Chroniques de Féérune : la Quête des Origines

Episode 5 - Une jeune femme en détresse... (27/12/16)

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Episode 5 - Une jeune femme en détresse... (27/12/16)

Message  Admin le Mer 28 Déc - 12:17

Jour24
-La troupe de Gruss quitte le château
-Enterrement d’Andrea, Georges dit qu’il n’est plus le bienvenu et qu’il s’occupera des enfants
Puis Eaan accompagne Orlando chez Georges, il ne les laisse pas voir les enfants

Jour25
-Octave Fabri part en bateau vers Waterford

Jour 26
-Eaan part avec Orlando et deux soldats pour un périple qui le mènera vers Villevieille
Arrivée au domaine Dunn. Lord Brevan soupconne Eaan d’être gay et lui dit d’aller sa salir les mains pour devenir un vrai chef militaire.

-Cléon part avec Lindal vers les Iles Boucliers
Arrivée sur Bouclier Vert chez les Chester
Cléon propose à Tygor d’aller ensemble au mariage
Cléon s’engage a s’assurer de la bonne tenue (étiquette) de l’escorte

Jour 27
-Départ du domaine Dunn pour rejoindre la Searoad
-Rencontre avec les 6 cavaliers et une cavalière
-Rencontre avec Ser Portifer et Cederik
-Arrivée au relais fleuri où les hommes de Raff sont présents ainsi qu’Alexandra
-Discussion avec Raff qui les a surpris les regardant avec insistance
-Discussion avec Ser Imry Florent qui tance le jeune Eaan qui parvient à se maintenir
-Eaan bat Cederik aux échecs et lui donne quand meme 1 do.

-Cléon rencontre Meredith sur le port et accepte de la suivre
Confrontation convaincante avec Mamette qui s’éteint paisiblement. Cléon laisse 10ca
Lindal, parti à la pêche aux infos, dit que Meredith est le mouton noir du village pour avoir refusé les avances de messire Tygor.
Cléon décide alors d’aller proposer à Meredith de venir s’installer au Nid. Elle va réfléchir.

Jour 28
-Arrivée sur le domaine Serry pour Cléon
Discussions avec Ser Talbert, Justin, Ernest et Lord Osbert

-Au matin, Ser Portifer surprend les brigands à la sortie du relais. Il fait appel à l’honneur des brigands qui lui rient au nez. Le combat s’engage et tourne vite en défaveur des brigands. Seul contre tous, Raff se rend.
Alexandra est sauvée.
-Cederic discute seul à seul avec le prisonnier Raff
-Ser Imry Florent part vers Highgarden
-Eaan félicite les soldats et trinque avec eux.
-Discussion Eaan/Cederic
-Discussion Cederic/Portifer
-Diner avec Ser Portifer et Alexandra. Ser Portifer demande à Eaan d’emmener sa sœur sur son domaine pour la mettre à l’abri qqes temps. Eaan accepte.
Cederik bat Orlando aux échecs.



An 297 - Mois 2
Jour1
-Pour Cléon, visite du port et épisode avec le lynx. Cléon l’achète 7.5 do.
Départ du domaine Serry

-David Beau, le forgeron, est de passage au Nid. Il s’occupe des armes du château et de la garnison.
-Au matin, on découvre que Raff s’est échappé. Lord Portifer et ses hommes partent à sa suite.
-Alexandra se fera appeler Sandra Flowers
-Cederik « apprend » à Sandra à parler peuple
-Embuscade de 4 paysans secondés par un archer terriblement précis.
Alexandra s’effondre, une flèche dans le cœur!!!
Cederik en appelle aux dieux pour la sauver… heureusement la flèche a évité le coeur de justesse...
L’archer s’échappe, un paysan est tué, les 3 autres s’enfuient.
-Léo part chercher de l’aide en avant au domaine Dunn et est tué en route
-Nouvelle embuscade de l’archer qui est tué.
Avant de mourir, il révèle que c’est le Balafré de Villevieille qui l’a engagé.
-Arrivée au domaine Dunn et repos
Un soldat, assisté de Eaan, tente une opération désespérée sur Alexandra...


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Re: Episode 5 - Une jeune femme en détresse... (27/12/16)

Message  Callum Grimm le Jeu 29 Déc - 11:39

Jour 24, Mois 12, An 296

Ser Omeris est devenu très silencieux. Lui qui parlait tant, sa voix semble avoir pris le chemin de son cœur...

Nous avons assisté à l'enterrement d'Andrea Omeris. Son mari n'a dit mot tout au long de la petite cérémonie et je l'ai imité. Son père, Georges Soros, était aussi présent mais il n'avait pas le même visage. Ce n'était pas la tristesse qui dominait son regard mais de la colère. Ser Orlando est parti lui parler. J'ai essayé de lui laisser un peu d'espace mais je restais à porter d'écoute. Je n'arrivais pas à comprendre l'attitude qu'il a eu lors du duel. Seuls les mots de Soros étaient audibles. Il était énervé et rejetait Ser Orlando, qui le retenait pas le bras. Après quelques minutes, ils se sont séparés. Je suis parti m'enquérir de son état mais il ne m'a pas répondu. Pour essayer de lui remonter le moral, je lui ai parlé de ses enfants, je voulais savoir s'il souhaitait les voir mais une fois de plus, seules quelques expressions furtives se sont affichées sur son visage. Je l'ai poussé à venir avec moi les voir. Même s'il ne l'a pas demandé, je me doute qu'il ne veut être nulle part ailleurs qu'à leur côté.
Nous sommes donc allés sur le Port, à la résidence Soros. C'est le maître de la maison qui nous a reçu. Je lui ai demandé si son beau-fils pouvaient rencontrer ses enfants. Ils ont perdu leur mère, il ne faudrait pas qu'ils perdent leur père... Je voulais au moins qu'il puisse les voir avant de commencer notre voyage vers Villevieille... Georges Soros a été catégorique : les enfants se reposaient, il n'acceptait pas de laisser Ser Orlando entrer. Il a eu ensuite bon nombre de paroles difficiles envers Ser Orlando... Je n'ai pas insisté plus longtemps et nous sommes rentrés...

Je comprends que Georges Soros soit anéanti par la perte de sa fille mais étais-ce une raison ? J'ai pourtant essayé de lui faire comprendre que Ser Orlando n'était pas responsable des décisions de sa femme... Mais avec le recul... Ai-je vraiment mon mot à dire ?


Jour 26, Mois 12, An 296

Le Seigneur Brevan est un homme qui n'hésite pas à exprimer son point de vue sur tout... Au détriment des formes...

Ce matin, Cléon et Lindal ont eux aussi entrepris un voyage, maritime dans leur cas. Ils sont partis visiter les Îles Bouclier. Nous aurons bien des choses à nous raconter lorsque nous nous retrouverons. De notre côté, nous sommes partis avec deux soldats vers Villevieille. Nous passerons par le domaine Dunn puis nous rattraperons Hautjardin avant de prendre la direction du Sud.

Nous sommes arrivés sans encombre en fin de journée au domaine. Le Seigneur Brevan et Messire Ethan nous ont accueilli. Le silence de Ser Orlando n'a clairement pas plu au seigneur mais je pense que cela est ma faute. Connaissant les petits manques d'étiquette dont Ser Orlando fait parfois preuve, je lui avais fait la demande de ne pas parler sans que je ne lui demande. Grossière erreur de ma part car cela conduit finalement à créer le problème que je voulais éviter... J'ai rapidement repris la main de la conversation en parlant du besoin des services de l'artisan officiant ici. Le seigneur n'a rien vu contre. Cela aura prit du temps mais la machine d'Amédée va pouvoir être réparée.

Au dîner, aucune dame n'était présente. Ser Léandre nous a rejoint. Nous avons abordé bien des sujets, même si le seigneur Brevan est un peu... Rustre... Il n'en reste pas moins agréable d'assister à des dîners en sa compagnie. Au moins, nous sommes toujours sûrs de ne pas nous ennuyer... Il a demandé des nouvelles de Cléon, s'est posé des questions concernant ma virilité et n'a pas hésiter à avoir quelques mots déplacés... Non, je n'aime pas les hommes... Je n'ai juste aucune expérience dans la séduction... Nous avons parlé aussi combat et stratégie car il me demandait si je savais bien manier ma lame. Il m'a donné un excellent conseil sur le sujet : la connaissance pure ne servait à rien si je ne voyais et ne vivais pas directement des batailles et combats... Il s'est moqué de mon envie de voir les environs de mes propres yeux... Pour lui, rester dans son domaine suffit amplement...

Bien que durs à encaisser, les propos du seigneur ne sont pas sans aucun sens... Et malgré le malin plaisir qu'il semble avoir à me rabaisser, je me sens comme chez moi ici. Le seigneur Brevan reste fidèle à lui-même et je ne pouvais et ne devais lui en vouloir...


Jour 27, Mois 12, An 296

Demain sera ma première vraie bataille... Il est de mon devoir de réussir...

J'ai profité de l'hospitalité du Seigneur Dunn pour m'entraîner aux côtés de Ser Orlando et Ser Léandre. Nous sommes partis peu après nous être remplis la panse.

En milieu de journée, nous avons laissé passer un groupe composé de six cavaliers et d'une femme allant dans la même direction que nous. J'ai préféré la sécurité à la bienséance et les faits m'ont donné raison... Ce groupe ne s'est même pas arrêté une fois arrivé à notre hauteur... Cela a été moins étonnant quand nous avons appris qui ils étaient... Deux heures plus tard, un autre groupe, de quatre cavaliers cette fois, se rapprochaient de nous. De loin, nous avons reconnu leurs couleurs: il s'agissait de la famille Woodwright. Nous avons tous mis pieds à terre. Le Seigneur Portifer Woodwright, également chevalier, s'est présenté, lui, un homme assez énigmatique nommé Cédérik et ses deux soldats, et nous a demandé si nous avions croisé une troupe montée conséquente. Il nous a apprit que les hommes que nous avons vu passé plus tôt avaient attaqué leur domaine. Son frère a été gravement blessé et laissé au soin de leur mestre tandis qu'ils avaient enlevé sa sœur... Je ne sais pas vraiment ce qui m'est passé par la tête sur le moment. Peut-être tout simplement l'envie d'aider un frère a sauvé sa famille... J'ai immédiatement proposé notre aide. Ils n'étaient que quatre face à ces lâches, je pense qu'il en allait de mon honneur de tendre la main vers le seigneur Portifer. Il est entré dans les détails et nous a apprit le nom de leur chef : Raph-Tout-Miel... Ce nom... Tom Sept Cordes en avait parlé il y a quelques jours. J'ai donc partagé toutes les informations que j'avais à ma disposition et la sinistre réputation de Ser Gregor Clegane a fait pâlir le seigneur Portifer. Nous nous sommes mis en route avec nos nouveaux "compagnons".

Sur la route vers Hautjardin se situe un relais servant de point de repos entre le domaine Dunn et le domaine Tyrell. Une fois atteint, le seigneur Portifer a demandé à Cédérik de partir en reconnaissance. Il espérait que les brigands se soient aussi arrêtés ici. Le seigneur a souhaité rester à l'extérieur. Quant à nous, après avoir laissé nos montures à l'écurie, nous sommes entrés dans l'auberge. Il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour les repérer. Ils festoyaient à une table comme si de rien n'était. La jeune femme à leur table semblait effrayée... Elle devait être la jeune sœur du seigneur, Dame Alexandra... Nous avons manqué de discrétion et Cédérik n'a pas hésité à nous le faire remarquer. Bien que ce soit un homme dont le seigneur Portifer a confiance, j'ai du mal avec lui. Il a la mauvaise habitude de prendre tous ceux qu'ils croisent pour ses amis. Et malheureusement, ses amis ne semblent pas éduqués... L'un des brigands s'est dirigé vers nous, un grand roux assez massif. Malgré son apparence, il avait bien plus de manière qu'on ne pouvait le croire. Cédérik devrait peut-être s'en inspirer un peu... Après avoir échangé quelques mots, notamment sur la raison pour laquelle nous les observions, Cédéric a recommencé à me parler très familièrement. Ser Orlando lui a décoché, sans prévenir, une fulgurante gifle. Je n'ai jamais été aussi content que Ser Orlando soit là. Il a remis Cédérik à sa place. L'homme roux est reparti à sa table. Je ne sais pas du tout s'il se doute de qui nous sommes. Peu de temps après, j'ai eu des sueurs froides... J'ai vu que Ser Imry Florent était aussi dans l'auberge... Le meurtrier de feu Bedric... Pourquoi devait-il, lui parmi tous, se trouver à cet endroit précis, à ce moment précis...
Les soldats ont demandé la permission d'aller louer nos chambres. Ils nous ont donc laissé tous les trois à table. C'est à ce moment-là que deux des six malfrats ont emmené leur prisonnière à l'étage. C'est à ce moment-là que la beauté de cette demoiselle m'a frappé. Malgré son regard apeuré, ses yeux restent des plus magnifiques... Et puis j'ai entendu une voix. La voix de Ser Florent... Il m'avait repéré. Il a tenté, provocation après provocation, de me faire réagir. J'avais vraiment envie de lui répondre. Le tueur de mon frère me raillait... Mais ce n'était pas le moment. Je ne pouvais pas laisser la colère s'emparer de moi et créer des problèmes au seigneur Woodwright. Il y avait bien plus en jeu que mon égo... Il a fini par nous laisser... Cédérik en a profité pour aller parler avec son maître.
Avant qu'il ne revienne, les soldats sont revenus et nous sommes allés nous reposer dans nos chambres. Un peu plus tard, Cédérik m'a fait part de la décision du seigneur Portifer : il va les confronter demain matin. J'ai commencé à réfléchir à un plan qui nous permettra de prendre l'avantage. Les attaquer sur deux flancs est idéal. Nous les surprendrons et grâce à cela, gagnerons un avantage conséquent. Notre priorité est de mettre la demoiselle en sécurité. Si nous y arrivons, le seigneur Portifer pourra appliquer son droit de justice en toute quiétude. Il faut absolument éviter qu'elle ne serve de bouclier... Ser Orlando n'était pas très heureux du plan. Pour lui, attaquer sur deux flancs mettaient son honneur à mal... Parfois j'ai du mal à comprendre sa conception de l'honneur... Ce n'est pas comme si j'avais demandé qu'on attaque ces hommes lorsqu'ils seront désarmés. J'appliquais seulement l'une des tactiques les plus basiques de la guerre...

...Le combat va commencer dans quelques heures... Je tremble un peu... J'essaye de me concentrer sur demain mais... Je les revois. Ils étaient d'un bleu si envoûtant... Et il m'appelait à l'aide. Je sais que je ne suis pas un chevalier. Que je n'ai jamais fait de serment mais... J'ai donné ma parole au Seigneur Woodwright. Je lui rendrai sa sœur, coûte que coûte...


Jour 28, Mois 12, An 296

C'est bien la première fois que je me sens ainsi... Je n'ai jamais ressenti autant de détermination à accomplir un devoir, à tenir ma parole. Serait-ce parce que cela est mon tout premier choix hors du Nid ? Ma première "aventure" ? Ou...

Nous nous sommes apprêtés. Dès que nous avons entendu la voix du seigneur Portifer, nous nous sommes rapprochés de la sortie. J'ai jeté un rapide coup d’œil dehors, c'était parfait ! Nous étions situés idéalement. Il ne restait plus qu'à attendre le bon moment... Le seigneur Woodwright et Raph-Tout-Miel, qui s'est révélé être le grand roux d'hier, ont commencé à s'échanger des invectives. La tension est montée très rapidement. Cédérik et Ser Orlando s'étant installés dans l'ouverture de la porte, quelques uns des bandits leur ont fait face. Au moins, Ser Orlando n'aura pas son "honneur" bafoué... Raph s'est alors retourné vers Cédérik et lui a demandé s'il avait choisi son camp... Que cela voulait-il dire ?! Juste après, quitte à violer les règles de bienséance, j'ai décidé d'agir. L'adrénaline et le frisson qui ont parcouru mon corps m'ont poussé à lancer l'assaut. Ser Orlando et les deux soldats ont foncé tel un faucon vers sa proie, leurs "serres" mises au clair. Je me suis moi-même jeté dans la bataille. Les échanges de coups déferlaient. Les hommes de Raph tombaient un à un. Malheureusement, chacun était trop occupé à combattre et j'étais trop loin d'elle pour sortir Dame Alexandra du milieu de la tempête. Par chance, elle était dans l'oeil du cyclone, elle n'a reçu aucun coup... Lorsqu'il a vu ses hommes défaits, Raph s'est rendu. Le seigneur a accompagné sa sœur à l'intérieur de l'auberge. Cédérik s'est chargé du prisonnier et s'est éloigné avec lui, probablement pour l'interroger.

Une fois que nos soldats avaient évacué les corps des défunts, je les ai invité à notre table et je les ai félicités. Je suis vraiment fier d'eux. Chacun s'est battu vaillamment. Je me suis entretenu discrètement avec Ser Orlando. Je lui ai dit que nous ne tarderions pas à partir. Il m'a conseillé de rester mais je ne l'ai pas écouté... Pas tout de suite. Le seigneur Portifer est redescendu des chambres après avoir rassuré sa petite sœur. Il m'a proposé de ne repartir que le lendemain. Il souhaitait nous remercier pour notre aide. C'est aussi pour cela qu'il ne tiendrai pas rigueur de mon manque de respect quant aux ordres donnés pour l'assaut. En un coup d’œil vers Ser Orlando, j'ai compris. Compris qu'il avait tout à fait raison de m'avoir demandé de ne pas hâter notre voyage. Et, par les Sept, je l'en remercie...
Peu de temps après, Cédérik m'a demandé une entrevue privée. Nous sommes montés dans une chambre. Il a commencé à me flatter... Un coup il avait des paroles insultantes, le coup d'après il était tout mielleux... Il s'est mis à parler de façon très insultante du seigneur Portifer. Il m'a confié que c'était à son père qu'il avait prêté allégeance... Avait-il si peu de respect pour lui qu'il se permettait de cracher sur son fils et nouveau seigneur ?.. Il m'a expliqué que la situation aurait pu être simplifié si seulement le seigneur Portifer avait accepté qu'il assassine les brigands dans leur sommeil... J'ai approuvé la décision de notre allié. D'autant plus que notre plan avait marché. Il m'a ensuite fait la proposition de l'engager... N'avait-il aucun honneur ? Cependant, il avait aussi des arguments plus que convaincants. Cédérik est certes très irrespectueux mais il n'en reste pas moins excellent dans son domaine... Je lui ai demandé un temps de réflexion... Avant de finir notre conversation, il m'a confié avoir extorqué des informations à Raph. Je l'ai arrêté net, lui conseillant d'abord d'en parler au Seigneur Woodwright. Au moment de redescendre vers la partie commune, je lui ai demandé s'il jouait aux échecs. Il s'est vanté en disant qu'il laissait toujours le seigneur précédent gagné. Il avait peur de me vexer s'il me battait. J'ai du mettre un prix en jeu pour l'amener à m'affronter : un dragon s'il perd, le double s'il gagne. Il a accepté. La première partie étant très rapide, nous en avons fait une seconde. Je n'ai eu aucune difficulté. Bien qu'il ne se débrouillait pas trop mal, ce n'était pas son fort. J'avais espéré pouvoir en apprendre un peu plus sur lui grâce à sa manière de jouer, en vain...

L'heure du dîner avait sonné. Je dois avouer que j'étais curieux de rencontrer Dame Alexandra. En attendant le seigneur et sa sœur, j'ai pu remarqué qu'un chevalier était arrivé aujourd'hui. Ser Orlando m'a appris qu'il s'agissait de Ser Tanton Fossoway, un chevalier réputé issu d'une famille connu pour la bravoure et la dévotion de leur fils.

Et c'est alors que le seigneur est descendu avec Dame Alexandra...

Elle est... Elle est... Rien que d'y penser, j'ai le cœur qui bat la chamade... C'est la plus belle femme que je n'ai jamais vu. Ses yeux m'hypnotisent... Le seigneur l'a présentée et elle s'est assise en face de moi... Je ne pouvais m'empêcher de sourire bêtement, je ne pouvais m'empêcher de la regarder... Je touchais à peine à mon assiette, subjugué... Nous avons commencé à parler de notre voyage et la discussion à dériver sur les famille côtières proches du Nid. Enfin non, ce n'était pas une discussion vu que je ne parlais pas, je l'écoutais. Je ne savais pas comment réagir, quoi dire... Je devais vraiment avoir l'air stupide, elle doit avoir une piètre opinion de moi... Elle m'a parlé de Hautjardin et de son labyrinthe de haies... Puis elle m'a posé des questions plus... Personnelles. Elle m'a demandé si j'avais des enfants, une femme, une promise ou même une personne à qui je tiens. Je ne lui ai dit que la vérité : je n'ai rien de tout cela. J'ai cru déceler un petit sourire à chacune de mes réponses... Étais-ce mon imagination, mon envie, mon désir ? Je n'en reviens pas... C'est la première fois que je pense à ça : lui plaît-je autant qu'elle me plaît et m'attire ?.. Des femmes m'ont déjà attiré par le passé mais là c'est différent... Je ne sais pas... C'est peut-être la fatigue liée au combat... Oui, c'est ça. C'est sûrement ça... Le seigneur a pris un ton grave. À voir l'expression de Dame Alexandra, cela n'allait pas être plaisant pour elle... Il m'a demandé un service. Il m'a demandé si je pouvais emmener Dame Alexandra au Nid et assurer sa sécurité avec l'aide de Cédérik. J'ai réussi à me retenir d'accepter dans la seconde... Le seigneur est parti se reposer et nous a laissé pour le reste de la soirée. Mais qu'est-ce que j'ai, bon sang ?! D'habitude, je réfléchis à tout avant de prendre ma décision mais là je n'arrive même pas à penser refuser... Avant de l'annoncer à Dame Alexandra, je lui ai posé une question : je voulais savoir ce qu'elle désirait, elle. Elle s'inquiète beaucoup pour ses frères et cela lui déchire le cœur de ne pouvoir retourner chez elle. Mais en échangeant sur le Nid, elle semblait aussi ravi de pouvoir découvrir notre domaine. Cela a confirmé ma décision. J'ai donc déclaré que j'acceptais avec plaisir le service demandé. Nous sommes restés un peu plus longtemps à table, abordant divers sujets. Et nous nous sommes quittés.

J'ai du mal à m'endormir... Je... J'ai des flash qui surviennent dans ma tête. Je me vois lui montrer notre domaine, parcourir les rues en sa compagnie... Je me vois... Non, je ne dois pas. Je ne dois pas mais j'en ai envie... Je veux dormir maintenant... Juste dormir...

...Pour la revoir demain...


Jour 1, Mois 1, An 297

Par les Sept... Je vous en prie... Je ne veux pas la...

Tout allait bien ce matin... Enfin presque... Ce sont des bruits et Ser Orlando qui m'ont réveillé... Raph-Tout-Miel s'était échappé... Nous avons mis au courant le seigneur Portifer que sa demande était acceptée. Il nous a dit qu'il allait s'occuper de Raph et de cette histoire. Nous devions nous concentrer sur la sécurité de Dame Alexandra... Avant de partir, nous avons pris notre petit-déjeuner. Cédérik a souhaité que nous cachions l'identité de Dame Alexandra sous un faux nom, Sandra Flowers...

Nous nous sommes donc mis en route... Tout allait bien... Nous discutions, nous nous sourions... Puis...

Des hommes déguisés en paysans nous ont arrêté... Ça sentait le piège à plein nez et je n'ai pas su prendre la bonne décision... Je... Je suis responsable de son état... Une flèche l'a frappée de plein fouet... Je ne sais même plus ce qu'on fait les autres... Je me suis précipité vers elle et j'ai tout fait pour la sauver... J'étais impuissant... Je suis impuissant... Incapable de faire quoi que ce soit... Nous l'avons transportée sur une civière de fortune... Je crois que Ser Orlando m'a dit que Leo était mort... Mais...

...Je m'en fiche... Égoïstement, je ne pense qu'à elle... Je n'ai rien dit, je ne pouvais rien dire... J'ai donc fait comme si cela m'importait... Mais seule sa vie compte...

...Nous sommes arrivés dans la nuit au domaine Dunn... Ser Orlando et Cédérik étaient blessés, eux aussi... Quel pitoyable seigneur je ferai, incapable de protéger ceux qui sont à mes côtés... Les blessés ont été emmené pour se faire soigner dans la garnison, je crois, et Dame Alexandra a été allongée dans une chambre séparée... Je ne l'ai pas quittée... Un... Un soldat qui est habitué à soigner ces pairs l'a examinée... Je devais prendre une décision... Encore... Sa vie était encore entre mes mains... Et si je prenais la mauvaise décision... Non, je ne pouvais pas m'en remettre au sort... Je lui ai demandé de faire ce qu'il pouvait et que je l'assisterais du mieux que je peux...

Messire Ethan est venu me poser des questions... Je... J'ai fini par dire qui la recherchait... Ser Gregor Clegane... Il a immédiatement quitté la pièce en disant qu'il allait prévenir le seigneur Brevan... Peu importe... Je me fiche bien de ce qui peut m'arriver...

Le soldat est revenu... Il a brisé la flèche et... Son sang... Beaucoup de sang... J'ai failli craquer mais j'ai tenu, pour elle. Ma main n'a jamais quitté la sienne. Quand il a enfin réussi à retirer le corps de la flèche, le lit était couvert de sang... D'après lui, tout ne dépend plus que du temps...

Je ne veux pas m'endormir... Si je m'endors et qu'elle a besoin de moi... Je...


Dernière édition par Eaan Thacaeli le Dim 16 Avr - 17:45, édité 5 fois
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Re: Episode 5 - Une jeune femme en détresse... (27/12/16)

Message  Admin le Dim 1 Jan - 15:16

Mémoires de Cederik,

Beau ciel bleu, soleil haut et…au galop !
Jamais aimé les canassons, ils font n’importe quoi et pense qu’à bouffer dès qu’on a le dos tourné. Remarque c’est pareil pour les hommes, sauf que les hommes…ça bouffe tout !
Nourriture, argent, temps, amour, haine, et j’ten passe…ça bouffe vraiment tout les hommes.
Pt’ être pour ça que j’aime pas les hommes aussi…

La ptite souris s’est barrée, enfin c’est ce que j’ai cru au début.
J’me suis dit « Ayé, elle a compris qu’elle avait rien à foutre là et elle s’est tirée ».
Me suis gouré…kidnappée par des gredins qui ont pas manqué occire le jeune fils. J’espère qu’il va s’en tirer le petiot. Je l’aime bien.

Le Ser Portifer m’a commandé de l’accompagner… bien entendu que j’vais t’accompagner Ser !
Tu crois quand même pas que j’vais te laisser essayer de récupérer la petiote tout seul non ?
On sait tous les deux que tu y arriveras pas. Voir même que tu vas te faire dézinguer en essayant.
Et après ça l’vieux seigneur il va se retourner dans sa tombe en murmurant mon nom parce que j’ai pas fait le boulot. Pas question, je fais toujours le boulot…
Marrant ça, il y a encore deux nuits il m’expliquait tranquillement avec des mots gentils et courtois qu’il avait plus besoin de moi. Que les choses allaient changer maintenant que c’était lui le seigneur.
Et aujourd’hui il déboule les larmes aux yeux en me commandant d’aller chercher la ptite souris…marrant…

T’étais où Ser quand ton père a failli se faire suriner ? En train de jouer à la lame de bois ?
Ben moi j’étais là ! J’étais là chaque fois que le vieux seigneur il avait besoin. Chaque fois qu’il avait une mission. Chaque fois qu’il avait besoin de se confier. Et si aujourd’hui t’as un ptit lopin terre à diriger et une belle armure à briquer c’est pt’être parce que il y des gars comme moi qui font le boulot.
Il l’avait compris le vieux seigneur…il a juste fait une connerie…il oublié de te l’expliquer !
Donc t’inquiète, j’vais la récupérer la petiote moi…

En attendant…au galop !

Une demi-journée sur la route mais pas l’choix, faut rattraper le brigand qui a kidnappé ma ptite souris. « Tout-miel » qui s’appelle.
T’inquiète mon gars, quand j’vais t’chopper on va t’entendre gueuler jusqu’à Bravoos.

Sur la route on rencontre 4 hommes. Alors qu’on arrivait à toute berzingue, z’ont même pas bougé… genre « on attend tranquille de se faire emplafonner par 4 cavaliers au galop mais c’est pas grave ». Des fêlés certainement…
Heureusement que le Ser a ordonné de s’arrêter mais c’est pas passé loin.
Dans le tas il y a 2 pauvs soldats blasés, 1 chevalier bizarre qui a l’air d’avoir envie de pleurer et un ptit seigneur de j’sais pas quel coin.
On leur a demandé si y z’avaient pas croisé le « Tout-miel » et ses brigands. « Pour sûr ! » qui nous répondent, « Ils sont partis en direction du relais ». Le Ser Portifer explique la situation au ptit seigneuriot et vlà t’y pas qu’il s’engage à nous filer la main.
Ça a quand même du bon la chevalerie …
Le gars il demande a un autre gars qui passe « Viens te faire zigouiller avec moi » et l’autre lui répond avec le sourire « Bonne idée, allons-y ! ».
Ouais…ça a du bon la chevalerie…et ça économise les dragons !

Et personne pense aux pauvs soldats qui se sont pas engagés pour ça eux ?!
Eux ils sont là pour protéger le ptit seigneuriot des dangers du ptit seigneuriot, pas des dangers des autres. Ils ont pas une famille aussi les ptits soldats ? Ils ont pas des bouches à nourrir les ptits soldats ?
Ben c’est pas grave hein ? On s’en fout tant que les chevaliers et les seigneurs s’font des cajoleries entre eux alors tout va bien.

On arrive finalement au relais le soir. Le ptit seigneur, le chevalier Triste et moi on s’rend à l’intérieur afin de voir si les gueux sont là en laissant l’Ser Portifer à l’extérieur. Ben ils sont là…
Forcément avec la façon insistante qu’ils ont de regarder les 6 gars qui bouffent on s’fait repérer…
Mais quel âne je suis ! Comment j’ai pu m’enfoncer là-dans avec 2 gars discrets comme des bouffons chez les sœurs du silence ?
Vlà t’y pas que le « Tout-miel » se pointe à notre table en posant des questions. On essaie tant bien que mal de baragouiner des explications foireuses, le seigneuriot s’embrouille, j’essaye de rattraper le coup en jouant les gars un peu outrancier…et j’me prends une calotte de la part du chevalier triste qui se met à défendre l’honneur bafoué de son ptit seigneur…

Mon gars… j’en ai croisé des durs, des vrais meurtriers, des gars qui égorgeraient pères et mères pour une chope de bière frelaté et pas un d’entre eux n’a osé me coller une baffe !
Et lui s’le permet... T’as du bol qu’il y a la mission…
Remarque il s’est excusé après en m’expliquant que c’était pour donner le change. Mouais…excuses acceptés…il a paniqué et a réagis comme il a pu. A la limite j’ai envie de dire que ça a fonctionné. Passe pour cette fois…c’était presque malin de sa part…
Par contre à la prochaine j’te surine comme un vulgaire poulet, j’t’enfonce ton épée là dans la gorge et je te la fait ressortir parcqu’y t’sert à évacuer ta bouffe à outrance.
Je ne manquerais pas d’te planter en plein milieu d’un croisement afin qu’les pauvs clébards puissent bouffer aussi.

Une fois le « Tout-miel » barré c’est un autre Ser qui se pointe. Un Florent…il s’met à invectiver le ptiot seigneur qui dît rien, qui laisse faire, qui la ramène pas…j’me demande même si il va pas se faire dessus là, devant nous, en plein milieu de l’auberge.
Pas grave j’me dis, le Ser Triste va s’lever lui en coller une comme il m’en a collé une à moi pour défendre le petiot…ben non !
Rien, nada , il bouge pas… Ben c’est certain que c’est plus glorieux de coller une rouste aux ptites gens qu’aux chevaliers. Pourtant il y est pas aller de mains mortes le Florent…
Comme quoi l’honneur et la susceptibilité passent vite fait à la trappe quand l’besoin s’fait sentir…

M’a fait d’la peine le ptiot seigneur. Il va jamais arriver à ses 20 ans à cette allure-là. Pt’être ben finalement qu’il aurait besoin d’un gars d’confiance. Un gars comme moi qui s’rait là pour faire les missions qui vont bien. Celles dont on parle pas et qui font que les grands d’ce monde sont…les grands d’ce monde.

J’m’en vais expliquer la situation au Ser Portifer et vlà qui m’fait la réponse à laquelle j’m’attendais…
On les attaque au matin, à la fraiche, en face à face, à 4 contre 6 dans un duel d’honneur en espérant qu’on nous prête la main et qu’il arrive rien à sa sœur par je sais pas quel miracle de ses septs (pour pas dire mes deux…).
Mais j’ai fait quoi pour mériter ça ? J’essaye de le convaincre de les exterminer pendant la nuit, de profiter du sommeil, que c’est que des gueux et des brigands. Ben non, il préfère risquer la vie de la ptite souris…
T’inquiète Ser, j’vais m’en occuper de la petiote, j’vais me chopper le « Tout-miel », vais le pointer comme il faut et il aura pas le temps de bouger. Les autres oseront pas s’en prendre à elle si on leur ordonne pas. C’est lui le danger !

J’me rentre à l’auberge pour la nuit et j’y croise justement le gredin. Il me propose de l’accompagner. Il a remarqué ma petite danseuse que j’porte et a bien compris que j’lai mérité. Il y a du pognon à se faire, des dragons, beaucoup de dragons…
J’m’en fout d’tes dragons mon gars. !
J’le connais ton maître, le Ser Clegane, la Montagne, c’est un chien enragé qui se fait passer pour un homme. Il profite des braves gens, il égorge, pille, viole et tue les petits et les faibles.
J’lui fait croire que j’suis intéressé, que j’suis avec lui et au moment venu…il va aller au bal avec ma danseuse !

J’vais voir le ptiot seigneur et lui explique la situation. Il propose d’intervenir en prenant les gueux à revers afin de les prendre en tenaille. Bon plan, il est malin le jeune. On va peut-être en faire quelque chose finalement. J’lui propose alors mes services. C’est certain qu’une fois qu’on aura récupéré la ptite souris mon temps sera compté au domaine. Tôt ou tard le seigneur va me congédier, il aime pas mes méthodes, il aime pas cette facette de son père que je lui rappelle.
Tandis qu’le jeune lui il a besoin. Besoin d’un gars a qui il peut confier des missions, une lame dans son dos qui ne le poignardera pas.
Et vlà t’y pas que l’honneur repointe le bout de son nez… J’croyais qui s’était barré avec les déjections lâchées sur le banc lors de la confrontation avec le Florent mais il devait en rester un petit bout qu’est pas sorti…
Il prend vachement mal la chose, me l’a joue outré et me dis que je me montre outrancier envers mon seigneur. Ben non ptiot seigneur, suis pas « outrancier » suis réaliste !
Dommage, tu passes à côté d’une belle occasion ptiot seigneur…et moi aussi…trop jeune, il a pas encore compris que pour s’en sortir faut être capable de bien s’entourer.
J’lui dis de réfléchir, de bien peser le pour et le contre. Il me dît qu’il va y penser mais ça à l’air couru d’avance.
Le lendemain matin à la fraiche, comme prévu, on s’oppose aux brigands. Le Ser Portifer donne le ton, le Ser Triste lui pique la politesse et le ptiot seigneur reste planqué dans l’auberge.

Moi j’m’occupe du « Tout-miel » et j’le surine autant que j’peux. Il est vif le bougre ! Durant c’temps là les autres s’occupent du reste de la bande. J’suis quand même contraint de constater que le Ser Triste se débrouille pas mal même si c’est bizarre comment il s’bat.
Finalement tout le monde s’fait crever à part le chef. La ptite souris s’en sort bien. De toute façon il pouvait rien lui arriver, j’étais là !

J’emmène le gars à l’écurie afin de l’interroger. C’est un dur ça, va pas être évident. J’vais devoir faire mal, très mal si j’veux en sortir quelque chose ou alors…trouver une autre solution…

……Passage illisible…..

Obligé de m’laver les pognes et mon pourpoint tellement il a pissé le sang pour donner le change mais au moins il a lâché l’info et elle est pas belle. J’vais seulement en être bon d’une dette pour le Mutlifaces mais lui et moi on se connaît bien depuis le temps et il sait qu’il peut me faire crédit. J’m’en vais la causer au ptiot seigneur afin de lui montrer de quoi j’suis capable mais il me renvoie vers Ser Portifer…enfin seigneur Portifer…
Alors j’vais le voir et j’lui raconte.

Hé oui mon pauv seigneur, à ta mine de chat égorgé tu comprends comme moi. Le « Tout-miel » est embauché pour trouver une fille qui correspond à la description et pendant ce temps-là une autre troupe cherche les bâtards de notre bon roi Robert. Il y a clairement un lien aussi évident que ton incompétence de nouveau seigneur notoire.
Tu t’rappellerais pas d’un temps où l’bon roi s’rait venu au château se faire tripoter les parties par ta mère par hasard ?
J’espère que mon pauv vieux seigneur qu’est mort me pardonne cette pensée. Me demande même si il devait pas le savoir. Le connaissant ça m’étonnerai pas…

J’lui propose alors une solution. Faut cacher le ptite souris et on a qu’à demander au jeune seigneur. Il a l’air assez naïf pour marcher et risquer d’se mettre à dos la montagne sans poser de questions. De plus j’l’accompagnerais afin qu’elle soit bien protégée.
Et ça marche !
De toutes façons il a pas l’choix l’ser Portifer. Il est dans la mouise jusqu’au coup et il sait pas quoi foutre de toutes ces emmerdes. Forcément là il fait enfin ce qu’il a à faire…il écoute ce qu’on lui dît !

Avant qu’il lui annonce j’retourne voir le ptiot seigneur. Il me propose une partie d’échec. « Oui j’sais jouer » j’lui dît, « même que je faisais semblant de perdre contre mon vieux seigneur pour pas qu’il s’énerve ».
Du flan tout ça, personne le battait l’vieux bougre, pas moyen…trop bon…
Vlà t’y pas qui me propose 1 dragon d’or si je perds et 2 dragons d’or si je gagne. Ego quand tu nous tiens…
M’a fait une drôle de technique en faisant des déplacements avec le roi, des coups bizarres et retords mais au moins j’me suis fait un dragon d’or facilement sans avoir à me bouger le derrière et en sirotant un bon vin qui plus est.
Il est au moins doué à quelque chose le ptiot seigneur…
Il me propose finalement de venir avec lui quelques temps mais là j’lui dît de patienter, que l’ser Portifer il a quelque chose à lui dire.

Le soir même on bouffe enfin un bout correctement. La ptite souris à l’air pas bien, elle est palotte. Tu penses qu’elle a dû flipper. Faut pas t’inquiéter ma petiote, t’as ton ange gardien qu’est là.
Tu t’rappelles pas le fils du l’armurier qui t’embêtais ? Le chien du chenil qui avait failli te morde ou l’saleté de canasson qui t’avais fait tombé ?
Ton ange gardien il a toujours été là ma ptite et j’crois bien que tu l’savais quand tu me voyais rentré avec le sourire en coin. A défaut tu t’en doutais comme ton père qui lui se contentait de me jeter un regard noir avec son air pas content.

J’me lève de table pour aller voir le « Tout-miel », j’lui file même un coup de bière. Ça aurait pu être moi le « Tout-miel » si j’avais pas rencontré mon seigneur. Quelque part j’me sens proche de ce gars-là…

Quand j’reviens ils sont tous barrés s’pieuter à part le ptiot seigneur et la ptite souris qui cause avec un soldat à côté. J’lui fait signe de s’carapater et que je vais faire le chaperon.
Et vlà ti pas que la petiote elle me cause, elle me demande si ça va, si je veux fonder une famille, si j’veux pas un ptit bout d’terre. Elle me dît même qu’elle va causer pour moi à son chevalier de frère afin qu’il me donne un bout de quelque chose quelque part. Oui ma ptite souris, j’veux bien tout ça mais il me faut la bonne personne. Mais j’lui dît pas, j’dis même tout le contraire. Elle cause ensuite avec le ptiot seigneur et là…j’le vois fondre sur place !
Mais en vrai, il fait pas semblant, j’entends même pas le son de sa voix, je comprends rien à ce qu’il baragouine, il se transforme sous mes yeux en une ptite flaque de seigneur. Ben ça y est, elle l’a ferré ! Elle a toujours été maline la petiote, elle a compris qu’elle était pt’être une batarde et qu’il fallait qu’elle se case rapidement. Ben c’est bon ma puce, celui-là tu peux lui demander d’se jeter dans le trident si besoin, il le fera !
Avec un peu de chance il y trouvera même un rubis de Rhaegar et te le ramènera.

Après la discussion on va enfin s’pieuter, enfin…ils vont se pieuter moi j’vais faire ce que j’ai à faire…

Le lendemain matin on est réveillé par les soldats qui gambadent dans tous les sens. Le « Tout-miel » s’est carapaté durant la nuit. J’dis à qui veut bien l’entendre qu’il devait encore avoir des amis dans le coin et que vu comment on a monté la garde c’est presque normal qui soit plus là. A la limite le contraire m’aurait étonné…

Le Ser Portifer se tire à sa recherche et nous on commence à s’barrer à dos de bourrin.
Sur la route on lui demande comment elle veut s’appeler. Il lui faut un nom d’emprunt, faut qu’elle passe pour une gamine du peuple et pas pour une petite nobliotte. Marrant, elle choisit « Flowers », un nom de bâtard, comme si même elle savait qu’elle en était une…

La journée est jolie, la compagnie plaisante, même le Ser Triste il a l’air content. On est peinard en train de causer la « bâtarde » et moi. J’lui explique comment parler le langue du peuple, comment éviter ses manières et se comporter comme n’importe qui et pas comme quelqu’un qu’a un balais dans l’cul.

A ce moment-là on croise 3 ou 4 péquenauds sur le bord de la route, ils ont pas l’air nets et portent des armes cachées sur eux. Même le Ser Triste les a vu. C’est pas clair tout ça, ça sent le traquenard à plein nez. J’dis au ptiot seigneur qu’ils doivent pas être seuls, qu’il y a forcément quelques gars embusqués en plus et qui vaut mieux que j’aille voir. Mais vous pensez bien que c’que je raconte il s’en moque. Il écoute que sa ptite tête et passe son temps à dire au Ser Triste (et à moi maintenant…) « taisez-vous », « si vous vous taisez pas ça va mal finir ».
Bon…c’est vrai qu’le Ser Triste y dît pas que des trucs réfléchis, il a l’air d’avoir pris un sacré coup sur la calebasse mais à priori faut pas en parler.
Bref…il nous dît de continuer d’avancer et là…Pfftttt… ! Une saloperie de flèche vient s’ficher dans la ptite souris !

Et là c’est le cauchemar, j’me retrouve à suriner le bouseu qu’était pas loin d’nous, le Ser Triste sait pas quoi foutre et fini par venir me filer la main (comme si j’en avais besoin pour égorger un pauv gars de la terre), le ptiot seigneur se met à chouiner auprès de sa belle à un tel point que j’pensais qu’il avait lui aussi pris une flèche et les gardes demandent ce qu’ils doivent faire. A ce moment-là on entend un bourrin s’barrer et j’ordonne aux soldats d’aller choper le brigand qui s’tire vu qu’personne leur disait quoi foutre.
J’y serais bien aller moi-même mais suis pas bon avec les canassons. J’y peux rien, j’les aime pas et ils m’aiment pas.
Sauf que ça a pas plu au Ser Triste qui vient enfin de se réveiller et qui ordonne aux gardes de rester auprès du ptiot seigneur qui chiale afin d’lui donner des mouchoirs en dentelles au cas où il en manque. Formidable, on est bien avancé avec ça…En fait le Ser Triste il se réveille que quand j’dis quelque chose…

Vlà donc que l’tireur s’est barré et moi j’essaye de choper les gueux qui s’carapatent dans tous les sens. Sauf qu’un gars qui courre pour sa vie, j’sais pas pourquoi, t’as toujours l’impression qui coure deux fois plus vite. J’en chope aucun…

J’reviens rapidement vers la petiote et là j’vois l’seigneuriot qui essaye de la maintenir en vie. Barre toi ptiot seigneur, laisse moi voir ça. J’suis pas bon dans les soins mais j’connais les blessures.

Ben voilà, elle va crever…ma ptite souris s’apprête à bouffer son dernier bout de fromage. Moi aussi, j’vais finir par lâcher une larme si ça continue. Là j’passe un contrat avec le Multiface, une vie pour une vie.  Ouais j’sais j’ten dois déjà une et là ça va faire deux. Allez, fait moi cette faveur. Celle-là j’veux la garder !

Finalement il semble qu’elle va s’en sortir. Elle est grièvement blessée mais ça va le faire. La flèche est passée pas loin mais c’est pas encore mortelle si on s’dépêche de faire quelque chose et d’lui trouver un mestre. Moi j’crois que c’est le Multiface qui m’a écouté et j’lui rendrais !

Le ptiot seigneur y propose alors qu’on construise un brancard, de quoi la transporter plus facilement sans trop la brusquer. J’fais en sorte de trouver d’quoi construire le truc et on repart. On envoie ensuite un soldat en direction du château le plus proche afin de chercher des secours et moi j’passe sur les flancs, un peu en éclaireur, j’m’dis que l’corniaud qui a fait ça est encore dans le coin. Pourquoi j’suis si certain ? parce que si ça avait été moi j’serais resté afin de m’assurer que la cible est bien canée…

Au bout deux heures j’remarque un truc pas clair. Un bout d’jsais pas quoi qui dépasse, un truc un peu brun et clair. J’m’approche tout doux afin de pas brusquer la chose et j’vois que c’est le pauv soldat qu’on a balancé dans un fossé. Pauv gars…
Et là, tout près, j’vois le corniaud tout tranquille qui s’apprête à rebalancer de la flèche. Le gueux m’a repéré aussi et va falloir être rapide…raté ! Il décoche et me choppe en plein dans le bide. Je me mets à gueuler comme si on m’avait mordu le bout afin de prévenir les autres et j’le charge comme un damné. Je le plante vite fait, proprement et en y mettant du cœur et vlà qui cille même pas le gredin !
Il essaye de m’chopper en me tirant à bout portant et m’explose le flanc. Jamais vu ça ! Il est bon aussi l’sagouin, il tire à bout portant, esquive comme un diable à l’ancienne et encaisse comme un bœuf. J’en reviens pas !
Finalement Ser Triste déboule et l’enchaine avec moi. On colle le gus à terre et j’lui enfonce ma pointe dans la bide. Il gueule tout ce qu’il peut. J’commence à le charcuter afin qui cause. Une épée dans le bide ça fait mal, c’est douloureux, mais une pointe…une pointe ça passe toutes les armures, ça rentre dans n’importe quoi comme dans du beurre et une fois que c’est dedans t’as l’impression que tu vas jamais mourir mais tu gueule tout ce que tu peux pour que ça s’arrête. D’ailleurs j’lui fait cracher le morceau… le balafré…le balafré à Vieilleville !
J’essaye de lui en faire dire plus mais Ser Triste se découvre une conscience et s’apprête à l’achever. Non mon gars, pas touche, il est à moi !
J’le finis…proprement, d’un coup sec…Valar Morghulis !
C’est fait Multiface, j’tai rendu la pareille, tu peux sauver la gamine maintenant…
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