qui il avaient eut un contentieux. Le chef de cette dernière avait récemment gagné l’influence nécessaire pour mener à bien sa vendetta personnelle. La seconde nouvelle était tout aussi embêtante. En furetant, graissant des pattes et prenant contact avec des indics, Marty avait découvert que dame Benstyl, la chef de la Guilde des Marchands, fomentait un coup d’éclat durant le futur conseil.
Voyvodin en profita pour confirmer ces propos. Il nous apprit avoir été victime avec Marty d’une attaque. Leurs agresseurs semblaient être des assassins. Durant l’affrontement, ils avaient concentré leur effort sur Marty. En y pensant, je ne pus m’empêcher d’être amusé en imaginant ces tueurs essayé d’atteindre notre compagnon. D’après ce que j’avais vu lors de l’attaque de la diligence, il paraissait justement savoir extrêmement bien se défendre face à ce genre de sournoiseries. Mais la nouvelle ne prêtait guêre à rire.
Aussitôt après, Voyvodin annonça avoir récupéré leur insigne, une flèche noire tordue. Leur nom devrait être les « maîtres de l’ombre » d’après Caïus.
Il me lança une flasque de chaire puante. Mais ce n’est pas vrai ! Il avait arraché un vrai bout de peau d’un des assaillants ! Je restai stoïque, j’avais déjà vu du gibier éviscéré ou des mauvaises blessures de guerre, mais découpé un être humain en morceau ! Ca n’était pas acceptable c’était de la barbarie ! Offusqué par cette attitude, j’essuyai mon pourpoint du revers de la main, sans grand succès, et marquai ma désapprobation envers ce genre d’acte et d’attitude à mon égard. Chaca lui suggéra de revoir, bien à propos, ce genre d’agissement pour quand il serait roi. Je décidai de quitter la pièce.
J’apprendrai une heure plus tard, que Voyvodin fit demander le capitaine de la garde, Hovor Seawind, pour l’avertir des récentes nouvelles et afin que lui et ses hommes se tinrent prêt à agir lors de la cérémonie. Chacun d’entre nous, nous pensions à ce qui semblait se préparer : une tentative de coup d’état.

Peu de temps après Caïus et Wyrven revinrent de leur voyage. Wyrven portait la robe de bure. Aussitôt ils furent questionnés sur leurs récents événements, ainsi que sur la raison de l’accoutrement de l’elfe. Je craignais le pire. Qu’avaient-ils fait pour arriver dans cet état ? Je pris le partir de taire mes questions et de les écouter attentivement. Nos deux compagnons paraissaient abattus.
Ils nous racontèrent avoir été attaqués à Laschanya par Mintal. Tient voilà un nom que je n’imaginais pas entendre ces derniers jours. L’assassin du faceless est donc sur nos traces… Curieux et Intrigué, je les écoutai afin d’en savoir plus.
En mettant à mort Wyrven, Mintal avait exigé que l’elfe lui indique la localisation d’une Bella ( ??), et celle d’Orgol. L’assassin avait exigé les clés de la tour maudite du traitre Gultiass. Pour moi, c’était étrange, il n’était pas sensé n’y avoir plus rien ?… et Orgol, le demi-orc, voilà un autre nom sortit d’outre tombe. J’avais l’impression que toutes ces choses dataient d’une autre vie. Je ne pus m’empêcher d’être perplexe. Ils ne semblaient pas au courant de la mort du prêtre de Tempus. Et pourquoi avaient-ils attaqué l’elfe ? Pour lui subtiliser les clés d’une tour vide ? A leur arrivé dans les Vaux, j’imaginai que Caîus et Wyrven avaient du se faire repérer à des kilomètres. Ils n’étaient pas les plus discrets. De plus, Laschanya n’était, semble t-il, pas une ville aussi grande qu’on pouvait l’imaginer. Un autre problème qu’il faudrait régler… Et qui était Bella Gemme ? Apparemment une gnomesse.
Wyrven nous annonça que tous ces biens lui avaient été dérobés. Il n’avait plus rien ! Je tombai dénue. C’était un vrai coup dur pour la compagnie, je ne pouvais même pas imaginer le coût de tout ce qu’il eut perdu. Lui que je voyais toujours arriver avec un nouvel équipement de retour de sa province. En y pensant je n’arrivai pas à trouver de raison au fait que Mintal ne l’ai pas tué… Ou peut être, y avait-il eut un grain de sable…
A y penser Caïus n’aurait pas pu changer grand-chose face à un assassin de cette trempe. Loin de moi l’idée de minimiser le rôle et les capacités du prêtre, mais il était évident que l’habilité dont il faisait preuve pour nous soigner ou nous illuminer de sa sagesse, ne puissent lui être d’une quelconque utilité face à un tueur pareil. On pouvait dire que malgré nous, nous venions de financer la racaille de Lashanya pour un bon bout de temps. Je notai qu’il faudra à un moment rendre visite à ces cloportes. Nous avions progressé et j’espérais désormais que nous avions les moyens de leur faire payer. « Quand on touche à l’un d’entre nous, on touche à tous !» Mmh c’était pas mal, mais parfois bien loin de l’alchimie que j’attendais dans ce groupe… enfin bon.
D’autres nouvelles étaient troublantes et m’ébranlèrent réellement. Ils avaient apprit dans leur voyage de nombreuses choses. Pendant que nous affairions aux côtés de Voyvodin : les Vaux avait subit une invasion des shades ! Valbalafre et Valbataille étaient désormais envahies. Luneargent, de son côté vivait une période de trouble. Enfin la demeure d’Elminster avait, semble-t-il, été détruite. Son scribe était mort. Il devait avoir de l’importance pour avoir été mentionné.
Chaca de son côté, profitant de ces révélations, nous indiqua qu’il avait apprit la mort de son maître Esklindrar. Je ne savais quoi penser, il ne paraissait pas peiné. Son expression ne laissait rien transparaitre. Il parait néanmoins réjouit de savoir que Tulrun serait encore en vie.
Enfin la dernière chose que nous apprîmes, fût qu’une guerre sévirait entre les démons et les diables à Candlekeep. Elle se ferait appeler « la guerre de sang ».

La journée se termina sur ce flot de révélations.

Le jour J était arrivé ! Aujourd’hui l’Alglarond aurait un nouveau roi. J’avais bon espoir de penser que ce sera Voyvodin. Pour le couronnement nous fûmes recommandés au Héraut du Palais, un homme de la ville assurément. Ses manières faisaient exploser la complexité et bizarrerie de la vie de cour. Il paraissait connaitre beaucoup de choses sur les manières de se comporter, la plupart de ces règles n’étaient pas dénuées d’intérêts, mais le reste était tordu, maniéré.
Le brave homme s’acquitta néanmoins de sa tâche, conscient du défi auquel fait face en prenant en charge Voyvodin. Bien que ce soit le premier couronnement qu’il n’ait eu jamais à préparer, il semblait prendre les choses en mains, au grand damne du futur roi, qui s’exclamait en apprenant qu’il ne pourrait pas faire exactement comme il l’entendait. En effet François de… je n’arrive pas à me souvenir de son nom… enfin le héraut nous commandâmes de laisser nos armes et d’enfiler des côtes de mailles clinquante autant que mince. Voyvodin ne put s’empêcher de manifester son énervement, alors que nous envisagions de faire potentiellement les frais d’un coup d’état dans quelques heures !
Pour en rajouter, Chaca en profita pour nous avancer une nouvelle théorie, le Fénix servirait les magiciens de Thay, plus précisément le grand maître de la magie évocatrice. Que faisaient-ils là ? Avaient-ils un rôle dans la tentative de déstabilisation du pouvoir ?
Je rechignai à me séparer de mon arc. C’est la première fois que je ne l’aurais plus avec moi. En me retournant, je vis Voyvodin de dos, il semblait tramer quelque chose. Puis il revint vers nous, un grand sourire aux lèvres. Tâtant son flan, il s’exclama que : « celui-ci, ils ne me l’enlèveront pas ». Je m’en doutais ! Sacré Voy, je commençais a te connaître.
Alors que la cérémonie est imminente, je priai Mielikki, de m’accorder ses pouvoirs pour aider Voyvodin.

Quelques minutes avant que les portes du conseil ne s’ouvrèrent, Caius, comme convenu, nous protégea du feu. J’aurais pu le faire aussi, mais sa magie était, il fallait le reconnaitre, bien plus puissante. Grâce à lui nous étions désormais près à nous confronter aux manigances du Fénix et des magiciens de Tays. Enfin, s’il ne s’agissait que d’eux…
Les trente membres du conseil étaient bien là : les représentants de la forêt de Yuir, Dalmar, le père de Lisa, Caytran Halvasyl, Neroll Hamastyl, Phaeldara et pleins de visages que je ne connaissais pas. Certains laissaient présager sans aucun de doute leur appartenance à des villes humaines de moindre importance. Une voie pour une voie, ces seigneurs étaient nombreux et ils ne paraissent pas bien disposer envers le roi. J’étais inquiet.

Neroll prît la parole pour annoncer que le testament de la Simbule allait dès lors être révéler. Ce dernier était inscrit sur le parchemin situé devant lui. Au moment de l’ouvrir une lueur se dégagea de l’objet. Dans un éclat de magie la Simbule apparut, comme encore bien vivante. Elle interpella chaque membre de l’assistance, les fixant au moment d’énoncer leur nom et leur titre. La salle fût saisie de stupeur en observant ce qui semblait être le dernier sursaut de vie de leur défunte reine. Je fus rassuré de voir qu’elle semblait avoir tout préparé. L’ancienne dirigeante de l’Alglarond, prit a parti les membres de l’assemblé et annonça le nom de son successeur, le dénommé « Temudjin».
J’observai les réactions des représentants du conseil. Ils étaient interloqués et se regardèrent entre eux, comme s’ils attendaient de deviner qui pouvait bien être ce personnage évoqué et qui potentiellement allait se retrouver roi de l’Alglarond. Plusieurs d’entre eux haranguèrent aussitôt des explications sur l’identité de ce personnage. En voyant cela, j’eus l’impression d’assister à une foire aux de village, plutôt qu’à un respectueux et discipliné conseil. Voyvodin profita de l’occasion pour sortir de sa réserve. Après un instant de silence, il s’avança devant l’assemblée et proclama : « Je suis Temudjin! ». Imposant de par sa toise et sa carrure, les membres du conseil commencèrent à le dévisager et à le jauger, comme une bête de foire. Seuls les membres dans le secret parvinrent à conserver leur calme. La seule exception fût Caythran, dont la première rencontre avec Voyvodin n’avait pas été des plus heureuses. Il semblait imperturbable. Croisant le regard du colosse, il esquissa un discret sourire, que je ne manquai pas de percevoir, ainsi que mes compagnons. Pour moi, Voyvodin s’était fait comprendre par le barde.
Les membres du conseil réclamaient des explications. Le barbare entreprit de se présenter. Il revint sur le nom avec lequel il avait été nommé, précisant que désormais son nom était désormais « Voyvodin ». Enonçant ses intensions, il déclara vouloir gouverner avec l’aide du conseil. Ce que des propos acerbes ne tardèrent pas à railler. « Encore heureux ». Quelle bande d’abrutits !

C’est alors, qu’un des membres du conseil, se présentant comme étant le Duc Varran Gloskil, interpella violement Voyvodin. Pour lui, le barbare n’aurait su longtemps cacher son nom, ainsi que son identité. Voyvodin entreprit de s’expliquer sur son passé, clamant haut est fort, que personne ne pouvait être responsable des actes de son père. L’édifice que nous avions entrepris de bâtir commençait à s’ébranler.
Le Duc contre-attaqua en l’accusant de vouloir refaire l’histoire.
C’est à ce moment, qu’un autre personnage prit la relève et se fit entendre. Il déclara se nommer Nomyr. Ils étaient de mèches, je l’avait bien vu. L’homme se présenta comme étant un marchant… tient donc, quelle surprise. C’était un gros type, il semblait originaire de d’Orient. Il dit en avoir assez des manigances de la Simbule. La foule réagit à ses arguments. En réponse, Voyvodin énonca son appartenance, ainsi que nous, aux choisis de Mystra. L’argument nous permit de gagner quelques peu l’attention des membres indécis du conseil.
Pour couper cour au débat, le premier vote eut lieu. De mon côté, je réclamai à Néroll, un équilibre des voies, en effet je trouvai injuste que nous soyons handicapé d’une voie. Il me fit signe de faire profil bas. Je crus comprendre pourquoi.
La partie paraissait loin d’être gagné, ce qui se confirma rapidement par une égalité au vote à main levée.
Nous réalisions, alors que nous étions peut être en train de perdre la partie.

La situation semblait bloquée. Voyvodin et Chaca demandèrent une entrevue avec le Duc, afin de tenter de parlementer et de le raisonner. Rien n’y fit, ce teigneux était remonté à bloque. J’en avais désormais la certitude c’était un pion, vraisemblablement des fils de Hoar, au vu de ses arguments. Il semblait qu’il avait bien révisé ses leçons. Le duc nous matraquait son appartenance à cette terre et sa légitimité pour le trône. Et ce qui me mit hors de moi, il nous coupait sans arrêt la parole. Pour lui le règne de la Simbule était arrivé à son terme, dorénavant elle n’imposerait plus ses vues sur l’Alglarond.
Devant ce spectacle, il paraissait clair, que nous courons tout droit à la guerre civile. Je tentai, nous tentâmes tous, de faire valoir nos arguments et de mettre en évidence la division qu'il prônait au sein de son royaume. Sans effet. Chaca s'y reprit même à plusieurs reprises, avec un tact étonnant, mais avec une efficacité malheureusement insuffisante. Il paraissait clair que nous avions en face de nous un adversaire et non pas quelqu'un de près à écouter ce que nous avions à lui dire. Plus révoltant le duc semblait d'accord pour installer des délégations thayeens dans le pays ! Cela confirma nos craintes.

Voyvodin requit notre avis sur la situation. Pour Lasercan et moi, il paraissait certain, que le duc servait plus ses propres intérêts, en plus de ceux des instigateurs du coup d’état, que ceux du peuple. C’était un populiste, un xénophobe qui plus est.
Caïus semblait désintéressé de la situation. Je crois qu’il eut à ce propos quelques mots avec Voyvodin qui ne supporta pas l’attitude désengagée que prenait le prêtre de Waukeen.

La séance reprit. J'avais mal à la tête et je bouillais intérieurement, je n'en pouvais plus de cette mascarade. Tout avait été orchestré depuis de longs mois, voir des années. J'aurais bien tiré une flèche en plein dans la tête de la prétentieuse Carliela. Le pion était sans importance, il ne valait guère.
Devant le blocage de la situation et la cohue qui s'installait, Neroll prit la parole et imposa avec agacements le déroulement d'un second vote, cette fois-ci à main levée. C'était le moment de vérité, plus celui des faux semblants. Je me concentrai pour retenir les votes. Ma conviction était que nous allions gagner. La prêtresse de Sélune, Dalmar, Caytran, qui est un demi-elfe, Nerolle, Phaeldara étaient de notre côté. Désormais le vote se jouerait auprès des petits membres du conseil. Ils devraient s'opposer clairement à la Simbule ou assumer leur fronde.
Avant le vote chaque partie reprit une dernière fois ses arguments. Vovodin insista sur les propos du Duc ayant reconnu la division qu'il existait dans le pays. Il argumenta sur l'effet désastreux de ce discours pour l'Alglarond. Une nouvelle fois, il rappela sa désignation par la Simbule. Il avait la loi pour lui.

Le second vote semblait à nouveau se diriger vers un statu quo, avec d'un côté les partisans du Duc composés principalement par des représentants des grandes villes humaines et de l'autre, pour Voyvodin, les représentants elfes et de Velprintalar. Tout ça jusqu'à ce que vint le tour de l'abbé Dalmar. Mais nous connaissions déjà pour qui il allait voter.
Mais le prêtre hésita ! Stupeur dans la compagnie et auprès de nos sympathisants. Alors qu'il allait y avoir une nouvelle égalité, l'abbé décida de voter pour le Duc. Dalmar était décomposé.
Je fus sur le point d'exploser, pendant que nous parlions au duc, ils nous avaient joué un tour, manipulant le pauvre abbé ! Il ne pouvait en être qu'ainsi ! Je n'eus pas de mal a imaginé les pressions qu'ils avaient pu lui faire subir.

Le Duc exultait. Il était roi. Nous avions perdu.

J'étais dégouté de cette parodie de démocratie. C'était donc ca la politique... De son côté, Voyvodin semblait encaisser le coup. Chaca lui retomba rapidement sur ses pattes, déjà en train de proposer ses services au nouveau roi ! Caius de son coté entreprit de négocier des accords de commerce et l'accord royal afin de construire un temple. J'étais stupéfait, comment pouvaient-ils faire abstraction de ce qui s'était passé. Je ressentais tout ca, comme un mépris de l'Alglarond. Ils faisaient déjà leur trou chez l'ennemi. Mais que pouvaient-ils attendre de ces gens près a tout et ayant déjà tenté de nous éliminer.
Le barbare partit parler au nouveau roi. Il lui fit la demande que nous devenions, malgré notre opposition, citoyen de l'Alglarond. J'eus appris plus tard que ce fût pour couvrir notre retraite. Voyvodin avait des ressources, cela se confirmai une fois de plus. Je n'avais même pas pensé à ce genre de détail. Le roi parut être d'accord.

Suite aux discutions avec l'ancien duc, je savais dès lors que l'avenir semblait présager des temps difficiles pour les elfes, leur territoire était un butin bien trop alléchant pour être ignoré. Si désormais j'avais une obligation envers ce pays, ce serait de les aider. Eux seuls, mis à par les gens de l'entourage de la Simbule, ne nous avaient pas trahi.
Après son triomphe, Le roi vint même jusqu'à nous féliciter de notre défaite. Voyvodin décida de partir. S'il était sonné il ne le montra pas. Juste avant de partir, je me surpris à l'entendre demander à Caius de l'argent. Ce que ce dernier n’accepta qu’en échange d'une reconnaissance de dette. Je tentai de m’intercepter entre cet idiot de prêtre et le roi déchu, Lasercan fût plus rapide et tenta de calmer la situation. Il donna à Voyvodin l’argent qu’il voulait (20 po). Quand même quel manque d'à propos ! Les gouvernements passaient, l'argent restait... Caïus, je ne sais décidément jamais sur quel pied danser avec toi. Curieusement Voyvodin quitta le palais d'un pas léger, il lança à Caius une phrase étrange : « C'est dommage qu'on ne choisisse pas sa famille ». Son ton était sec et le regard qu’il lui adressa noir.
A mon tour, j'entrepris de quitter le palais au plus vite devant cette assemblée hostile et pleine de faux semblants. Je me dirigeai à mon tour vers la sortie. Je ne savais pas ce que j'allais faire dans les jours à venir, si je restai en Alglarond ou pas. Irait-on vers un schisme au sein du groupe ? Alors que certains prendraient des responsabilités dans ce régime ou que d'autres partiraient ailleurs ?

Le mieux eût été que je restasse quelque temps-là où je serais le mieux et le plus utile, à savoir dans la forêt de Yuir. En tout cas ce soir, j'allais boire un coup.
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